ΕΠ AL
Th.68 a. — La propagande ne doit pas s'adresser indistinctement à tous. ///os admitte quos tu potes lacere meliores (Ep. (uosscEDe:rra 1:36, 4 (Sextius) :Ep- 1, 10. et 47,19").
Th.69. — La vertu peut être enseignée. (Sapiens) scit neminem nasci sapientem sed [lieri (De iral 10,6; cf. Ep. 32, 5; 49, 11; 88, 32?).
Th.69 a. — L'instruction morale est nécessaire. /nter stud/a versandum est et inter auctores sapientiae (Ep. 104, 16; cf. ΠΣ ἐπῆε, a2 16, E:290:0:09, 10:62:70, 35 82, 3; 84, 1).
Th.69 5. — Il faut désapprendre le mal. Virtutes discere vitia dediscere est (Ep. 50, 7 ; cf. Ep. 50, 8).
Th.70.— La propagande peut s'adresser aux femmes aussi bien qu'aux hommes. Par //Iis (mulieribus), mihi crede, vigor, par ad honesta, libeat facultas est (Ad Marc. 16, 1 5).
Th.71.— Le sage ne doit pas s'occuper des affaires publiques. Excerpe te volgo... et in tranquilliorem portum... recede (De brev. vit. 18, 1; cf. 75b1d. 18, 2 à 20, 1; De otio 6, 88 1, Let 5.5. L5 Ep. 9,060; 14, 124).
Th.72.— Le sage n'a pas de patrie. Patria mea totus hic mundus est LED)28, 45 ot» 7d. Helv. 9, 7541,75; De rra 11 31,7 ; De tranq. an. 4, 4; De vita beata 20, 3-5; De otio 4,1; De remed. fort. 8, 1; Nat. quaest. | Praef. 9 sq.;. Ep. 24, ἀρ ΑΞ t 102 217).
! Même les esclaves peuvent être admis à cet enseignement, s'ils en sont moralement dignes; Sénéque ne veut aucune propagande bruyante ou inspirée par la g/oria publicandi ingenii (Ep. 7, 9); il désire que la philosophie soit discréte (Ep. 14, 11; cf. Ep. 5, 1-6; 29, 1) ; il manifeste son mépris de la foule (Ep. 38, 2; 41, 9) et, à propos de Fabianus (Ep. 52, 12), il montre son regret de voir la philosophie prostituée par la propagande des rhéteurs. Il a en effet compris le danger du succés des Sextiens. Sous l'influence de Démétrius, il à cependant reconnu l'utilité pratique de certaines exagérations : Oris hyperbola extenditur, ut ad verum mendacio veniat. (De benef. VI 23, 1).
* Sénéque considère la vertu comme une connaissance et le vice comme une ignorance : £p. 31, 6-8; 95, 57 et De ira | 14, 2.
? Sur la faiblesse morale de la femme, cf. Ad Marc 1, 1; Ad Helv. 16, 2; De const. sap. 14, 1 (où la femme est traitée de imprudens animal). |
— *La doctrine de Zénon inspira à Sénèque quelques objections: De otio 3, 2 sqq.
* Sénéque vante à ce propos le communisme des populations primitives :
Phaedra, 521-529; Ep. 90, 38.
LS Dao c
Th.72 a. — Le sage reste à l'écart des jeux publics et des spec- E tacles. /Yihil... tam damnosum bonis moribus quam im aliquo spectaculo desidere (Ep. 7, 2; cf. sur les jeux scé-
niques : /Vat, quaest. VII. 32, .3.; Ep. 16, 25.004 24 EIER jeux de gladiateurs: De /ra.12, 4; De brev, vit Ta DS Nat. quaest, ΝΘ; 99).
Th.72 b. — Le sage ne participe pas aux guerres. (Sapiens) paci lavet et genus humanum ad concordiam vocat (Ep. 90, 26 ; οἵ, ibid..415;-De ira 1,8, 2 sq.; HF5,0; Ad EDD Herc. fur. 929. 931 ; Phaedra 531-535; p ιν 599-604 ; De clem. 26, 5; De benef, Vl 3, 2; θὲ 9; VIDE P quaest. Ml praef. 10; V 18, 5 $qq. ; VI 32, 75 d 95, 30
Sq.?; Ep. 94, 61).
