Locke, Essai sur le gouvcrnemcnl civil, cliap. i, § XII
o. PufJ'enilurt, Droit de la nature, 1. I, liv. II, chap. ii, § III.
l'école du DKorr de la nature 111
donné à lui-même, sans arts, sans les commodités de la vie et sans société civile.
Cet homme ainsi livré à lui même, dit-il, ne connait pas de maître; il peut librement se servir de tout ce qui est à sa portée, employer tous les moyens et faire toutes les choses qui contribuent à sa propre conservation ; il peut encore faire usage de ses propres forces suivant sa seule volonté. Mais s'en suit-il qu'il puisse agir à sa tête ? Evidemment non. « Quoique l'état de nature soit un état de liberté, ce n'est nullement un état de licence; l'homme doit faire de sa liberté le meilleur et le plus noble usage que sa propre conservation demande de lui; l'état de nature a la loi de nature qui doit le régler et à laquelle chacun est obligé de se soumettre » '.
Pour la connaître l'homme n'a qu'à se replier sur lui-même, car « il n'y a point de voie plus abrégée ni plus commode pour découvrir les principes du droit naturel que de considérer avec soin la nature, la constitution et les inclinations de l'homme » - ; « ces Itrincipes, dit Grotius % sont clairs et évidents par