‹ Les origines de la diatribe romaineChapitre 5 sur 88 · CHAPITRE IL LES: TEXLIES · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL LES: TEXLIES

Nous savons à présent ce qu'on nomme «diatribe». Avant d'étudier les idées exprimées dans ce genre de littérature, il

' Cf. DioG- E. VF 24.

? Dio. L. VI 80 et 98.

? Cf. HENSE, Bio bei Philo, Rhein. Mus., 47, p. 219. * Cf. par exemple le fragment 538 (Comic. attic. fragm. éd. KOCK, III, 161), . sur la mort égalisant les conditions.

δ Cf. GERHARD, P/ioinix von Kolophon, Berl., 1909; Hunt (Oxyrh. Papyr., VIII, 1911) a publié des fragments de Kerkidas.

* Antisthéne (Aristote, Po/it. II, 12, P. 1248 a, 14-17), Diogéne (Diog. L., VI 80 : Kozoíoc, Πόρδαλος ), Léonidas de Tarente, etc. se sont servis de fables.

QU qeu

importe de délimiter nos moyens de connaissance. Nombreux sont les auteurs qui nous ont conservé des fragments de Cratès,

ds Bion et des diatribistes. Tous n'ont pas la méme valeur; je

vais passer en revue les principaux écrivains auxquels on doit -

avoir recours; je dis les «principaux», car il ne peut pas étre

question dans cette introduction d'étudier toutes les œuvres où

il est fait allusion aux philosophes populaires grecs.

Nous pouvons laisser de côté les textes classiques concernant Antisthéne, puisque nous n'aurons que rarement à les.

utiliser. Si Xérophon, qui est notre source principale sur ce grand précurseur, fournit bien des renseignements précieux, il

s'écarte volontairement des conceptions antisthéniennes: son.

esprit a été imprégné des idées du disciple le plus intime de Socrate, mais il ne reproduit jamais à la lettre ses enseignements !.

Télès, au contraire, nous fait connaitre fidèlement l’œuvre .

de Bion; il écrivait vers la fin du llIme siècle? avant J.-C. et appartenait à la génération qui suivit immédiatement celle de

Bion. Il enseignait à de trés jeunes enfants et n'avait aucun

talent, aucune personnalité?; rien ne le poussa à transformer les leçons qu'il avait reçues; en effet, chaque fois que, par comparaison, ses sources peuvent être contrôlées, c'est à Bion seul qu'elles

nous font remonter ^. Comme Bion a fait la fortune de la diatribe [

et qu'au point de vue de l'histoire romaine du genre, il a eu personnellement une trés persistante influence, il est clair que

! On ne peut accepter sans faire les plus fortes réserves la thése de JOEL (Der echte und der xenophontische Socrates, Berl. 1893 et 1901); admise en bloc, elle ferait prendre pour antisthéniens tous les enseignements moraux que Xénophon met dans la bouche de Socrate. Outre les textes sur Antisthéne (Conv. chap. 2, 3, 4, 6, 8; Memor. 1I 5; IIl, 4 et 11), les passages suivants paraissent antisthéniens: Memor. 1 6, 10; III 9; IV 2, 37; Conv. Il 4 et IV 28-33. Par contre Xénophon contredit Antisthéne: Conv. IV 2-4. Antisthéne est mis par lui au nombre des πολλοὶ τῶν óacxóvrov φιλοσοφεῖν (Memor. 1 2, 15).

? On place la composition des écrits de Télés vers 240 av. J.-C.

? Cf. WILAMOWITZ (Philolog. Untersuch. I V 292), qui exagére un peu l'importance de Télés. Voir à ce propos SUPFLE: Zur Geschichte der kynischen Secte (Arch. für Gesch. der Philos., 1891, p. 418-422).

* TÉLES, 40, 2 (nous citons par pages et lignes de la 2e édition de Hense(

rapporte le conseil d'envoyer un enfant πρὸς Κράτητα. Ce fut textuellement écrit, du vivant de Cratés, par Bion qui n'est méme pas cité. Au moment oü Télés écrit, Cratés est mort (p. 14, 4). Les citations de philosophes et les chries sont également de Bion (cf. Hense, CXXI sa).

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le texte de Télès, qui seul en livre de longs fragments, a pour nous une importance de premier ordre. Stobée ἃ conservé dans son Florilegium sept passages €tendus des diatribes de Télès; il les avait pris lui-méme dans un recueil d'extraits de Théodoros:. Cette histoire compliquée ne doit pas nous rendre exagérément défiants à l'égard du texte, car on se rend compte que si Théodoros, le premier épitomateur, a mutilé certains fragments, il n'y a certainement pas ajouté une seule ligne de son crü?. Le style est en effet partout le méme; dans toute sa pureté, c'est celui de la diatribe-type. La pensée est entièrement cynique, mais d'un cynisme adouci, qui considere l'adaptation aux circonstances comme le premier des devoirs. Telle est bien la doctrine de Bion*. Chaque ligne de ces pages précieuses contiendra pour nous de multiples enseignements.

