CF
origo ab exercitu Asjatico invecta In urbem est, i! primum Jectos æratos, vestem stragulam pretiosam, plagulas et alia textilia et, quæ tum magnilicae supellectiles habebantur, mornopodia et abacos Romam advexerunt... E»ulae quoque ipsae et sumptu maiore apparari caeptae. Tum coquus, vilissimum antiquis mancipium et aestimatione et usu, in pretio esse !.
Les jeux publics eux-mêmes? (th. 72 a) sont l'objet d'une sévère critique de l'austére moraliste qui voit dans tous les débordements du luxe privé et public la principale cause des misères morales dont souffre la société : la débauche?, et spécialement l'homosexualité * et l’adultère5. On reconnait dans ces déclarations le désir de participer à la défense des /eges /u/rae, en particulier à la défense du mariage 5 et à l'accroissement numérique de la classe des conservateurs *.
Les idées dominantes de Tite-Live sont bien celles du groupe d'écrivains mobilisés par Auguste et cherchant, dans les ouvrages des auteurs latins antérieurs, l'inspiration de leurs développements moralisateurs; nous avons déjà parlé plus haut de l'influence de Virgile et de Varron sur Tite-Live; on peut admettre que l'action des écrits sextiens s'exerca également sur lui; c'est sans doute à la tendance de Fabianus qu'il faut rattacher les dialogi avec exemples historiques ; c'est probablement à celle de Sextius Niger qu'il faut faire remonter quelques applications sociales et morales des sciences naturelles ὃ,
eU E
E ERIS Ludorum quoque prima origo ponenda visa est, ut appareret quam ab sano initio res in hanc vix opulentis regnis tolerabilem insaniam venerit.
? Cf. 23, ch. 18, 11, sq. ; 39, ch. 8 (S 5), 15 (8S 2-14), 16 (8S 1-13) ; Periocha 9f etc.
ἘΣ o4 1:5 OT se souvient des paroles que Tite-Live attribue à Lucréce se tuant : zec ulla deinde impudica Lucretiae exemplo vivet. (1, 58, 10).
? 34, 1, 5: les femmes ne sont plus retenues dans le droit chemin sec auctoritate, nec verecundia, nec imperio virorum.
' Periocha 59: Q. Metellus censor censuit ut cogerentur omnes ducere uxores liberorum creandorum causa; extat oratio eius quam Augustus Caesar, cum de maritandis ordinibus ageret, velut in haec tempora scriptam recitavit. Cf. aussi 42, 34, 3-4, le discours de Ligustinus sur la fecunditas de sa femme.
* TITE-LIVE (38, 17, S8 10, 13 et 15) montre l'influence des changements de climat et de milieu sur les mœurs d'un peuple; il se sert pour cela de comparaisons avec le monde des plantes et des animaux (8 10): Sicut in frugibus pecudibusque non tantum semina ad servandam indolem valent, quantum terrae proprietas caelique, sub quo aluntur, mutat.
pe
Le troisième livre des Odes d'Horace, de tendance très na-
tionale, fit sur Tite-Live une profonde impression; on en retrouve.
souvent l'écho dans les Annales. ll y a une curieuse similitude entre le sujet de la troisième Ode (livre III) et le discours de
Camille contre le projet de quitter Rome pour Veies !; entre celui de la cinquième Ode (livre IIl) et la harangue de captivis redi- —
mendis?; enfin certaines expressions frappantes d'Horace ont été reprises par Tite-Live ?.
C'est, d'autre part, dans les premières publications de Tibulle et de Properce que l'on peut trouver l'origine de certains heux communs qui se sont glissés dans les « ornements » de quelques discours : S/ tota urbe nullum melius ampliusve tectum fieri possit quam. casa illa conditoris est nostri, non in casis ritu pastorum agrestiumque habitare est satius...*^ ? lam nimis multos audio Corinthi et Athenarum ornamenta laudantes mirantesque et antefixa FICTILIA deorum romanorum ridentes ὃ.
Tous les traits distinc: de l'aeuvre immense de Tite-Live ne se trouvent pas expliqués en observant qu'il dépend de certains écrivains latins; auteur, non seulement de dialogues populaires, mais encore d'ouvrages proprement philosophiques, le moraliste Padouan dut connaitre directement certains livres de tendance et de forme bionesques ; pour en juger, il suffit de lire la diatribe contre le luxe que Tite-Live a attribuée à Caton * et dont nous avons tiré un grand nombre d'exemples. Faire parler de cette maniére le terrible censeur n'était certes pas une faute de de goüt ou de jugement, bien au contraire *. Sans doute le discours supposé n'a-t-il rien de spécifiquement « catonien ? » ; mais
! Livre 5, chap. 51-54.
* Livre 22, chap. 59 et 60.
* Cf. HoR. Carm. HI 10. 10 et TITE-LIVE 45, 41, ὃ; HOR. Carm. lll 16, 42 (Mygdoniis campis regnum CONTINUEM) e ΤΙΤΕ. LIVE 34, 4. 9 (Ingens cupido agros CONTINUANDI) où le verbe technique continuare intervient pour la premiére fois dans des textes non juridiques. .