Th.73.— Le sage ne se marie pas. (Non potest) uxori et philoso-
phiae pariter operam dare (Frag:r.61 Haase ; cf. les autres -
fragments du De matrimonio, spécialement 45 ?, 62, 66, 67, 68 et 83). .
Th.73 5. — La famille n'est pas un bien pour le sage. Trähunt in
pravum parentes (Ep. 94, 54; cf. Medea, 549 sq.*; Ep. 81, 25:92, 11» 60,91. ISF TIE
Th.73c. — Aucune reconnaissance n'est due aux parents. Licet |
tibi, in quantum velis extendere beneficia filii, cum paternum munus et simplex sit et facile et danti voluptarium... in quo spectavit legem, patriam, praemia patrum, domus ac familiae perpetuitatem, omnia potius quam eum quoi dabat (De benef. MI 33,4; cf. ibid. 11, 1, et 30, 1 sqq.).
! Sur les préparatifs des Saturnales, cf. Ep. 18, 1.
? Sénéque base son argumentation antimilitariste sur l'observation sui-
vante: Publice iubentur vetita privatim ; il conclut: Quae clam commissa capite luerent, tum, quia paludati fecere, laudamus. ;
5. Interprétation cynique d'une phrase d'Epicure. Les mariages d'argent -
sont blâmés : Phaeniss. 598. Sénèque ne traite pas le thème 73 a (communauté
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des femmes), méme dans l'épitre 90 (δ. 38) où il fait le panégyrique du commu- - . ἡ
nisme primitif.
1 Ce texte montre le manque d' indépendance morale de l'homing. qui aime les siens. La perte de ses proches n'est pas jugée comme un mal par le pA Ch Ep, 44,2744, 24 sq. et915:98, 9^ De prove 2;
? Sur les voeux insensés que ions les parents pour leurs enfants.
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. Th. 74. — Le vice est le seul mal et ce mal est en nous-mêmes.
Non est in Ipsis rebus vitium sed in ipso animo (Ep. 17, Iuvor De provids6 1; Ep. 28,15 50, 1 et 4).
Th.74 ἃ. — La réalité du mal est d'ordre psychologique. Oprnio est... quae nos cruciat (Ad Marc..19, 1; cf. ibid. 7, 4; Ad Εν ΟΝ wu "De. remed.. Tort, 1101; Ep. 13,4 42, 9 sq.).
Th.74 ὁ. — Le vice est une maladie. orbis medemur nec irascimur ; atque et hic est morbus animi (De clem. 17, 1; ene Marc: d, 8: Ad: Helv. 1; 27 41; 3; De jrà tk: 12; ἃ: ΟΠ ΠΟ 2100706759) 2; De frang. an: pu2udcer-4pe:yrtas-DbealaA t, 4. De'provid: 2, 25 Ep. III ΡΟ 22520 933129, 09, 04, 0:00, δ᾽ SQ.; 19, 125.104, 18; 116, 15-119; 121).
Th.74c. — Le sage est un médecin de l'àme. Omnia ἰδία tam propitius (sapiens) aspicret quam aegros suos medicus ΟΡ ΠΟΥ ο DeitoHst. sàn. 13, 1:2 3 Ep. 22,17 21,1; 40, 5; 50, 4; 64, 8; 68, 7 ; 72, 5 sq. ; 94, 24; 95, 29).
Th.75.— La nature a créé l'homme vertueux. Mulli nos vitio
natura conciliat; illa integros ac liberos genuit (Ep. 94, Bac onoDe rra d 5, 2411 5,62? Nar quaest. 11730, 9; Ep. 104, 22; 108, 8).
Th.76.— La plupart des hommes sont en proie à la folie. Cupid ommnes et maligni omnes... ; ignosce Illis, omnes insaniunt (US DOES VIT US er ΘΙ ΘΟ δ... Sap. T3» 2:sq.owe Derter. ΠΡ ΑΝ TT e)
Th.77.— C'est à cause de leur folie que la plupart des hommes sont malheureux. δ) beneficia naturae utentium pravitate perpendimus, nihil non nostro malo accepimus (Mat. guacoen WwaIo Το CR Ep. 90,2 $d.).