Parmi les sources de Télés, se trouvait un recueil de chries (χρεῖχι), rédigé par Bion; les documents de ce genre ont presque seuls survécu de toute la littérature cynique du IIme et du début du Ier siècle avant J.-C.; sans doute la propagande orale jouaitelle alors le grand T cependant les écrits cyniques devaient étre nombreux: les auteurs postérieurs ont entre eux des similitudes qui ne peuvent s'expliquer que par l'utilisation des diatribes d'une période précédente *.

Les chries rassemblées par des compilateurs d'une époque plus récente sont les seuls souvenirs qui restent de ces ouvrages disparus. Il faut les considérer en général comme des matériaux tirés de l'enseignement des philosophes pour servir à de nouvelles leçons ou à de nouveaux écrits; elles sont en rapport étroit avec le σπουδογέλοιον employé par les diatribistes. Ce sont de bréves anecdotes contenant en général un fragment

! Ecl. II, 15, 47: ἐχ τῆς θεοδώρου τῶν TéAgroc ἐπιτομῆς (cf. WILAMOWITZ, Philol. Unters. IV 292).

“3 Cf. GERHARD (Phoinix, p. 67, n. 1) et Hense (7e/et. rel., p. XVIII et XXVIII).

* ZELLER et BONHÔFFER (Epiktet und die Stoa, p. 116) font à tort de Télés un stoico-cynique: il parle des anciens Cyniques en les désignant simplement par les mots οἱ ἀρχαῖοι (p. 35, 9 et 37, 6), comme s'il n'y avait qu'une seule école de philosophes qui comptât à ses yeux.

* Des citations de Cratés (par exemple 38, 5) et de Diogéne (52, 3; cf. Diog. L. VI, 63), que Télés a trouvées chez Bion, ont été transformées par Bion daus le sens de l'hédonisme.

* Cf. WENDLAND, Philo und die kynisch-stoische Diatribe, p. 62 sq.

Lou t^^ Choc

E VD ode

de dialogue moral, c'est-à-dire une réponse frappante d'un maitre

en quelque circonstance mémorable !. | Diogène est naturellement le grand héros des chries; la

maxime essentielle de sa philosophie l'invitait à heurter en toutes

choses l'opinion commune: on pouvait donc aisément inventer .

d'innombrables historiettes piquantes pour illustrer ses pensées ?: toutes les tendances du cynisme postérieur ont agrémenté de

-traits nouveaux et contradictoires la légende du héros ascète:

seules les anecdotes sans portée morale ont, à son propos, un

| fondement historique ?. |

Cratés, Bion, Ménippe partagent cette gloire, et les Cyniques ont ‘attiré à eux Socrate, Aimon) Myson et jusqu'au Thersite d'Homére, pour en faire deS-hérôs de chries; les Lacédémoniens frugaux et braves sont célébrés de la méme manière. |

La plus grande partie des chries que nous possédons provient donc d'anciennes diatribes; mais le mouvement inverse. s'est produit naturellement aussi et les chries reliées les unes aux autres ont formé de petits récits biographiques^ ou de nouveaux écrits diatribiques de date relativement récente’. :

C'est Métroclés qui parait avoir été l'un des plus anciens collecteurs de :chries' (Diog... L, . VI. 33); i| fut. suivi deZ2en0n (D. L. VI 91), Persaios (D. L. VII -36), Ariston (D. L. VII. 163), etc. Mais ce ne sont malheureusement pas leurs recueils que nous possédons. Les Gnomologia conservés sont dans un inextricable désordre: la méme anecdote et la méme phrase sont citées plusieurs fois et attribuées aux philosophes les plus différents. Les compilateurs se pillent les uns les autres avec une extrême négligence. :

Les Vies de Diogéne-Laérte* sont pour nous l'un des aboutissements principaux de cette série de recueils. Chercher les

! HERMOGEÉNE, Progymn. 3 et QUINTILIEN, I 9, 4, ont donné d'excellentes définitions de la chrie; cf. aussi LEJAY, Satires d'Horace, Introd. XVII, sq. ——

" Les découvertes papyrologiques fournissent trés souvent des chries encore inconnues, bien que nous en possédions déjà une masse considérable; cf. CRÔNERT, Xo/otes (Wesselys Studien, VI), p. 50.

?* SCHWARTZ, Charakterkôpfe, 2. Reihe. Diogenes der Hund, a montré que, depuis la perte de leur liberté politique, les Grecs ont fait de Diogéne un demi-dieu de la liberté morale. !

^ Cf. WENDLAND, Hel].-Rôm. Kultur, 1907, p. 40-41.

* Le discours VI de Dion en est un bel exemple.

* DIOGÈNE-LAËRTE écrivit au début du ΠΠπ| siècle ap. J.-C.

