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* CT. p.. 169 sq.
? VIII 2, 4 sq.; sur l'irascibilité d'Alexandre, cf. IV 4, 17 ; IV 6, 29, etc.
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ll y a là une série de bionismes ! sur l'attitude de l'homme qui vient de céder à sa colére; les Sextiens leur avaient donné droit de cité à Rome *.
La condamnation de la débauche ‘et de l'ivrognerie ' frappe également Alexandre ; l'auteur amplifie les attaques de détracteurs helléniques. |
Quant aux nombreux passages dans lesquels l'historien s'éléve contre les pratiques superstitieuses, la magie et les faux prophètes *, ils semblent fidèlement transposés et paraissent n'avoir pas subi d'enrichissements romains; la source diatribique de Quinte-Curce doit avoir traité ce théme avec prédilection.
D'autres théses de la philosophie populaire se présentent isolément dans l'Histoire d'Alexandre: elles concernent la guerre 5, l'exil 7, le suicide, etc.;leur teneur ne nous permet pas d'en préciser exactement l'origine. Quoi qu'il en soit, notre conclusion sur cet auteur ne saurait en étre modifiée ; l'une des sources historiques qu'il utilisait appartenait à la tendance diatribique ; lorsqu'il s'en est écarté, il en exagéra parfois le caractére, en profitant des enseignements des rhéteurs romains?; son ceuvre était destinée à leurs éléves comme celle de Valére-Maxime.
Alexandre le Grand est, à ce moment, un des sujets essentiels des déclamations d'école ? dont Quinte-Curce a été nourri et dont Sénéque a subi l'influence ; de là, entre les deux écrivains, certaines rencontres verbales qui ont fait croire que Sénéque avait utilisé Quinte-Curce!?, Ces coincidences peuvent s'expliquer
! BUCHELER (Rhein. Mus. 43, p. 153) a montré le caractère bionesque d'un passage paralléle de Philodéme.
PCR p.175 59.
VTL X5,04.
*:1455,/28:01V*6;127 19:105 75V 047 15, VIB. A 8: VIE 7, 8: et-21.
* VI 4, 13; cf. PLuT. De exil. 7 et GIESECKE, op. cit. p. 83 sq.
5 Cf.-p. 180 et188. ”
* Cf. ROLLAND, De l'influence de Sénèque le Père et des Rhéteurs sur Sénèque le Philosopbe, Gand, 1906.
10 EICKE (Veterum philosophorum qualia fuerint de Alexandro iudicia, Diss. Rostock, 1909) signale chez les deux auteurs l'emploi de termes injurieux comme azima/ (QUINTE-CURCE, IV 14, 18 et SÉNÈQUE, De benef. IM 16, 2), gentium latro (Q.-C. VIL 8, 19 et S. De benef. 1 13, 3), insatiabiles manus (Q.-C. VII 8, 19 et S. De clem. 1 25, 1).
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par l'identité des influences subies. Le philosophe et l'historien recoururent au vocabulaire et aux hyperboles des rhéteurs !.
Nous ne terminerons pas ce chapitre sur les prédécesseurs immédiats de Sénéque sans dire quelques mots d'un homme qui fut son contemporain ? et en qui revit toute l'école sextienne. COLUMELLE publia l'ensemble des Ae; rusticae libri probablement peu de temps avant la mort du grand philosophe ; mais c'est bien auparavant qu'il en avait fait éditer certaines parties; son ceuvre entre donc encore dans le plan de notre étude.
Les sources de cet auteur sont multiples mais peuvent étre indiquées avec précision; parmi celles qui nous intéressent, citons Caton, qu'il imite parfois; Varron !, dont il dépend surtout au point de vue de l'inspiration éthique et Celse », le Sextien dont il tira l'essentiel de ses connaissances philosophiques. A cóté de ces prosateurs, Virgile * est aussi un des maîtres de la pensée de Columelle, poéte et moraliste autant qu'homme de science.
Reprenant donc la thèse défendue dans les Géorgiques, il veut intéresser les honnétes gens de son temps à l'agriculture
qu'on abandonne trop complètement à des esclaves négligents '; -
la viedu paysan impose en effet des habitudes vertueuses qui deviennent de plus en plus rares; Columelle sent le besoin de convertir ses lecteurs à l'idéal qu'il s'est formé en étudiant les œuvres d'autrefois. Sa préface est un long sermon, où s'expriment les idées que nous avons rencontrées chez tous les diatribistes romains de tendance réactionnaire: le style est renouvelé, mais la pensée date de Varron.
Le regret du passé est rendu avec une candeur naive qui n'est pas sans charme: /am jlla vetera, sed optimi moris, quae nunc exoleverunt, utinam possint obtineri! * Les exemples inévi-
! Cf. SEN. ep. 94, 63 et Q.-C. IV 8, 3. Voir aussi Moschus ap. SEN. RHET. Suas. | 2; EICKE rapproche également de Quinte-Curce l'expression extra naturae terminos (De benef. VII 2, 6); nous avons montré, p. 180, note 2, qu'elle parait avoir été empruntée par Sénéque à Fabianus.
