Esmein, Droit constitutionnel, p. 1G
le livre de PutTendorf en 1672; c'est vers 1690 que Locke publia son Essai et Wolf écrivit en 1740 seulement son traité sur le jus naiurœ ; la monarchie de droit divin était alors toute puissante en Europe, aussi ne faut-il pas s'étonner que ces auteurs « protégés le plus souvent par des princes puissants aient concilié la hardiesse de leurs idées avec les exigences de la pratique * ».
Comme bien l'on pense, ce fut la théorie de la souveraineté qui subit les plus fortes atteintes ; il fallait, en effet, concilier avec le dogme de la souveraineté du peuple l'existence de ces monarques absolus dont le bon plaisir guidait seul les actions.
Et tout d'abord, on ne pouvait contredire ouvertement la théorie du droit divin; aussi fut-on amené à reconnaître que « quoique la souveraineté résulte immédiatement des conventions humaines, cela n'empêche pas que, pour la rendre plus sacrée et inviolable, il ne faille un principe plus relevé et que l'autorité des princes ne soit de droit divin aussi bien que de droit humain ^ ». On proteste cependant pour l'honneur des principes contre l'idée d'un auteur qui déclare que c'est Dieu qui confère immédiatement aux princes le pouvoir souverain sans que les hommes