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sons qui deviendront traditionnelles dans la diatribe; on cite aussi d'Antis- .
théne un προτρεπτιχὸς περὶ διχαιοσίνης xai ἀνδρείας; οἷ. Dios: L. VI, 1; II, 64. ? Cf. v. ARNIM, Dio, p. 40 sq.
4 SCHWARZ, (Charakterkóüpfe, ll ter. Reihe, « Diogenes der Hund »), veut | faire de l'ascéte à l'action si puissante un simple propagandiste par le fait ; mais
il se réfute lui-même en déclarant: «In Athen des 4ten Jahrhunderts konnte keine geistige Bewegung auf die Publizistik verzichten ».
* Cf. CRÔNERT, Æo/otes und Menedemos, Texte und Untersuch., Leipzig 1906. ads
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données sous une forme proverbiale, ont été citées isolément ho n
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doute sur le rôle personnel que joua Bion dans cette création !; il développa à tel point l'emploi du style «fleuri» dans ses ἜΣ ΞΕ moraux qu'il passa bientôt pour avoir fait dans la
littérature philosophique une véritable révolution ?. I] voulait assu--
rément agir sur les masses populaires, et ne négligea pour cela
aucune des ressources ordinaires des orateurs en vogue; il créa
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ainsi un | arsenal de procédés d'expression auquel recourront
désormais tous les propagandistes diatribiques.
L'utilisation répétée des «trucs» de la rhétorique donne souvent au style de la diatribe une allure sautillante, une bigarrure excessive et fatigante; on a à l'impression que la seule unité qu'on y puisse trouver est une variété constante et forcée; chaque idée est exprimée de la maniére la plus vive et la plus succincte
à la fois; la virulence souvent grossière ou obscène du vocabu-
laire?, le caractère frappant des images distinguaient à pre-
mière vue ces écrits de ceux d'autres moralistes. L'effort de concision* était imposé aux propagandistes par leur désir d'instruire: ils avaient appris qu'on retient plus facilement les lecons résumées en quelques mots.
Le lecteur est sans cesse harcelé par un maitre qui semble avoir pris à tâche de le persuader immédiatement et lui parle le langage le plus propre à le séduire. Chaque Tois qu'on le peut,
on on veut. faire impression 5, Bien des discours effectivement prononcés sont en réalité des diatribes; rappelons en particulier les nombreuses parénéses, exhortations entremêlées de sentences;
' LEJAY, Satires d'Horace, Introd. p. IX, se refuse à ad mettre comme un fait certain que Bion ait rédigé lui-méme les diatribes qui circulaient sous son nom; c'est mettre un mystére inexplicable à l'origine d'une longue tradition littéraire où fourmillent les allusions parfaitement claires ax diatribes de Bion.
? Ps.-MÉTRODORE, (περὶ αἰσθήσεων, 15. Pap. Herc. 1055, col. 15): Δίωνος τοῦ xarà Θεόφραστον πρώτου φιλοσοφίαν « ἀνθινοῖς » χοσμήσαντος. Ce style crné de tous les artifices de la rhétorique est comparé au costume porté parle. courtisanes et bigarré de fleurs multicolores (cf. Eratosthéne, ap. Diog. L. IV 52; Strab. 1c. 15; Sillogr. Wachsmuth, p. 75).
* DiOG. L. IV 52: φορτιχοῖς ὀνόμασι χρώμενος, cf. ACRO in Horat. €p. I 2 t 60: mordacissimis verbis est usus. ESSA Vin x
T WEBER, De Senecae genere dicendi bioneo, numéro 26. 5 Cf. Dioa. L. VII 161.
ὁ EPICT. I, 29, 64.
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quant aux protreptiques, ce sont des discours analogues mais | plus didactiques. |
Le ton des exhortations est toujours pressant et haletant; le diatribiste accable l'adversaire d'une foule de traits hétéropenes. il le poursuit d'arguments sans lien logique bien apparent.
