Cf. Esmein, Histoire du Droit, p
LES ÉTATS-r.ÉNÉRAUX ET LES PARLEMENTS 97
ce qu'on a appelé le système des classes qui consistait à regarder tous les Parlements de France comme ne faisant qu'un seul corps. Ayant été tous successivement démembrés du Parlement de Paris, ils devaient être, disait-on, considérés non comme des corps distincts mais comme les diverses classes d'un parlement unique. Il en résultait que tous devaient être solidaires pour la défense de leurs droits, l'attaque dirigée contre l'un d'entre eux s'adressant en même temps à tous les autres. Le Parlement de Paris en tira même cette conséquence hardie qu'un édit royal ne pouvait être obligatoire qu'après avoir été enregistré non seulement par lui mais par tous les parlements du royaume '.
Comme bien l'on pense cette théorie n'alla pas sans soulever de vives protestations de la part du pouvoir royal. Le 3 mars 1766, parlant de l'Union des parlements, Louis XV reprocha aux conseillers de méconnaître les droits de la couronne en prétendant former avec les autres Cours du royaume un corps indivisible qui fut le représentant de la nation et participât avec le monarque à la confection des lois. « C'est en ma personne seule, dit-il, que réside la puissance souveraine ; c'est de moi seul que mes