Th. 77 a. — Dans la vie humaine les peines sont plus nombreuses
que les joies. 7ofa flebilis vita est (Ad Marc. 11, 1; cf. Ad Marc. 18, 8; 22.3; Ad Polyb. 4, 2 sq.; 9, 6; Herc. fur.
! D'autres comparaisons avec les maladies et les médecins sont citées par WEBER (op. cit.).
5 Tout le traité du De ira est inspiré par un optimisme fort exceptionnel chez Sénéque.
ns»
463; Thyestes 596 sq.; Nat. quaest. V 18, 8: E». 99, ni: 117, 31; 120, 16 sq. !).
Th.77 b. — La vie est très brève et le sommeil nous en enlève 4 la moitié. Videbis quam exiguum sit... ;dimidium ex hoc edormitur (Ep. 99, 10 sq. ; cf. Ep. 117, 32°).
Th.77 c. — Les animaux sont moins naHen ets que les hommes. E Ceteris animalibus in tutelam sui satis virium | est... ; hominem imbecilla cutis cingit, non unguium vis, non dentium terribilem ceteris facit (De benef. 1m 15,72)
Th.78. — Le désir est un mal. Quicquid optavi inimicorum exsecrationem puto (De vita beata 2, 3; cf. Ep. 5, 1-9; 101, UE RAE ME | |
Th.78 a. — Les désirs sont insatiables. Cupiditates crescunt dum implentur (Ep. 13, 2; cf. Ad. Helv. 10, 11; 11, 2-4: DE benef. 11 27,.3; IN 3; 2; VII. 26; 8; 5 Bn 16, 8 sq. ; 19, 6; 39, 5; 118, 6; 119, 6 δὲ ὃ).
Th.78 5. — On ne doit faire de vœux et de prières que pour atteindre la vertu: /7oc opta, omnia alia vota deo remissurus, ut contentus sis temet ipso et ex te nascentibus bonis. tL pi 20, δ΄ ck Ep 22:012 41 TTE ;
Th.78 c. — Contre l'apothéose des monarques. (A/exanider,) omnes, inquit, rurant esse me lovis filium, sed vulnus hoc hominem esse me clamat (Ep. 59, 12; cf. Apokolok. 1 ?).
! Sénèque en veut surtout à la vie d’être monotone; cf. Ep. 24, 26 et 77,6.
? Sénéque traite le méme thème sans faire d'allusion au sommeil: Ad E
21, 2; Ep. 49, 5; 88, 41; 120; 17;
? L'ironie de ce texte est significative: Appiae viae curator est, qua SCIS
et divum Augustum et Tiberium Caesarem ad deos isse ; cf. 9 et 11; dans le
De clementia (1 7, 2) l'empereur est jugé un homo hominibus praepositus ;
d'autres textes par contre contiennent des flatteries aux empereurs-dieux ;
ct. Ad Marc. 15,1; Ad Polyb. 12, 3; 13,1: 16, 4; De clem. 1 10/9. Seneque
maltraite Alexandre à la cynique; cf. EICKE, op. cit. p. 23 sq. et HOFFMANN,
op. cit. p. 33 sq.; les textes les plus caractéristiques sont les suivants : De ra
ΠῚ 17, 1 et 23, 1; De clem. 125, 1; De benef. 113, 1 sq.; II 16, 1 sq.; V 4, 4; NOM VIF 2, 5 à 3, 1; Mat. Quaest. III praef. 5; V 18, 10; VI 23, 2 sq.; Ep. 53,
Th.79.— Contre le deuil. Quid... dementius quam, cum idem iter tibi emetiendum sit, flere eum qui antecessit ! ? (Ep. 99, T. odo Marco aids 10, 5s 19, 1:35 Ad Polyb. El; 22$ De const; Sap. 6; 5 (Sülpon); De prov: 4:55, 5; 6,2; De remed. fort. 9; L3 Ep..69, 15.14, 24.sq. et 30 sq.?; 98, 5; 99, 1 sq. et 30; 104, 11). |
Th.80.— II ne faut pas être mécontent de son sort. Quidquid vult, habere nemo potest ; illud potest, nolle quod non habet tEEn1423509?» De rad 31)
Th.81.— Contre le désir de voyager. Animum debes mutare non ΠΡ EB: 28, ] Sete Devtrang. an. 2; MONS Ep? 2,2: 104, 6-8).
