Esmein, Histoire du Droit, p
principes bii souvent et si solennellement affirmés avaient été oubliés. Certains soutenaient encore le droit absolu pour les Etats-Généraux de consentir périodiquement tous les impôts pour une courte durée. Telle était encore sous Henri III la doctrine de Bodin qui prétendait qu'en ce point la constitution de la France et celle de l'Angleterre étaient pareilles *. Mais l'opinion moyenne n'allait pas aussi loin. Dans la seconde moitié du xm^ siècle, certains impôts, la taille, la gabelle, les aides étaient levés depuis trop longtemps à titre permanent pour qu'on put songer à les soumettre de nouveau au vole périodique des Etats. Ce que demandaient les esprits libéraux à cette époque, c'est qu'il ne put être établi et créé de nouveaux impôts, sans le consentement et l'octroi des Etats-Généraux, sauf le cas d'urgente nécessité. C'est seulement sous cette forme restreinte que dans la seconde moitié du xvi® siècle les Etats continuèrent à revendiquer énergiquement leur droit au vote de l'impôt ^ Qu'importe qu'ils n'aient pas réussi à faire prévaloir leur doctrine : l'essentiel pour nous est de retenir qu'en matière financière comme au point de vue .de leur autc-ité en matière législative, ils ont posé la
1. Bodin, Les six livres de Ja République, édit. Genève, 1629. Liv. VI, cb. II, p. 3G0.