S OB DISC
? Epist. 64. 2 et 3; Mat. Quaes. VII, 32, 2.
* Epist. 59, 7. Cf. HIMERIOS, Photii Biblioth. p. 366 a 38 Bekker: θρηνῶ viv ὃν Σ'εξτίου xagitgtxóreQov.
* Nat. Quaest. VII, 32. 2. |
* SUET. De Grammat. 18; SEN. Controv. Il pr. 4; QuiNTIL. Δ O. X, 1, 124.
' Sextio Nigro qui graece de medicina scripsit, dit PLINE au livre I de la Nat. Hist. à propos des sources des livres XII-XVI, XX, etc.
* Cf, WELLMANN, Sextius Niger, Hermes, XXIV, p. 530, à propos du περὶ ὕλης de Niger.
? EROTIAN. 133, 4 et STRECKER, Hermes, XXVI, 292.
verrons plus loin. Son activité médicale, qui s'étend sur le premier siècle aprés ].-C., n'est importante à notre point de vue qu'en ce qu'elle précise une des orientations essentielles de la doctrine sextienne, la tendance hygiéniste de la morale. . Sextius Niger trouva un continuateur en CELSUS. Ce polygraphe ne se rattacha à l'école sextienne qu'aprés avoir achevé | l'eeuvre médicale qui nous a été conservée; elle ne contient en effet aucune allusion à la pensée de Sextius. Bien qu'il n'y ait pas lieu de mettre en doute la phrase de Quintilien: Scripsit non parum multa Sextios secutus non sine cultu ac nitore !, la personnalité du compilateur encyclopédique n'a pour nous qu'un intérêt : nous nous trouvons en présence d'un homme que son activité antérieure, en rhétorique d’abord ?, en médecine ensuite, devait nécessairement, à cette époque, rapprocher de l'école nouvelle. À en juger par ce que nous connaissons de son œuvre, il ne dut faire en philosophie qu'un travail de vulgarisateur et de médiocre traducteur? ; il orienta peut-être d'autres savants, Columelle .et Pline l'Ancien, vers la morale pratique en rapport avec l'hygiéne. Son activité nous permet de fixer sous Tibère * l'aboutissement de la bréve évolution sextienne dans le domaine scientifique. | Tout autre est l'intérét que présente pour nous le róle du rhéteur PAPIRIUS FABIANUS. Afin de répandre plus rapidement ses idées et de multiplier leur force d'expansion, Sextius s'était adressé aux éducateurs de la jeunesse; ce sont eux qu'il conquit tout d'abord à sa morale; ce sont eux qui devinrent ses véritables successeurs. Les maitres en vogue, de leur cóté, voyaient le succés des nouvelles idées. Dans leur concurrence avec les philosophes, ils furent les vulgarisateurs des doctrines à la mode et se répandirent en déclamations contre l'avidité, le luxe et les
! QUINTIL. /nst. Or. X. 1, 124. La graphie Scepticos pour Sextios de quelques manuscrits est fort explicable, étant donnée l'ignorance oü l'on se trouva vite au sujet des Sextiens. Le changement de Scepticos en Sextios est au contraire invraisemblable. Cf. SCHANZ, Rh. Mus. XXXVI, p. 183.
* QUINTIL. IIl, 1,215 IX, 1, 18, etes; JUVEN. VL 245.
? QUINTIL. XII, 11, 24: Ce/sus, mediocri vir ingenio. Cf. DiELS, Doxographi,
p. 183; WELLMANN, Hermes XXIV ; SCHWABE, Hermes XIX. Ce dernier identifie .
avec raison le Celse dont parle Quintilien et celui de St-Augustin (de haeres. prol.). La réfutation de SCHANZ (Rh. Mus. XXXVI) est une erreur. |
* Cf. PLINE, Nat. H. XIV, 33 et FRIEDLAENDER, Siftengeschichte Roms III, 728. |
craintes superstitieuses. Ce zèle de néophyte ne suffit plus bientôt à beaucoup de leurs auditeurs. Papirius Fabianus, l’un des mieux doués des disciples d'Arellius Fuscus, trouva que son maître manquait de hauteur morale !; avec un assez grand nombre de ses camarades, il passa à l’école de Sextius vers l'an 15 avant J.-C.? et, devenu propagandiste à son tour, il suscita de nombreuses vocations de missionnaires sextiens.