Th.82.— Les riches en proie au désir sont en réalité des pauvres. Non qui parum habet, sed qui plus cupit pauper est (Ep. 2, 6; cf. Ad Helv. 10, 9; Herc. fur. 168; De benef. VII 10, 6; Ep. 19, 7; 87,7; 90, 38 et le fragment du livre XXII (8 13) des Epistulae: AULU-GELLE XII 2, 2).
Th.83. — L'avidité est un mal. /Yu//a... avaritia sime poena est, quamvis satis sit ipsa poenarum... Quidquid non acquiritur damnum est (Ep. 115, 16; cf. Ad Helv. 11, 3).
Th.83a. — Les avides sont malheureux. (D/ves) remo tam suo laetus est quam tristis alieno (Ep. 92, 32; cf. Ep. 115, 9).
Th.83 ὁ. — L'avidité est la cause des guerres et des dangers que courent les hommes. Nos /n lucem, propter quae pugnaremus, extulimus, nos et causas periculorum nostrorum... eru:mus (Ep. 94, 57 ; cf. p. 267, th. 205).
Th.84.— Les passions rendent les hommes esclaves. /r fyrannide illi vivendum est in alicuius adfectus venienti servitutem (De ira | 10, 2; cf. III 4, 4; De vita beata 4, 4; De
' Les lignes qui suivent présentent une lacune; en les comparant au texte parallèle de TÉLÉS (p. 45, 10: ἐνθυμούμενον 07 αὐτῷ ὁ φίλος θνητὸς ἐγένετο xai ἄνθρωπο) on peut les rétablir comme suit: Quisquis aliquem queritur (mortuum, obliviscitur) hominem fuisse.
? Cf. GIESECKE, op. cit. p. 31, note 1.
? Le sujet de la μεμψιμοιρία n'a été traité par Sénéque que par les thémes 41 et 80.
benef. ΠῚ 28, 4; Mat. quaest. lI praef. 16 sq.; Ep. an 4: 4 oet 17580, A 85, 11 sq.; 94, 661). |
Th.84 a. — C'est par la raison qu'on peut maitriser ses passions. Te subice rationi (Ep. 31, 4; cf. Ep. 104, 16).
Th.85. — Contre l'orgueil. Zicet sapere sine POS * (5p: 109] 95 δὲ
Th.86.— La colère est une folie. N/h11 interest inter iratum et insanum nisi unus dies : alter semper insanit ; alter dum
irascitur (De moribus 106 (Wôlfflin) ; cf. De ;ral1,1; etc.;.
En. 32; 19).
Th.87.— La passion de l'amour est une folie. Amor lormae... insaniae proximus (Fragm. 81; cf. Ad Helv. 13, 3; Phaedra 195-197 ; De benef. Vl 25, 2; Ep. 9, 115; 99, TOS 115. 2. 93125).
Th.88.— Contre la pédérastie. ///os quoque nocere nobis existimo qui... hoc iactant : quaeramus ad quam usque aetatem iuvenes amandi sint (Ep. 123, 155; οὐ De da τυ Il 28, 7; De benef. I 28, 3 ; /Yat. quaest. 110, 2:27 TS
Th.89.— Le plaisir est un mal. Vo/uptates praecipue exturba et - ZIvisissimas habe (Ep. 51, 13; cf. De vita beata 7,2. sg. et chap. 10-12; De benef. VII 2 sq. (Démétrius) ; De moribus 112 (WGlfflin) ; Ep. 27,.2; 39,5; 51,.95; 59 1. 00 14
et 14; 84, 11502, 05:104, 34,
Th.90.— Contre la débauche. /n... //bidinem prorectorum inho- n
nesta labes est (De brev. vitae 7, 1 ; cf. ibid. 2, 4 et 16, 4; De ira 119, 5; 11 28, 7 ; De const. sap. 6, t; De vpn MS 7, 3; De benef. 19, 4; II 21, 1; Nat. quaes& 1 16, 180. Ep: 99, 1 ΤΟ 99; 2TTUEZA SUM.