“Il sera question plus loin: de certains procédés littéraires (exemples typiques, comparaisons traditionnelles) qui sont inséparables de l'expression de quelques idées familières aux diatribistes. Je ne veux énumérer ici que les traits formels plus généraux et plus indépendants de toute doctrine: plusieurs auteurs les ont déjà étudiés d'une manière suffisante?. Les plus importants sont l'emploi des diminutifs, les citations de locutions populaires et de proverbes, les métaphores, le parallélisme des phrases?, la conversion et les hyperboles. Les oppositions verbales ont une importance qu'il convient de souligner: quelquesunes, qui sont traditionnelles correspondent à des thémes ordinaires de la diatribe. A φύσις s'oppose νόμος (Diog. L. VI, 38 et 71) ou δόξα (Ps.-Diog. Epist. 73: à δοχεῖν, εἶναι (Télès 3, 4; 4, 6) à λόγῳ, ἔργῳ (Dio, Or. IV 72); à χτῶμαι, χρῶμαι (Télès 33, 2-3), etc., etc. On retrouve souvent des groupes immuables de vertus et de vices, de biens et ᾿ maux, par exemple: φυγὴ, γῆρας, πενία (Plut. περι. ἀρετὴς xat καχίας 1; Dio, Or. 13, 3).
Parmi les ne poétiques employées dans la diatribe, citons en particulier la personnification des abstractions. La Fortune surtout est interpelée par l’ascète qui la défie de jamais pouvoir abattre sa constance: «ΕΠ γ᾽, ὦ Τύχη, μοι τῶν χαλῶν διδάσχαλε»",
8 3. Le mélange du plaisant et du sérieux.
Le style diatribique subit nécessairement l'influence des procédés d'expression qu'affectionnaient les premiers disciples : d'Antisthéne et de Diogéne, c'est-à-dire de ce qu'on appelait dans l'antiquité le χυνικὸς τρόπος. ll résulte surtout du mélange habituel du plaisant et du sérieux, mélange défini par le terme: τὸ σπουδο-
! Cf. chap. IV de l'Introduction.
? WEBER, op. cit.; Müller, De Teletis elocutione, Freib., 1891.
? Cf. HENSE, 7e/etis reliquiae, Introd. p. C.
* CRATÈS (DIELS, Poet. philos. fr. 1901, p. 222); la colère est personnifiée par Plutarque (De cohibenda ira, 10), cf., sur Télés, Weber, op. cit., numéros 13 et 14.
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γέλοιον. Pour le caractériser on se servait des multiples compa-
aree
raisons inspirées par le symbole cynique, te chien) qui tantôt mord, tantôt remue la queue; de méme le philosophe s'attaque violemment aux vices, mais aime à plaisanter !.
Toute la verve humoristique dépensée par les auteurs de diatribes était nécessaire afin d'attirer le public et de le retenir;
sans elle les auditeurs se fussent révoltés devant la hardiesse
des blámes et l'austérité des conseils. Les plaisanteries sont ,
comme le miel dont on recouvre un remède ?,
Ce sont donc tantót des saillies spirituelles et malignes ?, tantót des remarques ingénieuses et imprévues sur un grave sujet‘; souvent ce sont de simples jeux de mots, des calembours par homonymie ou par «à peu prés» ^. —
Le trait comique ou satirique sert le plus souvent à atténuer le caractére acerbe d'une attaque ou la tournure pessimiste de la pensée. Pour faire rire leurs auditeurs, les. propagandistes populaires tournent en ridicule les. habitudes vicieuses qu'ils combattent. Cratès déjà fut un véritable satirique: il se prend lui-même comme cible et décrit plaisamment ses épaules recourbées*. Bion développa le genre en créant des types grotesques, comme celui du μικρολόγος, Avec Ménippe, la satire s'affranchit littérairement de la forme proprement diatribique, tout en restant fidéle par la doctrine à la philosophie populaire. La création de tout un peuple de caractères divins ou infernaux, de types humains déformés, compose dans cette œuvre un vaste tableau de toute la vie humaine. Ménippe y polémise contre ses contemporains et attaque l'ordre social établi; chez lui, l'effet essentiel de l'humour résulte de la disproportion grotesque entre le fond et la forme: des 's personnages divins apparaissent dans les situations les plus mesquines, et des sujets infimes sont traités sur
* DEMETR. PHAL. De elocut. 261: πᾶν τὸ εἶδος τοῦ Κυνικοῦ λόγου caívovrt ἅμα &—
ἔοικέ τῳ xai δάχνοντι.
? ANTON. MEL. II, 32, p. 1084 D.
* Dioc. L. ἢ 126; VI, 40; 57; 67, etc.