Il renonça, comme son nouveau maitre, à tous les honneurs publics?, mais il n'abandonna pas son activité de rhéteur. Sénèque insiste sur ce point: A//quando, cum Sextium audiret, nihilo minus declamitabat, et tam diligenter, ut putares illum illi studio parari, non per illud alteri praeparari*. M s'exergait encore auprès de Blandus, mais rion eloquentiae causa»; c'est pour ses combats de propagandiste moral qu'il ne cessait de s'armer ainsi de toutes les ressources de l'art oratoire. Son caractére, moins entier que celui de Sextius, est tout aussi attachant ; nous le connaissons plus complétement, et les nuances qu'il nous offre le rendent plus vivant encore à nos yeux. ll est un honnête homme, un bonus vir, plus encore qu'un puissant orateur?: certains traits de timidité ont étonné ceux qui admi- . raient sa forte personnalité ", mais ils confirment pour nous l'impression de profonde sincérité que donnent ses fragments. Nous sentons que nous avons affaire à un véritable apótre de la restau-
! Son éloquence était, nous dit SÉNEQUE LE PÈRE, mollior quam ut illam tam sanctis fortibusque praeceptis praeparans se animus pati posset (Controv. 11 praef. 1).
? Sénéque le Père est né en 55 av. J.-C.; Fabianus était au moins d'une vingtaine d'années plus jeune (Ego fanto minorem natu, quam ipse eram, audiebam, dit-il, Controv. ll pr. 4). C'est encore fort jeune que Fabianus devint Sextien: Apud Blandum diutius quam apud Arellium Fuscum studuit, sed cum iam transfugisset, eo tempore quo eloquentiae studebat, non eloquentiae causa. D'autre part, Sénéque l'entendit déclamer avant son départ pour l'Espagne, qui eut lieu en l'an 13. Cf. BORNECQUE, Les déc/amateurs, p. 185.
? Controv. II, pr. 3. SÉNÈQUE s'adresse à Mela, son fils, et, lui parlant de la carrière philosophique de Fabianus, il lui dit: Video animum tuum a civilibus officiis abhorrentem et ab omni ambitu aversum hoc unum... concupiscere.
* Controv. II, pr. 4.
* Cf. note 2.
* Controv. I, 5, 18: Colorem magis bono viro convenientem... quam oratori callido.
? SEN. Epist. 11, 4: Fabianum cum in senatu testis esset, erubuisse memini.
De ees - | ;
ration morale. Sénèque le Philosophe ! parle de lui comme d'un Romain de l'ancien temps: Mon ex his cathedrariis phitosophis sed ex veris et antiquis.
Son œuvre était fort étendue, puisque le nombre "n ses écrits scientifiques et moraux dépassait celui des traités philosophiques de Cicéron ?. De toute cette littérature, nous ne connaissons les titres que de trois ouvrages. Les Zibri Causarum Naturalium, au nombre de trois au moins, sont une des sources des Questions Naturelles de Sénéque?. Les allusions de Pline l'Ancien, qui s'est beaucoup servi de Fabianus, nous montrent qu'il s'est occupé de géographie, d'ethnographie, de physiologie, de zoologie, de botanique et de minéralogie’. On a pu reconnaitre que
Fabianus y utilise Berosus et Posidonius *. Le De Animalibus cité
par Charisius * pourrait être une partie des Causae. Quant aux Libri Civilium 5, traité politique, nous n'avons aucun renseignement précis sur son contenu.
Les Sextiens, qui, nous le montrerons plus loin, ont basé - la littérature diatribique leur propagande morale, n'ont pas restreint leur curiosité au domaine traditionnel de la philosophie populaire. Les publications de Fabianus, comme celles de Sextius Niger, sont des ceuvres de vulgarisation scientifique et se rapportent à des sujets restés jusqu'alors en dehors de la prédication parénétique. ll y a là un trait d'adaptation romaine sur lequel nous aurons à revenir. Sextius et son fils sont, avec Fabianus, les trois agents principaux de la. rénovation diatribique sous Auguste. Les documents que nous possédons sur eux suffiront à
! De Brevitate vitae, X, 1.
. ? SEN. Epist. 100,9: (Ciceronis libri) ad philosophiam pertinentes paene totidem sunt quot FS ie
? Cf. Nat. Quaest. Ill, 27, 3, sur le déluge. Le titre de l'ouvrage de Fabianus est la traduction des nombreüx livres grecs intitulés Αἰτίαι óvoixaí; il est |
fourni par CHARISIUS, Gramm. Lat. 1, 106, 14 et par DIOMEDES, Gr. Lat. I, 319, 22.
^ PLINE indique Fabianus dans la liste des sources de 14 livres de l'Hist. Nat. Cf., en particulier, XXXVI, 125.
? Nat. Hist. 1l, 224 ; XII, 9,4: XV, 2, 15 XVIII, 68,115 XXI ΘΕ Ί.
5 Cf. ODER, Ein angebliches Bruchstück Demokrits über die Entdeckung
unterirdischer Quellen, Philologus, Suppl. VII. Un texte significatif, à cet
égard, se lit dans PLINE, Ν. 77. II, 224. ? Gramm: Lat. l, p. 105.
"SEN, V pist* 100, M.
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