‹ Les origines de la domination angevine en ItalieChapitre 39 sur 59 · III · texte numérisé non relu

III

Ils étaient à peine sortis de la Haute Italie que Clément IV en rappelait le légat qu'il avait envoyé au-devant d'eux. En le félicitant de son zèle, et même de son succès dans sa mission spéciale, le pape constatait cependant, en termes découragés, qu'il ne lui restait plus rien à faire. « L'état de la Lombardie, si l'on peut appeler état l'instabilité, et la pauvreté des églises, ne permettent pas, à notre sentiment et à celui de nos frères, qu'un légat réside actuellement dans cette province. Il n'aurait pas de quoi vivre, et son séjour ne semble pas pouvoir être fructueux(2). » C'était presque le pendant de la lettre mélancolique par laquelle Alexandre IV, désespérant de dominer la situation, avait jadis engagé l'archevêque d'Embrun à s'abstenir de se mêler aux intrigues lombardes (3). Pourtant Clément IV écrivait cela au moment où il touchait presque au port; l'armée angevine à Home, c'était ce que le Saint-Siège rêvait depuis quinze ans, c'était enfin la chance sérieuse et immédiate d'en hnu^ avec les Hohenstaufen. Mais il sentait qu'en ce qui touchait la Lombardie, ce résultat était chèrement acheté. Les Torriani étaient plus puissants que jamais ; après même le passage de l'armée angevine, connue par un contrecoup, chaque jour leur appoi'tait un succès nouveau. Le 29 janvier, les Tizzoni, exilés de Verceil, essayèrent avec des nobles Milanais exilés et les Pavesans de s'emparei' de la ville par surprise. Ils réussirent à y pénétrer, mais en furent aussitôt chassés de nouveau. Au cours de la bagarre, le podestat Paganino délia Torre avait été tué. Il fut immédiatement remplacé par son frère Napoleone, le chef de la famille (^). Ainsi cette tentative manquée n'avait eu d'autre résultat que de faire entrer plus étroitement Verceil dans la dépendance des Torriani. A peu près en même temps, Brescia, depuis si longtemps ébranlée dans sa fidélité à Pallavicini et Crémone, se révoltait soudain contre eux. rappelait ses

(1) Non le 25 décembre, comme le dit à lort BFW. 14275 a. d'après Ann. S. Justinx, 188.

(2) Lettre du 3 janv. 1266 (P. 19512; Marlène, II, 263).

(4) Ann. Plac, 515; Ann. Mantuani, 24. Sur les indemnités données aux victimes, BFW. 14281 et 14284.

exilés, ouvrait ses portes à une garnison milanaise (D. L'évêque de Cônie, llamiondo délia Torre, se cha/'gea d'y ménager un accord entre les partis i2). Enfin, le 13 mars (3), Napoleone concluait au nom de sa famille et des communes de Milan, Novare et Verceil un important traité avec le marquis de Montfei'rat. Il s'engageait à lui fournir chaque année, pendant deux mois, deux cents chevaliers, et lui garantissait toutes ses possessions ou conquêtes futures laites au delà de la ligne Doria BaltCia-Pô, et spécialement aux dépens d'Alexandrie et de Tortone. De son côté, le marquis garantissait à ses alliés leurs possessions présentes et futures en deçà de la Doiia Baltea en aval d'Ivrée, et du Pô. Dans cette région, c'était évidenmient Pavie qui était visée, et de la Lomellina (ju'il s'agissait. On se préparait donc, tandis que Pallavicini se vengeait tant bien ({ue mal de Brescia en ravageant son territoire, à pousser vigoureusement la lutte contre les plus occidentales des villes qui lui restaient, petit îlot perdu au milieu de la Haute Italie désormais presque toute angevine. Tout cela, bien entendu, « pour l'honneur de l'Eglise. » Ce que l'Eglise pouvait s'en promettre, on le voyait de reste. Il est inutile de parler des Torriani. Quant au marquis de Montferrat, les conquêtes qu'il projetait n'épargnaient pas les biens ecclésiastiques. Il était déjà en difficultés avec l'évêque de Turin (^), en attendant qu'il se jetât sur l'évêché d'Ivrée (5). En vérité le Saint-Siège avait là d'étranges amis, et comment s'étonner que Clément IV hésitât à les reconnaître pour tels ?

