Esmein, Histoire du Droit, p
base des principes qui triompheront en 1789 : ils ont proclamé le droit du pays de consentir librement ses impôts et de diriger régulièrement ses affaires par l'organe de ses représentants. « Si ces maximes n'ont jamais péri en France, dit Guizot, les Etats-Généraux y ont puissamment contribué et ce n'est pas un léger service à rendre à un peuple que de maintenir dans ses mœurs, de réchauffer dans sa pensée les souvenirs et les droits de la liberté. » a Ne nous lassons pas de répéter, ajoute M. Picot à qui nous empruntons cette citation ', que les Etats-Généraux ont eu celte vertu et que s'ils n'ont rien fondé, ils ont conservé des doctrines et préparé des institutions ».
Lorsque les Etats-Généraux eurent cessé d'être convoqués les Parlements se prétendirent autorisés à reprendre leur tradition et l'idée était effectivement soutenue au xyii^ et au xvin" siècles que les Parlements avaient succédé aux droits des Etats-Généraux. Voici, en effet, ce qu'on peut lire dans un factum publié en 1717 à l'occasion de l'affaire des princes légitimés : « Les délibérations de ces Ltats ne sont regardées comme des lois qu'après qu'elles ont été enregistrées