‹ Les origines de la Déclaration des droits de l'homme de 1789Chapitre 88 sur 157 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

LECOLE PHYSIOCRATIQUE

Une école se fit remarquer pendant la seconde moitié du xviiie siècle par l'inflaence considérable qu'elle exerça sur les esprits : elle avait pour chef Qaesnay, médecin de la marquise de Pompadour, et ses adhérents reçurent le nom de Physiocrates.

Le point de départ de la doctrine nouvelle était la conception d'un ordre social supérieur que l'homme n'invente pas, qu'il doit se borner à connaître et à appliquer. S'il le viole, il jette le trouble dans la société, il va contre ses intérêts les plus immédiats : « ex naturel jus, orclo et leges, ex hotnine arhitrium, reguncn et coercitio. »

Les hommes ne se sont en effet soumis à une autorité souveraine que pour atteindre un but essentiellement marqué par leur nature. « Or leur constitution

physique, dit Dupont de Nemours S celle des autres êtres dont ils sont environnés ne permettent pas que les moyens pour parvenir à ce but soient arbitraires, car il ne peut rien y avoir d'arbitraire dans des actes physiques tendant à une fin déterminée. On ne peut arriver à aucun point que par la route qui y conduit », et le seul moyen pour les hommes d'atteindre le bonheur qu'ils poursuivent c'est de se conformer à l'ordre légal.

Il existe, en effet, au-dessus des législations positives, un ensemble de lois souveraines, immuables, irréfragables et les meilleures possibles^; Quesnay les découvrit dans la nature et Dupont de Nemours lui fait un mérite d'avoir le premier compris que celle-ci « ne borne pas ses lois physiques à celles qu'on a jusqu'à présent étudiées dans les collèges et les académies et que lorsqu'elle donne aux fourmis, aux abeilles, aux castors, la faculté de se soumettre d'un commun accord et par leur propre intérêt à un gouvernement bon, stable et uniforme, elle ne refuse pas à l'homme le pouvoir de s'élever à la jouissance du même avantage. » ^ Que l'homme recherche donc et qu'il appli-

J, Dupont de NemoitrSy Origine et progrès d'une science nouvelle, — Cf. Daire, op. cit., p. 337.

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