* Columelle connait et apprécie hautement Sénèque (lll 3, 3) mais il ne semble pas l'avoir imité. Cf. CicHORIUS, Rômische Studien, p. A17 sq.
? Cf. les préfaces des livres II, IV et V.
* |l cite Varron: I, praef. 15; I 1, 12; VI, praef. etc.
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* Les citations virgiliennes abondent surtout aux livres IIl, VII, IX et ΧΙ; le livre X (en hexamétres) compléte les Géorgiques.
1 praef. 3.
908612 th:.33.
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tables de Cincinnatus et de Fabricius apparaissent ailleurs !. Pour Columelle (comme pour Varron, Virgile et les élégiaques) l'agriculture est seule capable de ressusciter la vertu d'autrefois * ; elle impose le travail fécond ? et écarte les préoccupations malsaines des sciences inutiles et des arts malfaisants : Adhuc enim scholas rhetorum et, ut dixi, geometrarum musicorumque, vel, quod magis mirandum est, contemptissimorum | vitiorum officinas gulosius condiendi cibos et luxuriosius lercula Struendi, capitumque et capillorum concinnatores non solum esse audivi sed et ipse να *.
La vie agricole n'est pas faite de renoncements seulement ; elle donne de merveilleuses joies à ceux qui se consacrent à elle; la plus belle de toutes ces compensations, c'est la santé. Le Sextien convaincu montre les dangers que courent les débauchés et les paresseux: /stam vitam socordem persequitur valetudo. . Nam sic iuvenum corpora fluxa et resoluta sunt, ut nihil mors mutatura videatur ^.
Comme les satiriques dont il dépend, Columelle condamne la gloutonnerie et l'ivrognerie plus que tous les autres vices : Quotidianam cruditatem | lactucis excoquimus et exsucto sudore sitim quaerimus ; noctes libidinibus et ebrietatibus, dies ludo vel somno consuminmus ; ac nosmet ipsos ducimus fortunatos, quod nec orientem solem vidimus nec occidentem *.
Entre tous les genres de luxe, la mode des somptueux viviers, déjà si souvent inutilement blámée, lui parait surtout insupportable 1,
Signalons encore, parmi les traits diatribiques utilisés par Columelle, des attaques contre les ambitieux politiciens (1 praef. 10: th. 71), les avocats * et les grands propriétaires (lI, 3, 8 sqq.).
! [ praef. 13 et 14.
* | praef. 14.
P DEpraét?173 18752 1.
* | praef. 5: th. 5, 8, 31, 39 δ; Columelle s'attaque aussi aux superstitions (1 8, 6:.th. 925); il avait composé un ouvrage entier contre les astrologues (XI 1, 31).
* | praet. 17 : th. 52 d.
$ Ibid. S 16; th. 31, 31 e, etc.
* VIII 16, 6; inutile de souligner les traces de l'évidente influence de Varron, dont le nom parait deux fois dans ce passage.
* | praef. 6 et 9, où, reprenant les expressions violentes des Satires Ménippées, il écrit ἡ /pso foro latrocinium.
Il exprime son dégoût pour ceux qu'enrichit la guerre: "Militia... nobis nihil sine sanguine et cladibus alienis adfert ! (I praef. 7) ; enfin, prenant courageusement parti contre l'engoüment populaire, Columelle montre que les excés causés par les spectacles publics accélèrent la décadence des mœurs. 5.76 ludicris artibus ?... olim satis felices luere, futuraeque sunt urbes. |l prend aussi la défense des esclaves maltraités par leurs maîtres (I8, 18) et déclare qu'il est prét à traiter les siens comme des amis: Nonnunquam etiam 1ocarer et plus ipsis locari permitterem (I 8, 15). On sent toujours que cet honnéte homme parle avec sincérité, aprés avoir été lui-même entièrement persuadé par les moralistes qu'il imite; il appartient à une autre génération que les rhéteurs dont nous avons parlé dans ce chapitre.
L'influence de Varron et des Sextiens se manifeste naturellement aussi dans le style de Columelle. Veut-il démontrer la nécessité de l'ordre dans une ferme (XII 2, 4-6)? I se sert successivement de comparaisons avec le théátre? (ubi certrs numeris ac pedibus velut facta conspiratione consensit atque concinuit, ex eiusmod! vocum concordia...), avec l'armée (7am vero in exercitu neque miles neque imperator sine ordine ac dispositione quidquam valeat explicare * : th. 52/7) et avec la navigation (haec eadem ratio praeparationrs atque ordinis etiam in navigiis plurimum valet : th. 44 a).
Les expressions habituelles et les images de Columelle rappellent étrangement celles qu'employaient les premiers auteurs diatribiques de l'époque d'Auguste ; l'originalité littéraire de cet ouvrage didactique n'est donc pas grande; mais son inspiration est étroitement apparentée à celle des écrits de Sénéque.
Le probléme des rapports entre la littérature romaine et la diatribe sous les régnes de Tibére, de Caligula et de Claude ne se pose pas de la méme maniére que pour les siécles antérieurs. Sauf pour Phédre, Démétrius, Columelle et, comme nous allons le voir, pour Sénéque le Philosophe, c'est de la rhétorique que