Th.91.— Les craintes asservissent. Libera te primum metu mor- | tis: illa nobis iugum imponit; deinde metu paupertatis |
(Ep. 80, 5;'cL De benef VM.1,; T: (Démétrius) v» ^, 6; 14, 5; 16, 33).
! Le style est diatribique: Marius exercitum, Marium ambitio ducebat; cf. Ep. 42, 8: Nostri essemus si ista nostra non essent; voir p. 47, le texte du 1ῃ. 20 c. ,
? Le mot pompa est la traduction du terme cynique τῦφος; l'hypocrisie des faux sages (gloria egestatis) est condamnée par Sénèque: cf. De benef. II 17, 2; Démétrius est donné comme un exemple de sincère humilité: cf. Ep.
ΝΜ duh dE E EE ΤῊΝ per Y ,
Th.91 a. — La crainte de la, mort est le seul mal de la mort. Nihil triste est cum huius (mortis) metum effugimus (Ep. ΟΡ ΠΟ 13:52:06; const, «sap. S, 35. Ep.30;:5 Sq: 2-92. 17).
Th.91 5. — Contre la crainte de mourir en exil. Peregre morrerrs. Undecumque ad Inferos una via est! (De remed. fort. 3, 2).
Th.91 c. — Contre la crainte de ne pas étre enrerré. Quo receptaculum suum conferatur, ignis illud exedat, an terra contegat, an lerae distrahant, non magis ad se iudicat pertinere .quam secundas ad editum infantem, utrum proiectum aves dillerant, an consumatur «canibus data praeda marinis » (Ep. 92, 34; cf. De benef. V 20, 4; De tranq. an. 14, 3 (Théodore l'Athée) ; De remed. fort. 5, 4).
Th.92. — Contre les préoccupations concernant le culte. Vetermus... loribus adsidere templorum (Ep. 95, 47 ; cf. De const. sap, 4, 2; Frag. 36 et 123; Nat. quaest. IV 6, 2 sq. ?).
Th.92 a. — Contre l'anthropomorphisme polythéiste. A//us... adulterum illum (lovem) induxit..., alius raptorem ingenuorum..., alius parricidam (De vita beata, 26, 6; cf. Ad Marc. 12, 4; De clem. 11 5, 1; De brev. vitae 16, 5; Phaedra ΡΠ OU 95945 99,1192, De. Depel VIT 2,3 (Démétrius).
Th.92 ὃ. — Contre les superstitions concernant les supplices des Enfers. Cogita... 11la, quae nobis Inferos faciunt terribiles, labulas esse (Ad Marc. 19, 4; cf. Troades, 371-381 et 402- 406; Ep. 82. 16?).
Th.92c. —L'initiation aux Mystères ne confère aucun privilège. (Philosophia) quid sint di declarat...; haec eius initiamenta sunt, perquae non municipale sacrum, sed ingens deorum omnium templum, mundus ipse reseratur (Ep. 90, 28).
Th.93. — Contre la vénération dont sont entourés les temples et les objets du culte. Mec exorandus aedituus, ut nos ad
1 Cf. TÉLÈS, p. 29, 13 et Gnomol. vatic. 115. ? Cf. AUGUST. Civ. dei, VI 10.
? Sur d'autres mythes, cf. Ep. 79, 1.
