‹ Les origines de la Déclaration des droits de l'homme de 1789Chapitre 75 sur 157 · Vuffcndorf, op. cit., liv. 111, ch. ii, § VIII · texte numérisé non relu

Vuffcndorf, op. cit., liv. 111, ch. ii, § VIII

3. liuihimnqui. Principes du Droit des gens, partie 1, ch. vi, ^ II.

maître de soi-même et indépendant de toute autorité de ses semblables » •.

L'égalité et la liberté np sont d'ailleurs pas les seuls attributs de l'homme dans l'état de nature ; il en est un troisième qui bien que ne résultant pas directement de l'essence humaine lui est néanmoins reconnu par tous les auteurs de l'école: c'est la propriété.

Celle-ci, disent-ils -, n'existait pas à l'origine où les hommes possédaient toutes choses en commun ; chacun avait alors indistinctement le droit d'en faire usage autant que cela lui était nécessaire pour satisfaire à ses obligations naturelles : Dieu a, en effet, donné au genre humain un droit général et indéterminé sur toutes ses créatures. iMais une pareille situation ne pouvait durer bien longtemps; au fur et à mesure qu'ils devenaient plus nombreux, les hommes sentaient l'avantage et la nécessité de posséder privativement certains objets, et la propriété fut créée.

L'a-t-elle été par une convention, comme le soutiennent Grotius et Puffendorf, ou est elle le résultat

1. Puffendorf, op. cil., liv. II, ch. n. § III; Wolf. op. cit., pars I, cap. I, §§ 150 158 ; Burlamaqui, Principes du Droit naturel, partie IV, ch. i, § IX.

2. Grotiua, op. cit., liv. II, ch. ir, § II; Puffendorf, op. cit., liv. IV, ch. IV, § V ; Wo//", op. cit., pars II, ch. i, § 4; Vattel, Droit (les gens. liv. II, ch. i.\, § 117,

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d'une simple prise de possession comme l'estiment Barbeyrac et quelques autres, toujours est-il qu'à peine créée elle devint un droit naturel. « Il est bon de savoir, en effet, dit Crolius ', que le droit naturel ne roule pas seulement sur des cboses qui existent indépendamment de la loi humaine, mais qu'il a aussi pour objet plusieurs choses qui sont une suite de quelque acte de volonté. Ain^i, j ar exemple, la propriété des biens telle qu'elle est aujourd'hui en usage a été introduite par la volonté des hommes ; mais dès le moment qu'elle a été introduite c'a été une règle du droit même de nature qu'on ne peut sans crime prendre à quelqu'un malgré lui ce qui lui appartient en propre. » Puffendorf va nous en donner la raison : c'est que, dit il, - « la sociabilité étant le fondement du droit naturel et les hommes étant faits de telle manière qu'ils n'auraient pu sans la propriété des biens vivre ensemble dans une société honnête et paisible depuis qu'ils se furent multipliés et qu'ils eurent commencé à inventer divers arts pour rendre la vie plus commode et plus agréable, la constitution des choses humaines et le but du droit naturel demandaient alors un tel établissement. »

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