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Comme Cratès, Ménippe s'institue le xxr45xox0: des vices
en faisant le tableau de la vie humaine, le satirique veut montrer.
que tous les objets des désirs sont fragiles et périssables. II poursuit de ses sarcasmes les puissants d’un moment, les riches et les tyrans surtout?. |
Ménippe n'eut, on le voit, aucune originalité de pensée : au point de vue philosophique, son œuvre est le point final d’une évolution; c’est dans ses satires que viennent se réunir deux courants voisins : le cynisme de Cratès et celui de Bion.
Nous entrons maintenant dans la période la plus obscure de cette histoire. Un des imitateurs de Ménippe, Méléagre de Gadara?, montre que le cynisme survivait au début du premier siècle avant notre ère; nous avons vu que /es auteurs ᾿ des lettres cyniques apocryphes peuvent nous renseigner sur ses tendances dans cette phase de son existence.
Il suffit de parcourir leurs épitres pour s'apercevoir qu'une violente réaction s'est produite contre l'hédonisme: la philosophie
populaire revient à ses origines ascétiques. La nécessité de -
l'exercice moral est de nouveau affirmée; et nous retrouvons l'apothéose habituelle de la frugalité et de la pauvreté”; le mépris des opinions courantes s'exprime avec force et des attaques sont dirigées contre la patrie et la famille 5.
Le Cynique renonce d'ailleurs à faire de sa morale une loi qui puisse s'appliquer à tous; pour la défendre, il reconnait qu'elle ne peut pas étre une régle que le premier venu doive adopter *. La secte veut désormais vivre en dehors de la société: elle adopte une sorte d'uniforme et d'équipement traditionnel, qu'il faudra défendre contre les moqueries des profanes; de là
' LUC., /caromen. 29; Dial. mort. 10.
? LuC., Ga/lus, 25; Nekyom., 11 ; Dial. mort., 4. Les riches sont représentés comme des malades; leur vie est comparée à l'existence hygiénique des animaux; le Symposion de Ménippe décrivait leurs vices (LuC., Sympos., 14; Cynic. 9); les captateurs de testaments étaient aussi attaqués (Dial. mort. 5; 9).
? Anthol. Pal. VW, 417, 13 sq.; 468, 470, 476.
^ WENDLAND (Philo) a montré contre Schwartz que le Ie" siècle av. ]. ze est un des plus importants de l'histoire de la diatribe.
5 Cf. Ps. DIOG. ep. 11, 26, 28, 30, 31, 33, 37; Ps. CRAT. ep. 7; Ps. MÉNIPPE, epist.
6 Ps. DIOG. ep. 21, 28, 47.
7 Ps. DIOG. ep. 47.