aurem simulacri, quas! magis exaudiri possimus, admittat EAR (Ep. 41, t). | ts t
Th.94.— Contre les oracles et les devins. Mec usquam plura : exempla vaticinantium invenies, quam ubi formido mentes religione mixta percussit (Nat. quaest. VI 29, 3; cf. ibid. II :32,.3; Apokol. 3; Ep. 88, 14 58). |
Ce tableau des thèmes diatribiques traités par Sénèque nous permet de faire d'importantes constatations : nous les résumerons avant de conclure. |
Un coup d'oeil suffit pour se rendre compte qu'un nombre insignifiant d'idées de la philosophie populaire grecque a été ignoré par le moraliste romain. À côté des principes essentiels . de la diatribe, on trouve en effet, dans la liste que nous avons. dressée, des développements dont le caractère bionesque n'est | décelé que par l'emploi significatif d'une image. Peut-on, d'autre — part, grâce à une comparaison avec le tableau parallèle des idées — helléniques (cf. p. 44-65), expliquer certains abandons volontaires € UT ^d
Une première remarque est nécessaire:l'exposé de paradoxes — proprement cyniques ne figure pas dans les œuvres de Sénéque 5 —— le caractère social de la morale romaine rendait leur défense inadmissible. D'autres préceptes, qui sont inspirés par l'attitude outranciére des propagandistes grecs, ont de méme été laissés ἘΝ de côté ?. | cd
Dans certains cas, l'idée diatribique n'est exprimée par Ὁ Sénéque que sous une forme adoucie; il y a là comme une 4 adaptation habile aux conceptions ordinaires du monde romain; — des exemples, qui étaient traditionnels en ‘Grèce, sont remplacés par le rappel de souvenirs nationaux conformément à l'usage des Sextiens et des rhéteurs^; enfin plusieurs images bionesques
1 Cf. 59 a (l'aumóne), 73 a (communauté des femmes); le stoicisme a écarté Sénéque de la diatribe, en ce qui concerne la théorie des ἀδμάφορα (12 5).
? Cf. par ex. le th. 62 a (sur la haine contre les méchants). * Cf. le th. 32a (sur l'adultére) et ses corollaires. CRAN" 33 eb 5: δ᾽
subissent une transposition latine qui ne peut étonner sous la plume d'un écrivain aussi personnel que Sénèque !.
Les indications que nous avons données plus haut sur l'évolution doctrinale du philosophe à l'égard de la diatribe sont confirmées par l'étude détaillée que nous venons de faire. Les trois quarts des textes signalés comme relevant de la tendance philosophique populaire appartiennent à des écrits composés de 62 à 65, c'est-à-dire au livre VII du De beneficiis, au De providentia et aux Epistulae.
Malgré son extension, le tableau que nous commentons ne donne qu'une vue nécessairement fragmentaire du systéme de Sénéque; plusieurs des textes cités ont été plus ou moins étroitement liés par lui à l'exposé de conceptions métaphysiques sur l'harmonie générale du monde ou de théories morales sur la solidarité des hommes ?. Nous n'avions pas à décrire ici l'aspect stoicien de cette complexe personnalité; l'image que nous en avons donnée est forcément unilatérale.
L'épicurisme n'a été, dans l'histoire de cette pensée, qu'un trés court épisode; Sénéque fut amené à la lecture attentive d'extraits d'Epicure? autant par le désir d'expliquer philosophiquement sa retraite que pour suivre sur leur propre terrain des hommes qu'il voulait convertir à une morale supérieure ; il s'agissait de leur montrer qu'ils avaient tort d'excuser leur lácheté et leurs vices en invoquant certaines doctrines mal comprises ; comme on peut le voir en parcourant le tableau des thèmes traités par Sénéque, l'auteur cite et commente surtout des sentences épicuriennes qui coincident exactement avec celles de la diatribe. Le philosophe comprit vite d'ailleurs le devoir de profiter du temps qu'il lui restait à vivre, pour agir aussi profondément que possible sur les âmes qui avaient confiance en lui; il s'est alors jugé avec une extréme sévérité; l'angoisse, qui était latente jusque là, s'avoua plus ouvertement dans ses écrits: Moveat 1lle mihi risum, ego fortasse illi lacrimas movebo *.
! Cf. th. 20 a et d; 35 et 36.
? Cf. p. 284, note 2.