En somme, il ne pouvait se dissimuler qu'il était comme exclu de la Haute Italie. La position qu'il avait perdue, ou plutôt manqué l'occasion de gagner, c'était Charles d'Anjou qui l'avait conquise. Les relations de ce dernier avec ses amis de la Haute Italie demeuraient excellentes, et l'on annonçait de part et d'autre l'intention de les maintenir. Pour conserver le contact, Charles d'Anjou avait,

(1) Ann. Plac, 515 (dans la dernière semaine de janvier); Ann. Reg., 181 (au mois de février); Ann. Mant., 24 (même date); Salimbene, 246 (même date).

(2) Il y esl fait allusion dans BFW. 14293 (Iraité conclu le 23 mars 1206 entre les villes lombardes du parti angevin).

(3) C'est la date que donnent Mandelli, IV, 45, qui a publié, et Caccianotti, 217, qui a analysé ce document, et Colombo, Documenii delV Archivio comunale di VerceUi relativi ad Ivrea, 245, qui en a donné un extrait. Je ne sais pourquoi BFW. 14282 d'après Merkel, La dominazione, etc., 78, donne la date du 13 février.

(4) Merivol. op. cit., 79.

(5) Sur les démêlés entre le marquis de Montferrat et l'église d'Ivi-ée, cf. Cabotto, Le Carte dello Archivio vescovile dlvrea, II, 59 et suiv., et Reg. Clém. IV,

outre son sénéchal en Piémont, Un agent au cœur de la Lombardie en la personne de Barrai de Baux. L'armée angevine avait laissé du monde sur sa route, à Milan et ailleurs; plus d'une ville avait peut-être suivi l'exemple de Verceil et réclamé une garnison française ; au mois de janvier encore, il était question pour Charles d'Anjou d'envoyer deux cents chevaliers à Milan (i). Par contre, elle s'était grossie de nombreuses recrues ; les croisés levés dans la Marche et la Romagne par Geoffroi de Beaumont, les Guelfes florentins, qui traînaient leur exil dans les villes lombardes et se laissèrent naturellement séduire par les perspectives qu'on leur ouvrait. Les intérêts étaient donc étroitement liés, et les yeux de toute la Lombardie fixés sur la Sicile.

Gênes elle-même venait de donner à entendre qu'elle n'attendait pour se déclarer que la victoire (2). En renonçant à emprunter son territoire, Charles d'Anjou n'avait pas pour autant cessé de négocier avec elle. Comme le pape no se lassait pas de le lui rappeler (3), il devait songer aux retardataires, qui rejoignaient l'armée par petits groupes. Ceux-là ne pourraient traverser la Lombardie ; il serait bon d'obtenir que Gênes fermât les yeux sur leur passage. Il importait surtout qu'elle restât vraiment neutre. Dans le courant de 1265, on put craindre qu'elle ne tombât au pouvoir des amis de Manfred. Après une tentative manquée de réconciliation avec les Grimaldi, Oberto Spinola, dans la nuit du l^"" au 2 octobre, tenta par un coup de force de se faire proclamer seigneur et capitaine. Comme l'année précédente (^), il passait pour être soutenu de l'extérieur; les Grimaldi se réfugièrent en hâte dans un de leurs châteaux de la banlieue, persuadés que Pallavicini entrait dans Gênes. Le bruit se trouva faux; tout se réduisit à un changement de personnes. Le podestat en fonctions, un Bergamasque, fut congédié et remplacé provisoirement par Guido Spinola et Nicolas Doria, qui par leurs attaches de famille penchaient vers les Hohenstaufen. Pour l'année suivante, on choisit Jacopo de Palù de

(11 Cf. plus haut, p. 591.

''2) Voir pour ce qui suit Ann. Jan., 251-253; Caro, Genua und die Màchte am Miitelmeer, I, 171 et suiv.

(3) Lettres du 29 nov. (P. 19473; Martène, 246) et du 23 décembre (P. 19486; Martène, 254). — Ç'fivait été sans doute l'objet de la mission confiée le 7 septembre à l'archevêque d'Aix, à l'archidiacre de Meaux et à Guillaume Marescot, auprès de Gênes et de Bernabô Malaspina (BFW, 14268; Del Giudice, Codice dipJomatico di Carlo I e II d'Angiô. I, 47); mission qui n'eut peut-être pas lieu. Nous croyons, contre l'avis de Merkel, -La dominazione di Carlo d'Angid in Piemonte e in Lomhardia, 51, n. 4, qu'il faut la distinguer de celle de l'évêque d'Avignon (voir plus loin).

(4) Cf. plus haut, p. 562.