COST Le

sources de tout le fatras juxtaposé dans les dix livres de Biographies est une entreprise impossible. Tout ce qu’on peut dire de certain sur les passages qui nous intéressent (IV 7; VI; VII 1 et 2), c'est qu'à cóté des ceuvres de compilateurs sans valeur comme Pamphile et Favorinus, Diogéne-Laérte a utilisé directement l'ouvrage doxographique du cynique Dioclés, qui date du [er siècle av. J.-C.! et plusieurs anciens choix d'apophthegmes.

— Les renseignements de Diogène-Laërte sont ainsi pour nous du plus grand intérét, puisqu'ils sont tirés en bonne partie de sources antérieures à l'ére chrétienne; mais ils sont malaisés à utiliser: jamais livre ne fut moins «composé» et les citations y sont faites sans aucun soin.

La compilation d'apophthegmes de Sfobée, si récente qu'elle soit?, remonte en partie, par plusieurs intermédiaires, aux δ χρχχτῆρες de Théophraste, mais bien des auteurs postérieurs (Dion Chrysostome par exemple) ont été utilisés. |

C'est du Ier siècle av. J.-C. qu'il faut dater les sources diatribiques des /effres apocryphes de Diogéne, Crates, etc. Les matériaux qui les composent sont des anecdotes et des apophthegmes. L'époque de la rédaction que nous avons en mains est assez récente, puisque les plus anciennes de ces épitres (les premières et les dernières de Ps. Diogéne) contiennent des allusions à des contemporains d'Auguste?. Les lettres 13-24 de Ps. Diogène et celles de Ps. Cratés sont postérieures*. Les auteurs» trois ou quatre rhéteurs sans talent, se contentent, le plus souvent, de reproduire ou de développer, comme pour des exercices d'école, les thèmes de la diatribe cynique”. Leurs inventions personnelles sont rares et lamentables.

Malgré la tendance avant tout religieuse de sa philosophie,

! Cf. MARTIN, P.-W., Diocles. UEBERWEG-HEINZE-PRÆCHTER (10"e éd., p. 16) placent par erreur Dioclés au le" siècle ap. J.-C.

? Stobée vivait au début du V"* siècle ap. J.-C.

* Cf. MARKS (Diss. Bonn., 1883), Symb. crit. ad. Epistologr. gr.

* La 21"* lettre de Ps. DIOGÉNE, par ex., dépend de Lucien.

* Cf. CAPELLE, De Cynic. epist. (Góttingen, 1896). Les lettres 12, 35, 37 de Ps. Diog. ont une tendance stoïcienne; d'autres inclinent à l'hédonisme. L'épitre 16 de Ps. Hippocrate et la lettre de Ps. Héraclite, de méme que celles d'Anacharsis, sont entiérement cyniques. On n'y trouve nulle part trace d'in- . fluence judéo-chrétienne. Bernays (Lukian u. d. Kyniker, p. 27) s'est trompé à ce propos, par ignorance des thémes diatribiques.

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Philon le Juif, contemporain des apótres!, dépend directement, dans ses écrits de morale, de la diatribe traditionnelle. Il interrompt inopinément les développements de son argumentation par des récits mythiques, des citations de poétes et par des chries cyniques: aussitôt, c'est le style bionesque qu'il emploie. Par sa comparaison avec d'autres auteurs déjà reconnus comme diatribiques, on a pu démontrer que Philon utilisait largement les ceuvres de Bion? et celles de ses disciples; la tradition ménippique ne lui est pas étrangère non plus.

Avec les discours de Dion Chrysostome, nous arrivons déjà aux derniers des grands textes diatribiques que nous puissions regarder avec certitude comme entièrement indépendants de la tradition romaine: Dion savait fort mal le latin, bien qu'il eüt vécu longtemps à Rome. Son œuvre a pour nous une valeur toute particuliére, parce qu'il est le meilleur des rhéteurs de la seconde sophistique, qui se sont préoccupés, dans le choix de leurs sources, d'un retour aux anciens Cyniques, aux παλαιοὶ λόγοιϑ, Ce n'est pas qu'il ignore les écrits plus récents, ceux par exemple qui furent à la base de la composition des lettres apocryphes: le 4me discours, un des plus exclusivement cyniques, permet de très nombreux rapprochements avec les lettres 33 et 40 de Ps. Diogéne*; mais si nous y retrouvons tous les caractères du style de Bion, nous pouvons parfois, gráce à ces discours, remonter . encore beaucoup plus haut, c'est-à-dire jusqu' à Antistes et à ses contemporains ?.

Faut-il conclure de là que Dion fut, pendant tout son exil (de 82 à 96), c'est-à-dire au moment oü il se servait surtout des écrits diatribiques, un cynique convaincu? Ce qu'il ajoute de personnel. à ses imitations, est-ce l'écho de ses expériences d'ascéte? —

! Sur les parties diatribiques des épitres de Paul et de Jacques, cf. NORDEN,

SALA Kunstprosa, p. 506, n. 1.

