Τῇ. δὃ GU Od d
6 SEN. Epist. 73, 12-13; la fin du développement (73, 14) où le sage est considéré comme moralement supérieur au dieu (Juppiter uti illis non potest, sapiens non vult) parait une amplification oratoire due à la plume de Sénèque. Cf. de méme Epist. 59, 14: cum dis ex pari vivit.
TUEPDISÉ 43.5.
* Cf. thèmes 52 et 53.
? Cf. FABIANUS apud. SEN. Suas. I, 9-10. Cf. th. 12a.
1 Ch. th. 20 et corollaires.
un des développements que Fabianus ne se lasse pas de reprendre: Dixit deinde locum de varietate fortunae et cum descripsisset nihil esse stabile, omnia flurtare... deinde exempla regum e fastigio suo devolutorum adiecit !. — Quid tandem est quod non divitiae corruperint ? O paupertas, quam ignotum bonum es?! Conformément à la thèse diatribique ?, il montre que la guerre est causée par l'avidité humaine: /Yo// pecuniam concupiscere. Quid tibi dicam? Haec est, quae auget discordiam urbis et terrarum orbem in bellum agitat, humanum genus cognatum natura in fraudes et scelera et mutuum odium instigat*. À la suite des diatribistes cyniques ὃ, il est amené par son antimilitarisme au paradoxe de la supériorité des animaux sur les hommes : Ecce instructi exercitus saepe civium cognatorumque conserturi manus constiterunt... quae causa hominem adversus hominem in lacinus coegit? Nam neque feris inter se bella sunt, nec, si florent, eadem hominem deceant.
Bien que tous les textes cités ici soient de Fabianus, il n'y a aucun doute que l'ascétisme et le pacifisme. du disciple ne soient un écho de l'enseignement du maitre. La preuve nous en est donnée par Sénéque le Philosophe, qui déclare que le végétarianisme de Sextius découle de sa propagande contre la « cruauté » et le «luxe » 7.
Ce point de la doctrine des Sextiens ὃ est un des plus importants et des plus délicats qui se présentent à nous. Résumons d'abord le texte de Sénéque (epist. 108). Le philosophe y expose à Lucilius quelles influences il a subies dans sa jeunesse. Attalus lui a inspiré le désir d'une conduite ascétique; c'est Sotion qui lui a communiqué son enthousiasme pour Pythagore, et Sénèque a voulu suivre l'exemple de l'ancien sage de Samos en s'abstenant de toute nourriture animale.
! SEN. Suas. 1, 9.
SEN. Controv. Il; 1,-11, 13; cf. II; 1,25.
3 Cf. th. 83 b.
* SEN. Controv. I, 6, 2.
* Cf. PS. HERACL. Epist. 7, 6 et 7; ed. Hercher p. 285 ; DION; Or. 48, 15.
9 CESSEN; Controvi1; 1, 107 Cf:11.6,2.
7? SEN. Fpist. 108, 18.
* Cf. ZELLER (op, cit. IIl, 2) et SCHMEKEL, Philosophie der mittleren Stoa; tous deux concluent de la lettre 108 que les Sextiens sont des Pythagoriciens et que Sotion, le maitre de Sénèque, appartient à leur secte. Nous arrivons à des résultats tout différents.
Or Sotion est pythagoricien; cela ressort clairement de tout le passage de Sénèque !. A côté du végétarianisme qui est le sien, il cite à son jeune élève celui de Sextius et oppose nettement la tendance métaphysique de Pythagore et celle du philosophe romain, qui est exclusivement morale et hygiénique ?: Sotion dicebat quare ille [Pythagoras] animalibus abstinuisset, quare postea Sextius. Dissimilis utrique causa erat, sed utrique magnifica. Hic homini satis alimentorum citra sanguinem esse credebat et crudelitatis consuetudinem fieri, ubi in voluptatem esset adducta laceratio. Adiciebat contrahendam materiam esse luxuriae. Colligebat bonae valetudini contraria esse alimenta varia et nostris aliena corooribus. At Pythagoras omnium inter omnia cognationem esse dicebat et animorum commercium in alias atque alias formas transeuntium.
Sotion développe longuement cette seconde these, à laquelle il ajoute tout le poids de son autorité sur son disciple?: //aec cum exposuisset et implesset argumentis suis, « non credis » inquit «animas in alla corpora atque alia discribi et migrationem esse quod dicimus mortem ? » Aprés avoir accordé en passant l'hommage d'une élogieuse comparaison (utrique magnifica) à l'opinion de Sextius, il néglige le diatribiste romain et ne pense plus qu'à sa propagande pythagoricienne. Il faut cesser de rattacher Sotion aux Sextiens, comme on l'a fait trop longtemps ; on renonce du méme coup à l'erreur qui consiste à faire des Sextiens des disciples «libres » ou « lointains » de Pythagore *.
Passons en revue les motifs invoqués par Sextius pour s'abstenir de la chair des animaux.
Le premier argument consiste à reprendre le thème 53 à de notre catalogue : 'H οὐ μεσταὶ μὲν xi. ὁδοὶ, x d, πλήρεις δὲ αἱ ueni ὑδχτος ὃ; L'homme trouve assez d'aliments autour de lui sans détruire des vies d'animaux.
' DIELS (Doxogr. 255) a montré que ce Sotion est l'auteur du περὶ ὀργῆς dont STOBÉE (III 20, 53) nous a conservé un fragment; il l'a définitivement distingué des Péripatéticiens contemporains.
