Locke, op. «-it., ch. x
Les Physiocrates n'ont fait que reprendre les théories de Grotius et de ses disciples, mais ils l'ont fait avec une telle conviction et une telle force qu'on peut, sans exagérer, leur attribuer une part prépondérante dans le mouvement qui aboutit à la Déclaration.
Une des premières données de la raison est, suivant eux, la nécessité ou se trouve l'homme de vivre en société. Quesnay, reprenant dans son « Traité du droit naturel » une opinion du marquis de Mirabeau i, faisait remarquer que l'homme ne peut vivre sans le secours de ses semblables mais qu'en entrant en société il ne restreint pas sa liberté primitive ; au contraire, disait-il, les hommes en s'associant « augmentent la jouissance de leur droit naturel et ils assurent même la pleine étendue de cette jouissance si la constitution de la société est conforme à l'ordre évidemment le plus avantageux relativement aux lois fondamentales de leur droit naturel '. »
Il faut donc rechercher ces principes et pour cela considérer l'homme en lui-même ; le respect de l'individu est, en effet, la base du système physiocratique et nulle part cela n'apparaît mieux que dans une protestation énergique élevée contre le despotisme
1. Marquis de Mirabeau, Ami des hommes, 1" partie, m principio.