Panne, d'une famille qui avait marqué dans l'administration impériale au temps de Frédéric II, et fourni des podestats aux villes gibelines de Toscane. Sûrement l'influence de Manfred grandissait; Cliarles d'Anjou comprit qu'il fallait se montrer. Il comptait pour réussir sur les bons offices des Lucquois, déjà secrètement acquis à sa cause, vieux amis des Génois, et qui se llattaient de les persuader ^D. De là la mission que d'accord avec le pape (2) il confia à révoque d'Avignon. Les Annales génoises la lacontent avec une fine ironie.. « En cette même année, disent-elles, vint à Gênes révêque d'Avignon, homme éloquent et capable. Il exposa au conseil comme quoi le seigneur Charles, roi de Sicile, informé que la ville était troublée, l'avait envoyé pour y porter remède ; s'il trouvait la ville en bon état, tout serait pour le mieux ; sinon il avait ordre de son maîtj'e de faire tous ses efforts pour l'y remettre. Que si Gênes désirait ajouter ou préciser quelque chose dans la convention qui la liait au roi, celui-ci était prêt à faire tout ce qui pourrait lui plaire et lui convenir. Enfin le roi demandait conseil aux Génois sur ses démêlés avec le roi iVlanfred (qu'il appelait Manfred, soi-disant roi de Sicile), et ajoutait que s'ils voulaient lui venir en aide, et avoir en échange part à la conquête, il l'aurait pour très agréable. La commune répondit qu'elle remerciait de tout cela le scigneuj' roi. » Ironie de gens qui ne sont pas dupes, mais sont moins encore irréconciliables. Gênes ne voulait se donner à personne, uniquement parce qu'elle se réservait pour le vainqueur, quel qu'il fût; si résolue d'avance à le reconnaître, qu'en attendant la décision des faits, elle accordait aux deux adversaires, impartialement, le titre de roi.

Hien d'étonnant si au lendemain même de la bataille de Bénévent tes ambassadeurs Génois couraient les grandes roules, suivant Cliarles d'Anjou d'étape en étape (3^ En même temps, tandis que d'une part les potentats Lombards réclamaient le prix de leurs services (un délia Torre, Francesco, le frère de Napoleone, alla en personne porter au vainqueur les félicitations de sa famille et des Milanais, et revint avec un parchemin qui l'investissait du comté de Venafro (^), enlevé à un autre Lombard, Ubertino d'Anditô (5)), d'autre part les villes et les seigneurs de la Haute Italie, dans une

(1) P. 19473 et 19486.

(2) P. 19473 (29 novembre; cette lettre donne la date approximative de la mission de l'évêque.

(3) Ann. Jan., 256.

(4) Giulini, op. cit., IV, 573.

(5) Il l'avait reçu de Manfred en 1258 (BFW. 4680 a.).

dièle réunie à iMilan le 23 mars J2(56(i), renouvelaient les diverses ligues de la Haute Italie, auxquelles accédèient maintenant, dans un mouvement d'enthousiasme, nombre de villes qui jusqu'alors s'étaient tenues à l'écail. C'est presque la reconnaissance officielle de Charles d'Anjou connue protecteur du parti qui persiste à s'intituler parti de l'Eglise, (ju'on devrait appeler le parti angevin, et. qui sera bientôt le parti guelfe, ((uand, et précisément du fait du roi de Sicile, ces désignations de Guelfes et de Gibelins, longtemps étroitement localisées, s'étendront à l'Italie tout entière.

Tout était prêt pour un de ces grands revirements, somme de beaucoup de révolutions locales, dont l'histoire d'Italie au Moyen- Age a fourni tant d'exemples. L'événement qui devait en donner le signal ne se fit pas attendre. En un mois fut décidé le sort de cette campagne dont la préparation avait duré tant d'années. Le 6 janvier 1266 (2), Charles d'Anjou avait été couronné dans la basilique de Saint-Pierre par les cardinaux Raoul d'Albano, Ancher de Sainte-Praxède, Richard de Saint-Ange, Geoffroi de Saint- Georges en Vélabre, et Mathieu de Sainte-Marie in Porticui^K Le 20 il quittait Rome (^); le 2 février il franchissait le pont de Ceprano, accompagné jusqu'à cette frontière historique du Royaume par le cardinal des Ubaldini, que ses sentiments gibelins n'empêchaient pas d'apporter les suprêmes bénédictions de l'Eglise à une entreprise destinée à détrôner les Hohenstaufen (s). Le 26, il écrasait l'armée sicilienne à Rénévent, et la mort de Manfred faisait de lui le maître du Royaume.

Au dernier moment, les choses auraient pu suivre un cours tout différent.