* Cf. Ep. 46, 1; Sénéque possédait les oeuvres complétes d'Epicure et cependant n'utilisa qu'un recueil de fragments du philosophe.
TUEna2d. T5 ck Ep. 90, 3:
Nous avons montré plus haut comment Sénèque s'adresse avec véhémence à lui-méme, méme lorsqu'il parait exhorter autrui !; la manière dont il avoue ses faiblesses et dont il se. ees encore loin de la vraie sagesse n'est pas de la rhétorique; on touche là un fond solide et pur de cette nature multiple et parfois trouble. Multum ab homine tolerabili, nedum a perfecto absum ?. Les conseils qu'il donne sont, inspirés par une douloureuse expérience personnelle: Tamquam in eodem valetudinario. raceam de communi tecum malo colloquor et remedia communico 5, | o po
Au fond des ténèbres morales dont il a honte, une lumière rx brille : le désir d’un progrès réel. La sincérité de cette aspiration est, à elle seule, un réconfort: Magna pars est profectus velle proficere. Huius rei conscius mihi sum : volo et mente tota volo *. Sénèque se traite lui-même comme. il traite les malades qu'il s'efforce de guérir; il se décerne parfois des éloges, qui sont autant d'encouragements ὃ; il célèbre avec joie ses victoires et en parlé comme des signes d'une vraie conversion: /nfe/ligo non emendari me tantum sed transfigurart 5.
C'est à cause de la franchise avec SEE il se condamne lui-même et manifeste ses propres besoins moraux que Sénéque mérite d'étre jugé avec plus de bienveillance qu'on ne le fit généralement depuis l'antiquité *; c'est elle aussi qui nous permet de comprendre pourquoi le stoicisme traditionnel lui parait insuffisant. Toutes les démonstrations logiques lui semblent des moyens trop extérieurs et trop froids pour rénover son âme et celles des autres?; les parénèses diatribiques reposent sans doute aussi sur l'expérience et le bon sens, mais elles font surtout appel ἃ
Cf. th. 50e: p. 278, note 3. ;
" Ep. 57, 3; cf. Ad Helviam, 5, 2; De vita beata 17, 3 sq.; 18, 2; De trang. an. 8,9; Ep. 28, 6; 68, 9; 79, 11; 87, 4 et spécialement 45, 15; Intelliges s satis ᾿ nos corisequi, Si inter Dessimos Hon Sumus.
σε Aout: Y
T Ep. (4, 530; ck ES CORTE
ΕΙΣ sq. (Sur da simplicité de son costume et de sa nourriture); 108, 15 et 22 (sur l'ascétisme auquel il parvient parfois).
* Ep. 6, 1; cf. Ep. 26, 2: (Animus) gaudet non multum sibi esse cum corpore.
© Cf. Dio Cass. 61, 10; AUGUST. Civ. Dei 6, 10.
POE Ep. 02 20 Non debet hoc nobis esse propositum arguta RS. et philosophiam in has angustias ex sua maiestate detrahere.
l'exercice de la volonté; elles offrent la nourriture spirituelle dont il sent le besoin pour lui-méme comme pour son entourage. ll poursuit donc simultanément deux activités morales : son propre perfectionnement et sa propagande. L'influence de Démétrius et celle des écrits d'Ariston et de Sextius l'y aident efficacement ; il regrette d'avoir reconnu tardivement la voie de son salut intérieur (Rectum /ter, quod sero cognovi et lassus errando aliis monstro !) et se blàme désormais chaque fois qu'il retombe dans les errements des maîtres qu'il veut abandonner : Olim ipse me damno, qui illos (Stoicos) imitor, dum accuso ?.
Le róle de Sénéque dans l'évolution de la diatribe fut donc d'avoir introduit toute la philosophie populaire dans les cadres du stoïcisme traditionnel, et d'avoir aristocratisé ainsi les pensées des ascétes propagandistes : c'est de cette maniére qu'il donna naissance à un nouveau mouvement de morale : le Néo-stoicisme. La doctrine du Portique, dont il se réclamait, a été renouvelée par cette réintégration? de tous les éléments diatribiques qui pouvaient y étre admis.
ED i 3.3: