Daù-e, OEuvres des Plijsiocratcs. Introduction, p. xix
L'ÉCOLE PHYSIOCRATIQUE 145
la Chine leur apparaissait comme l'idéal des gouvernements. M. de Tocqueville dans son livre, V Ancien Ré(jime et la Résolution, releva sévèrement cette erreur, mais il ne faut pas oublier que la doctrine prit naissance vers 1760 c'est-à-dire à un moment où la monarchie de droit divin était presque à l'apogée. Quesnay ne voit d'ailleurs dans le Despote qu'un instrument pour assurer le triomphe de ses idées, la première fonction de l'autorité étant, suivant lui, de garantir toutes les propriétés d'usurpation et toutes les libertés de violation.
Aussi lui parait-il inutile d'établir la séparation •des pouvoirs car « dicter les lois c'est commander de faire ou de ne pas faire telle ou telle chose, et par la raison que nos passions sont trop orageuses pour que le droit de commander puisse exister sans le pouvoir physique de se faire obéir, le droit de dicter des lois ne peut exister sans le pouvoir physique de les faire observer : il ne peut donc jamais être séparé de l'administration, de la force publique et cœrcitive ' ».
Pas besoin non plus d'Assemblées ayant le pouvoir législatif et Mercier de la Rivière essaye de démontrer toute la fausseté des systèmes d'après lesquels ce pouvoir appartient à la nation ; en efTet, dit-il -, « dès que