‹ Les origines de la diatribe romaineChapitre 27 sur 88 · AU AN · texte numérisé non relu

AU AN

? La démonstration a été faite par MARX (Zeitschrift f. ósterr. Gymn. 1897, p. 217), qui a comparé « amicum cum vides, obliviscere miserias » (PRISC. G. L., II 384) avec un fragment de Philémon cité par STOBÉE (IV 48, 25, Hense p. 1014) et « fabrum esse suce quemque fortunae» (Ps. SALL. ad Caes. 1. 1. 2) avec PLAUTE, 7rin. 363 sq). |

S CIC. Zirsc. 1V. 2, 4.

MT. πὸ

t-on çà et là une nuance qui rappelle les préoccupations morales! des comiques grecs.

PLAUTE?, au contraire, nous offre de très nombreux exemples de l'utilisation indirecte des thémes et des procédés diatribiques. Son œuvre reproduit souvent avec l'exactitude d'une belle traduction les moindres intentions de ses modèles ; ceux-là, nous

l'avons dit, auteurs de la « moyenne » et surtout de la « nouvelle

Comédie », se servent de tout le trésor de pensée des philosophes grecs; ils cisélent en leurs vers symétriques les leçons des sages; ce sont tantót des observations psychologiques, tantót des remarques sceptiques et désenchantées, tantôt des exhortations à faire mieux. Quelques-uns, comme Ménandre, se rattachent plus particulièrement à l'une des grandes écoles scientifiques, l'aristotélisme; d'autres, comme Philémon, marchant sur les traces d'Euripide, aiment à glaner dans les champs de la philosophie populaire; cependant sur ce terrain-là, tous les épis ne sont pas bons à prendre; la littérature dramatique est d'essence avant tout sociale: les paradoxes antipolitiques doivent étre, en général, éliminés. C'est aux préceptes de morale individuelle, aux appels à l'action sur soi-méme que les poétes comiques recourent le plus volontiers; et, méme dans ce domaine, lorsque l'audace semble trop grande, ils nuancent la pensée d'une teinte d'ironie pour la faire plus aisément accepter.

Tout cela transparait dans les premières comédies romaines.

Plaute ne fait pas de choix systématique entre les doctrines dont s'inspirent les œuvres qu'il adapte au goût latin; il abandonne ce;qu'il ne comprend pas et ce qui lui semble peu plaisant. Il appuie au contraire sur l'ironie de ses modèles, ou tourne ino-

! Certains des traits charmants dont il fait la silhouette de sa «jeune Tarentine » pourraient bien dériver d'une satire cynique des riches courtisanes. Le fr. 12 de Zerentilla (RIBBECK, Comicorum latinorum rel. 3"e éd. p. 25) est une exhortation à la vertu; le fr. 3 du Gymnasticus (RIBB. p. 17) est une condamnation des passions de l'amour; le fr. 3 de l’Agitatoria (RIBB. p. 7) affirme la

supériorité de la liberté sur la richesse. Cf. aussi /ncert. fab. (RIBB. p. 28) une remarque désolée sur le malheur des hommes (théme 77 a). Une des comé-

dies de Naevius parait avoir porté le nom de Satura (FESTUS, 257).

? Cf. LEO, Diogenes bei Plautus, Hermes 41 (1906), p. 441; RANKE, Periplecomenus, diss. Marburg, 1900; DiEgTzE, De Philemone comico, Gôttingen 1901. i

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