S4 IBAT
* Corp. Tibullian. MI 3, 31 sq.
*-PROP. Ill 5, 5 sq.
2 Jbid:. 13:.sq.5. cf. 1H 18; 19. sq..6t 23. δ (th 2910),
9 TiB. 110. 39:42 ; II. 3. etc.
7 PROP. III 7, 43-46; II] 13, 25-32 etc.
"Ow Pont; 48,5188.
? TiB. 1 3, 35-48; I 10, 7-10; II 3, 65-74.
Le BO0 τα
Ovide a des sources plus nombreuses: il se sert d'Horace décrivant les Iles Bienheureuses !, et surtout d'Hésiode et d'Aratus entre lesquels il fait une moyenne: le premier distinguant cinq époques?, et le second trois?, Ovide se décide pour les quatre áges symbolisés par l'or, l'argent, le bronze et le fer. Dans ses descriptions il imite Aratus plus volontiers qu'Hésiode; comme le premier, il abandonne en effet l'idée que les hommes de l’âge d'or ne connaissaient ni la maladie ni la mort; cela nous montre qu'Aratus déjà a subi l'influence d'un intermédiaire diatribique : dans cette tradition, ni la mort ni la vieillesse ne pouvaient étre considérées comme des maux. Ovide insiste (et c'est là une influence du livre V de Lucréce) sur le fait que les métaux étaient inconnus‘ et qu'il n'existait alors ni lois ni tribunaux *. Enfin il passe parfois complètement à la tradition lucrétienne en faisant de la vie pendant l’âge d'or une existence de sauvages primitifs 5; il vante, d’après Varron, leur végétarianisme *.
On le voit: dans ces passages élégiaques, les sources diatribiques ne jouent qu'un róle secondaire; elles sont parvenues aux poétes romains à travers plusieurs intermédiaires; ce qu'il importe pour nous de remarquer, c'est que certains des éléments du théme «littéraire » de l'àge d'or ont pris une place trés grande dans l'élégie romaine et s'y sont développés indépendamment; ces éléments sont justement ceux qui ressortissent au domaine de la philosophie populaire.
Les imprécations contre LES NAVIGATEURS en sont un bel exemple.
Properce s'écrie:
A pereat quicumque rates et vela paravit primus et invito gurgite fecit iter “.
C'est une impiété, déclare-t-il aprés Horace?, que de se lancer
'* Epod. 16, 41-66.
* Trav. et Jours 106-201.
* Phainomena, 96-136 ; cf. AVIENUS, Aratea, 273-352.
* Amores, MI 8, 35-50 ; Fasti, IV 401-406.
? Metam. 1 89-112.
* Fasti Il 289-300; un texte incomplet de TIBULLE se rapporte à la méme tradition : II 3, 76 horrida villosa corpora veste tegant.
* Metam. XV 96-103.
REF 13 sq.
ΡΟΣ sq. cf. Eprst. 11, 25
sur un élément pour lequel l'homme n'est pas fait: Quid meritum dicas, cui sua terra parum est! ? Ovide résume la pensée en ces termes: quid tibi cum pelago ? terra contenta luisses? !
Quant à Tibulle, il montre que le crime de la navigation est entrainé par l'avidité humaine et, suivant la forme réellement diatribique du thème ?, il lie L'IDÉE DE LA GUERRE à celle des voyages sur mer:
Praeda feras acies cinxit discordibus armis ; hinc cruor, hinc caedes mors propiorque verit. Praeda vago iussit geminare pericula ponto... etc.*.
C'est la cupidité qui cause tous ces désastres : Tibulle ne se lasse pas d'exprimer la sincère horreur qu'il a de ces crimes ὅ. Properce insiste moins sur ce théme; il a chanté avec trop d'enthousiasme certaines guerres glorieuses, et se contente de regretter leur nécessité *. Ovide est plus prolixe; il n'en est pas à une contradiction prés; dans un mouvement de rhétorique, il crie à l'homme: |
Quo tibi turritis incingere moenibus urbes?
Quo tibi discordes addere in arma manus ' 2
L'OR a causé la corruption de l'humanité (th. 20 et corollaires); c'est là une des affirmations préférées de Properce?; Ovide traite plus fidèlement encore le lieu commun diatribique (th. 20 6) qui condamne la recherche des métaux précieux dans les profondeurs de la terre : ἐξ
Effodiuntur opes irritamente malorum ?.
! PROP. II 7, 29-38. ὃ
? Amores, III 8, 49.
? TIB. I 1, 49 sq. ; 1 9, 9 sq.: th. 835.
"duly Y9-8g.s I 10, 1-7 et 33 sq.
5 [TI d 11 sq.
? Amor. III 8, 47 sq.
* [II 13, 48-50 : Aurum omnes victa iam pietate colunt ; — auro pulsa fides, auro TUS iura; — aurum lex sequitur, mox sine lege "Budor. Et Properce continue son développement, qui tourne ‘à la satire des moeurs contemporaines, en montrant l'affaiblissement de Rome depuis sa perversion : frangitur ipsa suis Roma superba Joue: Cf. v. 5-14 et IV 1, 81 sq. ainsi arg epod. 16, 2.
? Metam. 1 140; il affirme ensuite que le désir de flor est la cause premiére de tous les conflits armés (th. 835): Nocentius aurum — prodierat : prodit bellum quod pugnat utroque — sanguineaque manu crepitantia concutit arma. Sur la recherche des mines d'or, cf. aussi Amores III 8, 53-56.
C'est la soif de l'or qui cause tant de morts, dit Properce dans la consolation trés diatribique qu'il adresse à la mére de Paetus :
Ergo sollicitae tu causa, pecunia, vitae per te immaturum mortis adimus iter.
(II 7, 1 sq.)
Cette soif, observe Ovide, n'a jamais été aussi ardente qu'aujourd'hui !: c'est elle qui pousse les hommes à commettre mille affreux forfaits :
Vivitttr ex rapto : non hospes ab hospite tutus, non socer a genero, fratrum quoque gratia rara est”.
Tant de criminels n'ont qu'un but: LE LUXE ; un trop grand nombre de Romains n'ont pas d'autres désirs; ils méconnaissent ainsi les véritables traditions de leur patrie. Maintenant, dit Properce, /uxuriae nimium libera facta via est?. Et Tibulle énumère tous les excès de la prodigalité: vêtements de pourpre *, bijoux, constructions aux marbres somptueux, viviers, etc. (th. 35).
Cui lapis externus curae est, urbisque tumultu portatur validis mille columna iugis,
claudit et indomitum moles mare, lentus ut intra neglegat hibernas piscis adesse minas *.
Tous ces passages des élégiaques offrent de multiples variations diatribiques sur les théses essentielles de la politique d'Auguste; c'est toujours le passé romain qui est présenté comme l'idéal, et qui est opposé à toutes les tares sociales contre lesquelles combattait le souverain.
On ne se rendrait pas compte du rapport intime que ces développements ont avec la philosophie populaire, si nous en restions là; mais d'autres éléments, d'origine grecque ceux-ci, y sont mélés et leur restituent leur véritable signification.
A cóté des peintures des vertus de la Rome ancienne, et de celles des paysans ou de l'áge d'or, on trouve chez Properce la
! Fasti | 195 sq.
? Metam. | 144 sq.; cf. 146-148; dans l'Ars amatoria 11 271 sq. Ovide attaque les captateurs de testaments; c'est là un développement auquel les mceurs de l'époque vont conférer une importance considérable,
? PROP. III 13, 4; le poète conseille à sa maîtresse la simplicité : 1 2, 1-8.