* DiOG. L. IV 49 (sur le chemin qui conduit à la mort). * DioOG. L. IV 48; 50; VI; 3; 4; 24; 33; 49; 51; 52; 50. $ DIOG. L. VI 92.
" DioG. L. IV 50; avec Bion, qui fut l'élève du péripatéticien Théophraste, | |
la peinture des caractéres vicieux devient une partie importante de la diatribe | (cf. Dion, or. IV 92; 101-115).
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un mode grandiloquent. Tout y est mélé': comédie et dialogue | |
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philosophique, prose et vers; la satire romaine MAS un retour vers la forme ofigitielle de la diatribe.
Un des moyens de comique employé dés l'origine de la littérature de tendance cynique fut la parodie épique; cet usage dérive de l'emploi fréquent des citations poétiques que faisaient les sophistes et les socratiques ?. Le philosophe détourne de leur
sens mythique, en opérant souvent quelques substitutions, des
vers épiques pour leur donner une portée morale en rapport
avec son argumentation?,. L'effet est quelquefois plaisant quand l'adaptation est spirituelle. Bion y excellait^. Le mélange systé-
matique du plaisant et du sérieux dans la diatribe est le -
développement naturel des premiéres parodies.
La simple citation de passages poétiques est, cela va sans
dire, d’un usage plus fréquent encore; les diatribistes se servent de vers célèbres, comme le firent d’ailleurs tous les écrivains
des écoles socratiques. Antisthène déjà reconnaissait dans linterprétation des poètes un des rares moyens de trouver la vérité; ses successeurs, méme les plus lointains, ont conservé l'habi-
tude de couper les développements moraux par quelques vers.
épiques ou tragiques.
δ 4. La philosophie populaire hors de la diatribe.
Les idées les plus caractéristiques de la diatribe apparais-
sent dans des écrits qui n'appartiennent à aucun des genres dont nous avons parlé jusqu'ici, c'est-à-dire qui ne sont ni desdialogues moraux, ni des traités de propagande, ni des discours, ni des lettres, ni des satires. En dehors de ces formes littéraires, qui
sont étroitement apparentées à la diatribe proprement dite, on.
! Le mélange des genres est un trait proprement «populaire». O. IMMISCH
(Neue Jahrbücher f. das class. Altert., 1921, p. 418, sqq.) a montré l'impor-
nee de ce caractère du folk-lore primit.
? Cf. Si/logr., WACHSMUTH, 1885, p. 69 sq.
* DIOGENE (Stob. ecl. II, 8, 21) déclare que la fortune lui adresse le vers
homérique : rovrov d'où δύναμαι βαλέειν: χύνα λυσσητῆρα (cf. Diog. L. II 118 et .
VI 53); quelquefois ce procédé aboutit à un calembour (Diog. VI 55 et 57). La plus célébre parodie de Cratés est son apologie de la besace (Diog. L. VI
85), transposition de la description homérique de la Crète (Odyss. livre 19, v.
172); cf. Diog. L. VI 63.
* Dioc. L. IV 52.
PP ces
doit signaler des ceuvres fort différentes qui furent composées ou inspirées par les auteurs diatribiques.
Si /e théátre est en général condamné par les Cyniques !, les ceuvres dramatiques n'encourent pas en elles-mémes cette réprobation. Diogene composa-t-il des tragédies non destinées à la scène? — On a plus de raisons de croire aux traditions concernant celles de Cratès, qui, dit-on, y défendait des paradoxes cyniques et n'y répugnait pas à l'emploi du comique; mais .nous n'avons de ces ouvrages aucun reste significatif ?.
L'influence du cynisme sur le théátre est, par contre, évidente. Euripide subit tout particulièrement l'action des premiers représentants de la secte; il en est de méme des auteurs de la moyenne et de la nouvelle comédie?. La pensée de Ménandre dépend philosophiquement de la diatribe; le poète développe des thémes bien connus!; ses peintures de parasites et les
d'idées de la diatribe grecque, il convient de citer aussi /es iambes, comme ceux de Phoinix ou de Kerkidas’, et /es éprgrammes, spécialement celles de Léonidas de Tarente.
Ta fable joue un rôle beaucoup plus important: dès l’origine, les Cyniques se sont servis d'apologues dans leurs polémiques politiques et morales^; aprés eux, les diatribistes se sont contentés en général de faire de longues comparaisons entre les mœurs des hommes et celles des animaux. pea