? Epist. 108, 17 et 18.
* Epist. 108, 20 sq. ; on sait à quel point depuis le milieu du premier siècle avant J.-C., le pythagoréisme s'était développé dans le monde romain.
* Les méprises de Zeller ont été répétées à satiété dans les histoires littéraires, comme dans les histoires de la philosophie.
POTELES TL E
OT cu
En second lieu: s’il se laisse aller au plaisir de déchirer des chairs, l'homme s'habituera à la cruauté ! ; c'est là une thèse dont nous avons déjà vu le développement pacifiste chez Fabianus.
Mais tout cela n'est que secondaire pour Sextius, dont les pensées .ont été présentées par Sotion (si les souvenirs de Sénéque sont vraiment fidéles) dans un ordre arbitraire. Le principe moral, dont le végétarianisme n'est qu'une application particuliére, intervient enfin : c'est pour obéir à la loi d'ascétisme, de victoire de l'homme sur lui-méme, de lutte contre la volupté et contre le luxe sous toutes ses formes, qu'il convient de renoncer à manger de la viande: Adicrebat contrañhendam materiam esse luxuriae. C'est, nous le savons, en vertu du méme idéal que les philosophes populaires enseignaient l'abstention de toute chair *.
La conclusion que donne Sotion au résumé qu'il fait de la doctrine sextienne est aussi conforme à la pensée diatribique que l'étaient les prémisses de son exposé. Sextius y présente en fait la justification de l'ascétisme en le basant sur certaines observations d'hygiéne?. La démonstration, on le voit par la phrase de Sénéque, devait étre plus précise chez le propagandiste romain qu'elle ne l'est dans les lettres apocryphes des Cyniques #, mais l'inspiration est exactement la méme : plus la nourriture est frugale, plus l'homme est sain de corps et d'áme.
On le reconnait maintenant avec évidence: il n'y a pas, dans une seule des idées attribuées par Sotion à Sextius comme arguments en faveur du végétarianisme, le moindre contact avec la pensée pythagoricienne. La conclusion pratique peut étre la même ; l'opposition intellectuelle est absolue ; c'est ce que Sotion montrait surtout à son élève (dissimilis... at Pythagoras...), et ce qui transparait dans le récit de Sénèque en dépit du peu d'intérét immédiat que le maitre et le disciple devaient attacher à cet antagonisme.
On ne peut pas en inférer que Sextius lui-méme ait, dans son enseignement, pris vivement parti contre les réveries métaphy-
! Cf. thémes 31 d et 72 5.
* Cf. thèmes 28, 29 et 30; tout le sermon de Télés sur la vie de Cratès montre la méme suite de pensées, mais la conclusion est plus générale et concerne l'ascétisme dans le vétement, l'habitation, etc., aussi bien que dans l'alimentation.
? C'est le thème 52 d.
* Cf. Ps. DioG. Epist. 28, 4-5 et 34, et l'épitre de Ps. MÉNIPPE.
… RAD Pact ACTAS WA
siques des Pythagoriciens, ses contemporains. Il n'était pas dans son caractère de suivre en cela les traces de Ménippe ! et de Varron?. Sur le sujet méme qui nous occupe, on peut trouver en effet dans la littérature diatribique l'écho d'une polémique contre la conception pythagoricienne du végétarianisme: lorsque les disciples de Bion disent qu'il n'y a rien de monstrueusement tube dans le fait de manger de la chair (vina oce atn EURE ζῴων. τινὸς . γεύσχσθχ: ὅ), ils ne battent nullement en brèche leur
frugalité végétarienne ; ils démontrent les conséquences absurdes
de la doctrine de Pythagore, qui considérait comme un forfait religieux ce qui est une faiblesse morale. Etant donné le crrcu/us naturel entre tout ce qui vit et meurt, le blé est autant notre
parent que l'animal; d'ailleurs, la coutume des barbares qui
dévorent de la chair humaine enlevait à leurs yeux leur caractére « naturel » aux dogmes pythagoriciens : M2! ἀνόσιον, εἶν 1.) τὸ 90 τῶν ἀυθοωπείων. ἀρξῶν abat, ὡς δῆλον 24 τῶν ἀλλοτρίων 5009... κὰν (xo. EV τῷ ἀρτὼ χρέας εἶναι (DIOG. VI'73).
Sextius basait aussi son végétarianisme sur une conception volontariste de la morale et faisait de l’x:x15:: le fondement de son éthique; mais il était trop Romain pour utiliser, dans une polémique, les paradoxes les plus outranciers des premiers diatribistes. Il y a plutôt lieu de croire qu'il s'en est indigné et qu'il s'est servi de certains arguments pythagoriciens sans y attacher une importance considérable, comme un éclectique qui utilise pour ses fins toutes les idées dont il a connaissance.
Cette attitude ne l'a pas empéché de donner à l'ascétisme le premier róle dans sa doctrine. L'importance de ce facteur se trouve confirmée par le témoignage de Plutarque. Lorsqu'il en vient à citer Sextius !, de quoi parle le grand polygraphe, sinon justement de l'exercice moral aplanissant la route de la vertu£ Ce ne peut étre un hasard, non plus que le paralléle qu'il est amené à faire entre Sextius et Diogene.
Mais quelle connaissance Plutarque a-t-il des Sextiens*? C'est là un des «ἃ cóté » du probléme qui nous occupe, et nous ne pouvons le négliger.
! Cf: p. 39, note.10.
"CE nat02: