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s'entendre ; ce n'est certainement pas à l'époque de la domination gibeline en Toscane que les dames lloientines conniiencèreni à se plaindre que la France les i-endît veuves (i); et il serait presque plus vrai de dire, en retournant le mot de Villani, que ceux-là obéirent au pape et acceptèi'ent l'exil qui avaient déjà à l'étraiigei- des intérêts et des habitudes. Mais, réduite à de justes bornes, tout n'est sans doute pas légende dans l'assertion du chroniqueui' tlorentin. Si les « Lombards » (c'est-à-dire en réalité les Toscans) fréquentaient en France bien avant Montaperti, il semble bien, à divers indices, que leurs colonies se soient singulièrement développées au moment de la crise déchaînée par Manfred et Urbain IV. Le nombre dut être grand, en effet, des Guelfes qui vinrent chercher en France refuge et fortune (2). En particuher, c'est de cette époque que paraît dater l'avance prise défmitivement par Florence sur toutes les autres cités toscanes. Ces traditions conmierciales une fois créées, la victoire, le retour triomphant dans la patrie ne les tirent pas changer. Au contraire, le succès de Charles d'Anjou ouvrit aux Toscans, dans le Royaume, un nouveau champ d'activité ; ils y feront merveille.
Cela, il est vrai, c'était l'avenir, et un avenir encore obscur. Le présent restait moins brillant; les Guelfes, privés de tout ce que leur ville représentait, pour des Italiens du Moyen-Age, d'intérêts, d'affections, d'habitudes, de ressources, semblaient destinés à manger bien des années encore le pain, à monter bien des fois encore l'escalier d'autrui (•'^); la puissance militaire était du côté de leurs ennemis : sur ce terrain le pape ne pouvait rien pour eux. Mais de se sentir soutenus, encadrés, installés dans des places de refuge, indemnisés de leurs pertes matérielles, de voir surtout tant d'adhérents nouveaux, et jusqu'à d'anciens adversaires, venir
(1) On connaît les vers que Dante, Paradis, XV, 118, met dans la bouche de son aïeul Cacciaguida :
E ciascuna era certa Délia sua sepoltura; ed ancor nulla Era per Francia nel letto déserta.
(2) Parmi ces émigrés il en est un illustre, Brunetto hatini. « Brunectus T-atinI, notarius de Florentia » dresse à Arras, le 15 sept. 1263, un acte constatant que Tommaso Spigliati et quelques autres de ses compatriotes, associés des Scali, avaient juré d'observer les engagements pris en leur nom par leur chef Cavalcante; cf. plus haut (Arch. du Vatican, Instrumenta Miscellanea ad a.).
(3) Dante, Paradis, XV, 119-120.
partager leur fortune et prouver ainsi qu'ils n'en désespéraient pas, tout cela était bien fait pour les arracher au découragement dont ils étaient un instant demeurés accablés. Il serait peu intéressant de raconter en détail les événements militaires assez confus dont la Toscane fut alors le théâtre. Mais il faut noter, comme un fait remarquable d), que malgré l'écrasante disproportion des forces, les Lucquois et les Guelfes prirent plus d'une fois l'offensive, et vers le milieu de 1263, ne trahissaient en rien l'épuisement et le désir de traiter à tout prix. On a vu comment les premiers, plus intransigeants que les Pisans, compromirent une paix que ceux-ci auraient peut-être acceptée. Quant aux Guelfes, à deux reprises, en 1262 et 1263 (2)^ Hs tentèrent des coups de main sur cette Florence qu'ils avaient abandonnée précipitamment, après Montaperti, sans essayer de s'y défendre, et dans une véritable panique. En dix-huit mois, Urbain IV avait bien changé les choses.
(1; Il a été bien mis en lumière par Freidhof, op. cit., Il, 13. (2) BFW, 14184 et 14211.