‹ Les origines de la Déclaration des droits de l'homme de 1789Chapitre 99 sur 157 · Mercier de la Rivière, op. cit., clu xvi · texte numérisé non relu

Mercier de la Rivière, op. cit., clu xvi

la nation serait assemblée, elle formerait une puissance absolument et nécessairement indépendante des lois déjà faites; tout parti qui aurait pour lui le plus grand nombre des opinions ne reconnaîtrait aucune autorité supérieure à la sienne » et le droit naturel courrait grand risque d'être violé. En réalité, d'après lui, « le pouvoir législatif ne peut appartenir de droit qu'à ceux qui ont acquis la connaissance évidente des lois naturelles et ce pouvoir législatif ne peut être exercé sans aucun inconvénient qu'autant que la force de cette évidence n'est point combattue par celle des intérêts particuliers ' ». Il faut donc que le législateur soit un, comme la loi unique invariable qu'il a le devoir de promulguer et dont il doit se faire le serviteur.

Nous n'avons pas à insister sur les critiques violentes que reçut la théorie sur ce point, ni sur la controverse qui s'éleva à ce sujet entre Mercier de la Rivière et IMably; il nous suffit d'avoir indiqué la théorie des Physiocrates pour montrer jusqu'où allait leur respect de la loi naturelle et jusqu'à quel point ils en poursuivaient l'application.

Leur despotisme était d'ailleurs sans danger puisque la ration entière avait, suivant eux, mission de

' ). Mrrcicr de la nivicre, op. cit., cli. xvr.

l'école PHYSIOCRATIUUE 147

le contrôler : les Physiocrates considéraient en effet comme la première des lois positives, comme la loi fondamentale de toutes les autres, l'institution de l'instruction publique et privée des lois de l'ordre naturel que le souverain était chargé d'appliquer '. « Le premier et le principal caractère d'une monarchie économique, dit Bandeau S est l'étahlissement, le maintien, la perfection progressive et continuelle de l'enseignement universel, le plus clair, le plus efficace possible, qui grave profondément dans tous les esprits l'ensemble des principes simples, sublimes et sacrés de la loi de justice et de l'ordre de bienfaisance, principes évidemment éternels et immuables qui sont de tous les temps, de tous les siècles et de tous les hommes. La nation instruite par cet enseignement pourra faire rentrer dans le devoir le souverain qui serait tenté d'en sortir ». « Figurez-vous, dit encore Baudeau^ un peuple totalement instruit depuis plusieurs siècles de tous les principes de la morale économique, aussi simple qu'elle est salutaire. Figurez-vous que r universalité presque entière des citoyens sait dès sa plus tendre jeunesse ce que c'est que propriété, que

1. Quesnay, Droit naturel, ch. v, p. 37 j; Djspotisine de la Chine, ch. virr, § VI, p. 64 'k

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