? Sur Philon, qui vécut de 25 av. J.-C. à 50 ap. J.-C., cf. HENSE, Rh. Mus.

47, p. 219 sq., et WENDLAND,P/Zj/o u. d. kyn.-st. Diatribe. L'écrit le plus diatribique de Philon est le traité: περὶ τοῦ πάντα σπουδαῖον εἶναι ἐλεύθερον où l'influence: d'Ariston est manifeste.

Or. 193,19:

* Spécialement dans les discours 55, 58, 60, 65, 66 et 78.

Cf. les disc. 5, 6, 8, 9, 10, 13 et 30; cf. DUMMLER, AKademika, p. 30 et. Philologus, 1891, p. 295; SUSEMIHL, Philologus, 1900, p. 148, VON ARNIM, Lebem u. Werke des Dio V. Prusa, p. 256.

6 Or. 13, 15: πλέον ἢ ἔλαττον εἴπω Τί.

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À ces questions, von Arnim !, l'éditeur et le principal exégète de Dion, et d'autres aprés lui, ont répondu affirmativement. Il suffit cependant de lire sans parti-pris l'oeuvre du sophiste, pour approuver le jugement de Hirzel, qui n'y voyait que des «rhetorische Schuldialoge ». L'orateur développe des thémes qui sont redevenus de mode depuis que rhétorique et philosophie se sont identifiées; mais nulle part on ne sent chez lui le ton d'une émotion sincére. Dion n'en a d'ailleurs pour nous que plus de prix, car sa personnalité ne peut guére altérer l'exactitude des documents qu'il nous transmet.

Pas plus que le πίνχξ ᾿ζέδητος, un dialogue plus stolcien que diatribique, les ἀπομνηυιονεύματα de Musonius$ ne pourront beaucoup nous servir. lls nous transmettent une morale d'un ascétisme adouci par une claire compréhension des nécessités sociales et politiques. La rigueur des démonstrations donne à cette œuvre un ton fort différent de celui de la diatribe. Comme tous les moralistes de son temps, Musonius connait cependant Ariston et son style a, dans le détail, beaucoup d'analogie avec celui des disciples de Bion?. Il nous sera donc parfois utile pour compléter nos connaissances sur la tradition philosophique populaire, mais il conviendra d'étre prudent à son égard. Ajoutons encore qu'il parlait latin, ce qui, au point de vue spécial qui est le nótre, est un motif d'élimination.

Epictéte, son célébre éléve, est bien différent; lui aussi, sans doute, conserve les cadres de la philosophie stoicienne, en particulier son panthéisme déterministe et finaliste; lui aussi transforme souvent ce qu'il prend à la diatribe; mais ce n'est pas, comme Musonius, en vue d'une systématisation précise et entachée de casuistique; c'est parce qu'il est avant tout une âme religieuse, dont l'optimisme mystique oriente vers la divinité toutes les aspirations morales. Il savait trés mal le latin *; ses sources sont grecques et appartiennent à deux groupes: les écrits stoïciens et ceux des diatribistes. Il subit l'influence de ces derniers d'une maniére toute particuliére, plus profondément

* VON ARNIM, op. cit., p. 243 et 264-267.

^ HENSE, "Musonii reliquiae, Teubner, 1905.

* Cf. WENDLAND, Quaestiones Musonianae, p. 54, et GIESECKE, De philosophorum veterum quae ad exilium spectant sententiis, Leipz., 1891, p: 40 et 76,

* Cf. HEINZE, De Horatio Bionis imitatore, diss. Bonn., 1889, p. 11.

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méme que Dion, puisqu'il a sincérement cherché à vivre leur doctrine. Ses prédications ont la forme de véritables diatribes; | et le genre ici retourne à ses origines en redevenant un dialogue 4 d'un maître avec ses disciples ! Nous retrouvons, dans toute sa — verdeur, le style bionesque et la pensée cynique s'exprime chez 2. lui avec une amplitude bien rare dans lalittérature?; un pragmatisme intransigeant soumet la morale aux postulats de la con- | science; tout est indifférent aux yeux du sage, sauf ce qui est en. M son pouvoir, c'est-à-dire en lui-méme; il accepte donc la destinée i quelle qu'elle soit, et parvient à la paix parfaite de l'àme. Tels

sont les principes premiers d’où découle toute l'éthique d’Epictète ;

ce sont, nous le verrons, les thémes habituels des diatribistes

sur 1’ χυτάρχειχ. Il nous fallait les rappeler ici pour faire comprendre comment nous entendons utiliser les ceuvres du maitre d'Arrien. Ces thèmes traditionnels, le génie du philosophe sait les mettre — ; dans une lumière toute nouvelle’; mais quand les postulats cyni-

ques et stoiciens sont contradictoires, Epictéte se livre à de pénibles essais de conciliation *.

