‹ Les origines de la diatribe romaineChapitre 63 sur 88 · cf: p.206 sq · texte numérisé non relu

cf: p.206 sq

9/04, 4,43 CT. p.207:

* Livre 34, 2-4.

1 Cf. p. 83 sq.

* La manière discrète dont Caton parle de l'adultére (d' aprés Tite-Live 34,

4, 17) n'est pas de son style.

Tite-Live y utilisa les procédés diatribiques dont 11 avait pu remarquer l'emploi dans les œuvres de l'orateur réactionnaire.

C'est d'abord, et à deux reprises, le dialogue institué par l'incidente « /zquit » : Ut auro et purpura lulgeamus, inquit '; Hanc, inquit, ipsam exaequationem non fero, illa locuples ?; ce sont les comparaisons traditionnelles avec les maladies? et la navigation‘; on y rencontre les oppositions verbales les plus habituelles à la rhétorique diatribique (avaritia et luxuria?) et des jeux de mots par « conversion, » qui expriment un jugement moral‘; l'un d'eux est un des plus typique de la diatribe : /7orreo ne illae magis res nos ceperint quam nos illas.

Le deuxieme livre contient, au chapitre 32, l'apologue de Ménénius Agrippa offrant la 25;»27: des membres et de l'estomac; c'est une fable politique du genre de celles qui remontent aux premières origines dela diatribe ὃ ; les parties du corps y sont personnifiées et y parlent, conformément à un procédé de Bion et de Ménippe *.

Au livre IX (chapitres 17 à 19) on lit une curieuse digression sur Alexandre, qui est présenté comme le type de l'homme enivré et corrompu par une chance trop favorable : Secundis rebus, quarum nemo intolerabilior fuit 10, Celui dont le nom seul, au dire d'historiens grecs (/eviss/m: ex Graecis 11), aurait suffi à faire fuir les Romains, est dépeint sous les couleurs d'un despote oriental vaniteux, cruel et vicieux : Superbam mutationem

? 34, 4, 13; cf. inquit : 6, 40, 8; 9, 9, 6,

* 94, 6, 6: Ut in navis administratione, alia in secunda, alia in adversa tempestate usui sunt. Cette phrase fait partie de la réponse adressée à Caton; en la rédigeant, Tite-Live avait la mémoire encore toute pleine des diatribes qu'il avait relues avant de composer le grand discours de Caton.

? 24, 4, 2; cf. natura-usus, 6, 18, 10.

5 94, 4, 16: Me eas (mulieres) simu! pudere, quod non oportet, coeperit, quod oportet non pudebit. On trouve dans PHÈDRE (Appendix 25) une tournure semblable : Cu; non debes places, sed nom impune, quia cui debes non places,

1 24, 4, 3. Cf. p. 47, le texte du th. 20 c.

* Cf. p. 17, note 6.

? Cf. HORACE, Sat. 1 2, 68 (l'animus y parle mutoni. verbis) et LUCIEN Pseudologistes, 25 sq. où la «langue » prend la « barbe » à témoin.

CAE E M

vestis. et desideratas humi racentium adulationes etiam victis Macedonibus graves, nedum. victoribus; et laeda supplicia et inter vinum et epulas caedes amicorum et vanitatem ementiendae stirpis (Livre IX 18, 4).

Il y a dans ces quelques mots le résumé de tout ce que la philosophie populaire grecque, la stoico-cynique spécialement, a accumulé de reproches contre le conquérant. La rhétorique romaine en a hérité, nous l'avons vu plus haut! ; et Tite-Live s'exprime sur ce point en rhéteur; voilà un trait d'indépendance à l'égard d'Auguste dont l'admiration pour Alexandre est bien connue?; c'est le républicain « Pompéien » qui se montre à. nous avec une belle sincérité.

Un trait diatribique qu'on chercherait vainement chez Tite- Live, c'est la glorification des peuples barbares; il n'y a pas lieu de s'en étonner, puisque nous avons reconnu que les sentiments patriotiques de l'historien avaient inspiré sa dévotion à la politique augustienne et l'avaient amené à une doctrine morale influencée par la philosophie populaire.

Chez TROGUE-POMPÉE, son contemporain, nous trouvons d'une part un portrait assez complexe d'Alexandre et d'autre part un tableau idéalisé des populations sauvages de la Scythie?: il s'agit en effet d'un auteur gaulois, qui a subi l'influence de la rhétorique latine mais qui, dans son histoire universelle, n'utilise

que des sources grecques; le patriotisme romain est un sentiment -

qu'il ne peut connaitre^; c'est donc, à tous égards, une exception au siècle d'Auguste. Nous ne possédons que le résumé, fait par Justin, de ses 7Zstoriae Philippicae, mais cela suffit pour préciser sa position à l'égard de la diatribe.

Alexandre est représenté par lui tantót comme un héros 5, tantôt comme un homme que les circonstances favorables ont peu à peu perverti : il est pris d'une manie de fastef, veut se

! Cf. p. 180 et 188.

* SUET. Aug. 50.

* Cf. RIESE, Die lócaliefuos der Naturvólker, Progr. Frankfurt a. M.

^ [USTIN. 29, 3, 8: Terrebat eos (Romanos) vetus Macedonum gloria ; 36, 3,9: facile tunc Romanis de alieno largientibus... etc.

* JUSTIN. 12, 15, 4 à 16, 11; cf. HOFFMANN, Das Htteraisoge Portrát Alexanders, Diss. Leipz. 1907, p. 58.

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