‹ Les origines de la diatribe romaineChapitre 35 sur 88 · LES SATIRIQUES LUCILIUS ET VARRON · texte numérisé non relu

LES SATIRIQUES LUCILIUS ET VARRON

Il ne peut entrer dans le cadre d'une étude comme celle-ci de faire, en détail, l'examen des œuvres satiriques de Lucilius, de Varron et, plus loin, d'Horace. Aprés tant de travaux importants! sur ce sujet, démontrer que ces écrits dépendent en bonne partie de ceux de Bion, d'Ariston et de Ménippe, serait enfoncer une porte définitivement ouverte.

Nous n'avons qu'à préciser briévement la place qu'occupe chacun de ces grands poètes dans l'évolution que nous décrivons, et à montrer quel enseignement on peut tirer, pour les juger, de la comparaison de leur philosophie avec celle des diatribistes. grecs.

Nous avons dit plus haut qu'Ennius avait employé le mot de Satura pour désigner les poésies mélées qu'il écrivait en empruntant mainte pensée morale aux philosophes populaires ?; LUCILIUS va fixer les traits distinctifs du genre en y faisant surtout la critique des mœurs de ses contemporains. Cette tâche fut facilitée, nous l'avons vu, par les attaques violentes et répétées de Caton contre les vicieux et les prodigues de son temps. Ill y eut donc deux précurseurs romains de Lucilius.

Le poéte n'a pas des sources grecques exclusivement diatribiques; il était curieux de tout; ses satires ou plutôt ses diatribes (il les appelle des sermones) sont un miroir de ses intérêts successifs. La satire d'Archiloque?, la comédie aristophanienne. celle de Ménandre et celle de Plaute* s'y reflètent tour à tour, Pendant le long séjour qu'il parait avoir fait à Athènes, Lucilius. avait appris la rhétorique et s'était lié d'amitié avec son maître,

! VAHLEN, /n Varronis satur. menipp. relig. coniectanea, Leipz. 1858; FRIETZSCHE, Menipp und Horaz, Güstr., 1871; BIRT, Zwei politische Satiren,. Marb. 1888; ΠΕΙΝΖΕ, De Horatio Bionis imitatore, Bonn. 1889; HENSE, Ze/etis relig. Freib. in Brisg. 1889; MARx, C. Lucilii carm. reliq. commentarius, 1905,

* Lucilius admirait beaucoup Ennius, qu'il appelle a/ter Homerus (v. 1189 de l'éd. Marx) et qu'il imite souvent (cf. v. 4-8; 1375 sq. etc.).

* V, 698 sq.

* Cf. BIRT, p. 10; NORDEN, Einleitung, p. 331; MARX, p. CXVIII.

* MARX, p. CXVIII.

? V. 736. Comparer le vers 700 avec le vers 994 du Zrinummus.

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