On le voit: nous ne devons pas attendre, du Manuel ni des Diatribes, des critéres décisifs, mais nous aurons le droit de leur demander des précisions importantes sur ce que nous aurons appris ailleurs.

Nous tirerons davantage de P/utarque. Ses « Œuvres morales» sont l'une des bases principales de toute étude sur la diatribe. TIN |

Comme métaphysicien, ce fut un éclectique hésitant timidement entre les Académiciens, les Stoiciens et les Pythagoriciens; comme moraliste il n'a rien écrit qui ne dépende plus ou moins de la philosophie populaire; il adopte alors un style présentant tous les caractéres que nous avons définis dans notre premier chapitre; les traités offrent une légion de passages parallèles aux fragments de Télès5. Quand la hardiesse d'expression, que lui

! Arrien, haut fonctionnaire romain, ayant entendu Epictète, exilé à Nicopolis, reproduisit les conférences de son maitre dans les “ηιατριβαὶ et I'' Eyxetotótov.

? Cf. spécialement diss. III, 22. Voir aussi 1 24, 6; IV 8, 30 et Man. 15. Cf. BONHÓFFER, Die Ethik des Epiktets, p. 122 sq. ;

" Par:ex, 46742

4 Cf. 1F7; 123, 4 et 1ΠΠ 22, 67-68.

5 Cf. SEIDEL, Vestigia diatribae qualia reperiuntur in aliquot Plutarchi scriptis moralibus, Diss. Breslau, 1906. :

inspirent ses modèles, l'inquiéte un peu, Plutarque l'adoucit seulement d'un ἴσως σφοδρότερον ou d'un χυνιχώτερον d'excuse. Ajoutons 'enfin que tous les Cyniques notoires tiennent une large place dans son ceuvre et qu'il fit une Vie de Cratés recommandée par Julien !. |

Beaucoup de savants ont étudié ces rapports entre Plutarque et la diatribe; ils ont découvert que l'auteur des Moralra avait utilisé surtout les ceuvres d'Ariston de Chios?. Nous savons en outre par Plutarque lui-même qu'il n'apprit le latin qu'à l’âge de soixante ans et ne l'a jamais bien su?; il a employé des sources latines pour ses travaux historiques, mais dans ses ouvrages qui touchent à la philosophie il ne montre qu'une connaissance assez vague et peut-étre indirecte de deux livres latins seulement: le Cato maior de Cicéron et les Epitres d'Horace.

Jusqu'à présent on a reconnu? dans 25 traités de Plutarque 5, admis comme authentiques, l'influence de la diatribe; il y en a 4 autres oü j'ai trouvé les mémes signes évidents d'une source bionesque et dont je me servirai aussi comme de points de comparaison. C'est d'abord le De inimicorum utilitate, où Diogene et Cratés sont cités en exemple (chap. 2); où Plutarque rappelle l'interpellation cynique de Zénon à la fortune: « I9 γε; o Τύχη, ποιεῖς,

εἰς τρίβων συνελχύνουσχ $422.» 1 Où il cite des chries sur Diogène

! Or. VI, 200 B.

? HEINZE, Ariston von Chios bei Plutarch und Horaz (Rh. Mus. 45, p. 497 sq.). HENSE, Ariston bei Plutarch (Rh. Mus. 45, p. 541 sq.) et GIESECKE, OD. cit p; 92, 57, 65, eto.

* De vita Demosthenis, 2.

* Cf. HARTMANN, De Plutarchi studiis latinis, Mnemos. 1906, p. 307-316; SCHRÔTER, De Ciceronis Catone maiore, diss. Leipz., 1911.

. 5$ Outre les ouvrages déjà cités de Weber, Heinze, Hense, Giesecke, Seidel, cf. HARTLICH, Leipz. Stud. XI, p. 276; BRUNS, Rh. Mus. 43, p. 86; NORDEN, Kunstprosa, p. 393, n. 2; GERHARD, Phoïnix p. 43.

5 De tranquillitate animi, De exilio, De cupiditate divitiarum, De curiositate, De fortuna, De virtute et vitio, Amatorius, De adulatore et amico, An vitiositas ad infelicitatem sufficiat, De cohibenda ira, Virtutem doceri posse, De superstitione, De amicorum multitudine, De Alexandri arte, Aqua an ignis sit utilior, Bruta animalia ratione uti, Quomodo adulescens poetas audire debeat, Cum principibus philosophandum esse, Animi an corporis affectiones sint peiores, Quaestionum convivialium libri 11, IV et VII, De sera numinis vindicta, De vitioso pudore, De profectibus in virtute, De audiendis poetis, Adversus Coloten.

