Dupont de Nemours, op. cit., cf. Daire, p
L'ÉCOLE PHYSIOCRATIQUE 133
que ces lois naturelles et essentielles, ouvrage d'une sagesse divine, bien supérieure aux législations positives, lesquelles, comme toute œuvre humaine, peuvent être extravagantes comme elles peuvent être sages ; pour cela, qu'il ouvre « le Code de la nature », c'est là « qu'elles se trouvent écrites et que nous les y lisons tous distinctement à l'aide de la raison, de cette lumière qui illuminet omnein hominem venieniem in hoc mundum * . »
« Les lois, dit Dupont de Nemours -, dont l'opinion est importante à signaler parce qu'il rédigera plus tard un projet de déclaration, les lois [sont les règles de justice, de morale et de conduite utiles à tous et à chacun. Les hommes ni les gouvernements ne les font point et ne peuvent les faire. Ils les reconnaissent comme conformes à la raison suprême qui gouverne l'univers, ils les déclarent, ils les portent au milieu de la société, ils les présentent à l'obéissance des gens de bien, à la conscience même du méchant. C'est pour cela qu'on dit porteur de lois, législateur et recueil de lois portées, législation et qu'on n'a jamais osé dire faiseur de lois, légisfacteur ni légisfaction ». Ce sont les expressions mêmes dont se
1. Mercier de la Rivière, Ordre naturel des sociétés politiques, cb. XI.