7 Chap. 2: cf. DIOG. L. VII, 5; Gnomol. vatic. 298, Wiener Stud. X, p. 243, etc.

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(4) et sur Antisthéne! (6); où enfin les comparaisons diatribiques les plus significatives se retrouvent(2, 3). Des traits semblables apparaissent dans le De virtute morali (1 et 8), accompagnés de chries sur les cyniques(2). Quant aux Coniugalia praecepta, ils sont diatribiques dans leurs développements sur le luxe des vétements et contre l'adultére; ils contiennent une chrie sur Cratés (26). Le chapitre 7 du De defectu oraculorum met en scéne le Cynique Didymos dont les propos sont l'écho d'une diatribe contre les oracles; on se rend compte qu'elle montrait la sottise des questions posées au dieu et admirait, avec une ironie que Plutarque n'a pas voulu trop clairement imiter, la patience inlassable des divinités.

On trouvera plus loin une étude spéciale des sources du De esu carnium et des De sanitate praecepta. |

L'importance de l'influence diatribique dans l’œuvre morale du polygraphe est évidente; il convient cependant de remarquer qu'elle n'est probablement une source unique d'inspiration pour aucun des traités de Plutarque. ll nous a fait connaitre sa méthode de travail à propos du plus diatribique de ses écrits: sur chaque sujet, il a des fiches (fragments de diatribes, chries, opinions de philosophes, récits historiques), où il puise quand il COmpoSe: « ἀνελεξάμην περὶ εὐθυλίχς ἐχ TOY ὑπουνηλάτων ὧν ἐξ λχυτῷ πεποιη λίνος ἐτύγχανον 5,» Malgré la diversité de ses matériaux, remarquons cependant qu'il soutient bien rarement une opinion contraire à celle des philosophes populaires ?.

Le probléme des écrits apocryphes de Plutarque n'est pas

! Cette derniére chrie est attribuée à Diogéne dans d'autres traités de Plutarque (De prof. in virt., 11; De adulat. et amico, 36). S'il avait cité de. mémoire dans le De inimicorum utilitate, il eût nommé le cynique-type, Diogéne, auquel les sources du De profect. et du De adulat. rapportaient la chrie; il s'en tient au contraire fidèlement à la diatribe qui lui sert de modèle; il conserve le style cynique et l'attribution exceptionnelle de sa citation: ἐχθρῶν. C'est à Antisthéne en effet qu'une tradition diatribique attribue des. pensées sur l'utilité des ennemis (Diog. L. VI 12).

? De tranquillitate animi, 1.

? Cf. HEINZE, Rh. Mus., 1890, p. 514, n. 1. Plutarque critique Bion une seule fois, parce qu'il ne l'a pas exactement compris : il a confondu les éloges. d'encouragement et ceux de la flatterie (De adu/atore et amico, 16). Ill se montre là d'un cynisme plus intransigeant que Bion. EICKE, Veterum philosophorum qualia fuerint de Alexandro magno iudicia, p. 55, signale avec . raison que, dans son jugement sur Alexandre, Plut. s'écarte de la sévérité cynique. (De fort. Rom., 13). C'est inexact pour le De tr. an., 4.

encore résolu; plusieurs des ouvrages que, depuis le travail de: Volkmann !, on a pris l'habitude d'exclure des œuvres morales, méritent fort peu d'étre suspectés. Quel qu'en soit d'ailleurs Tauteur, certains sont inspirés par la diatribe. Cette influence a déjà été prouvée pour la Cozso/at/o ad Apollonium et le De educatione puerorum. On doit, à mon avis, considérer également comme diatribique un écrit qui n'est qu'une collection de matériaux rassemblés pour des œuvres à rédiger, et qui, s'il est de Plutarque, nous livre comme un des tiroirs de son fichier. Il s'agit des Apophthegmata laconica. Ce recueil met dans la bouche de Spartiates notoires ou anonymes (Λάχων «;) des phrases extrémement cyniques contre la rhétorique (208 C, 3), les mystères (224 E, 3), les médecins (231 A, 4 à 7) et diverses déclarations ascétiques ? (208 C, 2; 224 B, 17; 228 B, 18, etc); tout est exprimé dans le style des chries diatribiques.

ll y a moins à trouver pour nous dans l'euvre de Marc- Aurèle. Comme Epictète, son maitre, il s'inspire du panthéisme: finaliste, mais il est plus fidéle encore à la métaphysique fataliste des Stoiciens: la solidarité de tous les humains est le principe central de son éthique, et le César philosophe réussit à le concilier avec son patriotisme religieux. Cette doctrine est absolument étrangère à la tradition diatribique. L'influence d'Epic-téte se manifeste cependant dans de nombreuses affirmations, pragmatistes du Ets ξχυτόνϑ, |

Sous son règne le cynisme refleurit et Zucien, son contemporain, nous fournit des renseignements essentiels sur le - σπουδογέλοιον d'autrefois.

Quand le rhéteur de Samosate, approchant de la quarantaine, eut assez de l'enseignement et voulut acquérir la gloire que lui promettait son talent de satirique, ce fut Ménippe surtout qu'il étudia*, à cóté des grands comiques grecs. La forme de la satire cynique lui plaisait beaucoup et son imitation fut surtout

! Leben, Schriften und Philosophie des Plutarchs, Berlin, 1869.

? Les Instituta laconica, également considérés comme apocryphes, contiennent les mémes idées sur l'ascétisme des Spartiates (4; 5; 13; 26).

? |l, 2: ἄφες τὰ βιβλία. Cf. quelques souvenirs du cynisme primitif: IL 15; VI 13; VI 47 ; une citation d'Antisthéne faite par Epictéte (diss. IV 6, 20) se retrouve dans Marc-Auréle, VII 36.

* Bis accusatus, 33; le Dialogue reproche à Lucien d'avoir imité xai ένιππόν τίνα TOv παλαίων xvvov μάλα ὑλαχτιχόν.

us Ds littéraire; tous les moyens de contróle dont nous disposons ont permis de prouver que les écrits de Lucien donnent une image exacte de la production ménippique !. Les idées aussi du célèbre : satirique devaient séduire tout particuliérement Lucien et lui -offrir les moyens de multiplier ses attaques contre ses contemporains. Ill voulut en effet prendre avant tout comme cible de ses plaisanteries les gens gonflés d'une importance illusoire et ceux qui exploitent le crédulité, les préjugés et les superstitions.

Plusieurs dialogues (parmi eux la Mekyomanteia et 16 des Dialogi mortuorum) ont des grands Cyniques comme héros 5. Toute la doctrine négative de la diatribe, Lucien la fait sienne; il se sert de la propagande antireligieuse des philosophes populaires, de leurs traités contre la divination etles Stolciens ?; il développe leurs lieux communs contre les riches δὲ 168 puissants *.

Mais va-t-il jamais jusqu'à aliéner sa liberté de sceptique * — Lucien veut rester au-dessus et en dehors de toutes les écoles; son /Yigrinus nous dévoile un platonisme posidonien mêlé à des traits diatribiques; dans l’A/exander, il se rapproche des Epicuriens; enfin et surtout, pour mieux montrer sa neutralité, il lance ses fléches contre tous les partis, et n'épargne pas, à l'occasion,

le cynisme”. Cette polémique générale souleva contre lui toute -

la gent philosophique et Lucien fut réduit un instant à la défen- : sive. Dans le P/scator et le Bis accusatus, il daigne parler sérieusement et explique qu'il n'en veut qu'aux faux sages, à la lésion des précheurs paresseux, des ascètes hypocrites et sloutons, et à tous ceux qui s'enveloppent du manteau cynique pour cacher leurs vices. Α cóté des charlatans il y a, dit-il, de vrais philosophes, de sincéres Cyniques. En attaquant les faux sages, Lucien restait fidéle à la tradition. de Ménippe et de tout

! Cf. HELM, Lucian und Menipp, Teubner, 1906.

? Dial. 1-3, 10-11, 13, 16-18, 20-22, 24-28; cf. aussi Charon, Gallus, Navigium Convivium, De mer ded ddnde

? Jupiter tragcedus, lupiter confutatus, De luctu.

* Timon, Gallus.

? Cf. Hermotimus, la fin d'/caromenippus, et aussi la Vitarum auctio que Bruns (Rh. Mus. 43, p. 86-103 et 161-196) rattache au Piscator par une suite d'hypothéses bien compliquées. A vouloir, par des rapprochements d'ordre philosophique, faire de rigides groupes chronologiques dans l’œuvre de Lucien, on méconnait le nihilisme doctrinal de l'auteur: il n'a jamais mis de bornes logiques à sa fantaisie.

un p cas

le σπουδογέλοιδν !, Il le fait surtout dans les Fugitivi et le De morte Peregrini, oü il stigmatise les contradictions entre les actes et les paroles de certains précheurs.

L'œuvre de Lucien offre donc une foule de documents d'une importance capitale; mais il importe de les utiliser avec précaution, en tenant compte du caractére ondoyant et du septicisme de ce satirique. Savait-il le latin? — C'est fort probable?; mais il ne semble pas qu'il ait lu beaucoup d'auteurs romains’. Un doute subsistera néanmoins à ce sujet et nous imposera une extréme prudence.

Il n'en est pas de méme chez Maxime de Tyr qui considère encore comme des barbares ceux qui se servent de la langue de Cicéron; à cóté de longs développements de mysticisme stoicoplatonicien, ses diatribes traitent tous les thémes ordinaires de la philosophie populaire; ses sources ne sont guére anciennes.

Laissons de côté Æiéroclès*, dont les fragments conservés par Stobée sont d'un stoicisme en général trop scientifique pour nous être utiles; négligeons aussi C/ément d'Alexandrie qui reproduit Musonius, Philon et de nombreux gromologiaÿ, et venons-en tout de suite à Ga//er, le seul auteur du second siécle qui soit pour nous une source importante. Le grand médecin, voulant que ses éléves eussent une culture générale, composa à leur intention quelques ouvrages Isagogiques, entre autres un traité-de morale, lé «»»tpswux2; ἘΠῚ τατριλῆνι Galien a beau être éclectique et se rattacher d'une.maniére générale à Chrysippe et à Aristote; il a fait là une ceuvre oü les traits les plus caractéristiques de la diatribe se retrouvent, depuis les citations épiques jusqu'aux comparaisons traditionnelles. Les thémes sur l'instabilité de la fortune et contre les biens illusoires, les allusions fréquentes aux Cyniques, tout cela ne laisse aucun doute sur l'origine du προτρεπτιλός δ; mais on y reconnait aussi l'influence de

sh

! Dioc. L. VI, 101 cite un écrit de Ménippe πρὸς τοὺς φυσιχοὺς xai. μα θηματιχοὺς xaL γραμματιχοῦς.

? Cf. Pro lapsu in saltando, 13 et Quomodo historia conscribenda sit, 15.

* Cf. HEINZE, De Horatio, etc., p. 13. LEJAY (Sat. d'Hor., Introd.) exagére beaucoup les possibilités d'une utilisation des satires d'Horace par Lucien.

* Cf. PRAECHTER, /7ieroc/es der Stoiker, Leipz., 1901.

* Clément est surtout diatribique dans la 2"* partie de son ceuvre, le παιδαγωγός.

5 Cf. ed. KAIBEL, p. 5 à 13, chap. 5-9.

Posidonius!; ce médecin préche le mépris du corps: son ascétisme est en partie de source mystique.

Il faut aller maintenant jusqu'au IVme siècle pour trouver des documents intéressants. Les premiers que nous rencontrons ressemblent à ceux que fournit Galien.

Thémistius, un rhéteur péripatéticien, a laissé un discours qui est une parfaite diatribe?, mais où passe aussi çà et là le souffle de Posidonius; ce sont les premiers Cyniques qu'il glorifie?; ce sont les thèmes diatribiques qu'il aime à développer avec leurs typiques comparaisons. Thémistius ignorait le latin.

Un rhéteur contemporain, Libanius, méprise profondément cette langue et cela nous autorise à employer son περὶ δουλείας Où il expose des paradoxes diatribiques sur la liberté des esclaves vertueux et l'esclavage réel des mauvais maitres. Une comparaison avec des fragments du περὶ Σουλείχς de Bion‘ fait voir qu'il se servait de sources fort anciennes. On s'intéressait autour de lui. aux origines lointaines de la sophistique; son souverain et protecteur lui donnait en cela le meilleur des exemples.

L'empereur /ulien, en effet, fit revivre dans ses satires la tradition ménippique, et si quelques-unes? d'entre elles paraissent une imitation de Lucien, les Caesares et les Misopogon remontent directement aux origines cyniques. On y trouve des parodies et un mélange de tous les genres qui ne laissent aucun doute sur l'influence immédiate de Ménippe. |

Julien abandonne souvent son platonisme religieux pour le cynisme et ne se préoccupe pas des contradictions qui sont la rançon d'un pareil éclectisme. Le 6me et le 7me discours, ainsi que la lettre à Thémistius, représentent les tendances ordinaires de la philosophie populaire. |

Telles sont les œuvres principales auxquelles on peut avoir recours pour connaitre la diatribe; je n'ai pas nommé tous les

1 Kaibel (p. 43) veut que la diatribe qui sert de source à Galien lui soit parvenue par un intermédiaire stoicien; je ne comprends pas ses raisons puisqu'il admet ailleurs l'utilisation d'une seconde source stoicienne.

? Ce texte a une étrange histoire: écrit vers 380, il a été conservé dans une adaptation syriaque du VlI"* siècle; nous ne pourrons le citer que d'aprés la traduction allemande qu'en ont donnée BüCHELER et GILDEMEISTER, Rh. Mus. 27, p. 439.

? Cf. THEMIST. 25.

* STOB. III 2, 38 (Hense, p. 187); cf. DioG. VI 66 et LIBAN. XXV 24 et 68.

5 Cf. HELM, Patin und Menipp, p. 79et 205.

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polygraphes qui, comme Athénée, citent abondamment les Cyniques, ni les poétes, tels que Kerkidas ou Phoinix, qui se rattachent au mouvement bionesque et dont nous avons quelques fragments par des papyrus; ni enfin les écrivains trés postérieurs, Jean Chrysostome, Grégoire de Naziance!, Boèce et tant de sermonnaires, qui ont subi l'influence de la diatribe. Leurs sources sont trop mélées d'éléments romains pour qu'on puisse en faire état dans cet ouvrage.

Il est possible, gráce aux textes importants que j'ai énumérés, ' d'acquérir de toute la tradition diatribique une suffisante connaissance. Avant de proposer, d'aprés ces documents, un classement pratique des thémes de la diatribe, il importe d'expliquer leurs nuances et leurs contradictions par une trés bréve histoire de la doctrine philosophique populaire.

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