Clément IV s'exagérait les ressources militaires de Manfred. et il n'avait pas le tempérament audacieux des grands joueurs politiques. Le cœur lui manqua un instant; un secret désir de retarder

(1) BFW. Ii2'.).3; CipoUa, Documenti per la Storia délie relazioni diplomatiche Ira Verona e Mantova, 114.

^2) BFW. 14276; Del Giudice, op. cit., I, 87.

(:}) Accrédités à cet effet par bulle du 29 décembre (P. 19495; cf. 19496). f4) Itinéraire de Charles d'Anjou dans Durrieu, Les Archives 'angevines de Naples, II, 165.

(5) Del Giudice, I, 98, d après une enquête de 1323; BFW. 14279 h.

la décision qui iixeraii le sort du Saint-Siège (i) lui fit méconnaître le grand lait que la domination de l'Italie dépendait de la possession de la Sicile. Il suggéra à son champion, au lieu d'attaquer tout de suite au centre la puissance de l'advei'saire, de le chasser peu à peu des positions qu'il occupait dans l'Italie septentrionale et centrale.

L'occasion de préconiser cette tactique prudente lui fut fournie par les Lucquois, avec lesquels, depuis qu'il ne comptait plus du tout sui' les Pisans, il avait été heureux de se réconcilier tout à fait. Vers le mois de novembre, il les fit enfin absoudre des sentences qui pesaient sur eux (2); te 29, il recommandait leurs ambassadeurs au bienveillant accueil de Charles d'Anjou (3); le 23 décembre (^), il s'entremettait pour faire conclure un traité. Sa lettre est très obscure. On voit cependant que les difficultés venaient du roi. Loin d'être empressé d'engager les Lucquois dans sa clientèle, il se faisait prier, refusait de leur promettre aucun appui matériel, leur marchandait môme son patronage ; il voulait que l'alliance ne fût rendue publique qu'une fois la conquête de la Sicile virtuellement achevée (5). C'est le pape qui doit lui montrer que l'alliance lucquoise, qu'il semble dédaigner, lui serait utile. « Ou tu veux envahir tout de suite le Royaume, ce que beaucoup de personnes jugent actuellement impossible, ou tu ne le veux ou ne le peux pas. Dans le premier cas, tu auras besoin de tout ton monde; si donc tu reçois les Lucquois dans ton alliance, comme ils le demandent, tu y gagneras de retenir en Toscane une fraction importante des forces de ton adversaire. Dans le second cas, nous

(1) On a vu plus haut, p. 550, avec quelle facilité il acceptait l'idée de retarder les enrôlements, en France, jusqu'à Pâques 12GG, ce qui aurait permis au roi « intérim cum. suis stabilire in suo statu » (P. 10302; Martène, II, 178).

i2) L'ordre d'absoudre est dans le Formulaire de Richard de Pofi (Bibl. Nat., fonds latin, n" 14766, fol. 175); cf. mon article dans les Etudes d'histoire du Moyen- Age dédiées à Gabriel Monod, 336.

(3) P. 19473; Martène, II, 246. Il existe dans le Formulaire de Richard de Pofi, fol. 143, une autre lettre analogue.

(4) P. 194-86; Martène, II, 254.

(5) De pareilles clauses décourageaient naturellement les Lucquois qui se demandaient à quoi pourrait bien leur servir alors 1 alliance angevine. La conduite de Charles d'Anjou, qui peut paraître singulière, doit s'expliquer sans doute par les trois considérations suivantes : 1° Décidé à marcher contre Manfred, il avait besoin de tout son monde; 2" Il comptait peu sur les Lucquois; 3° Il voulait ménager les Pisans qu'il avait peut-être encore un vague espoir de se concilier. C'est à quoi semble répondre le pape : « De Pisanis nidlam habemus (iduciam quod aliquid boni iaciant, cum miillum facere iudicent si non noceant ». Clément IV proposa que l'alliance fût rendue publique après un an au maximum, délai qui serait abrégé s'il semblait bon au pape et au roi. — Nous ignorons quelle suite fut donnée à l'affaire.

nous demandons avec angoisse » où installer tes troupes, « où pourra séjourner une si grande multitude et de quoi elle vivra. Si une bonne partie en était envoyée en Toscane, elle vivrait sur le pays, humilierait tes ennemis, t'acquerrait de la gloire, et répandrait sur le Royaume la crainte de ta puissance. Réfléchis à tout cela, avant que ton armée n'arrive ; il ne faut pas qu'après t'avoir rejoint elle ait à faire une contre-marche ; il vaudrait mieux la diriger tout de suite, partie vers la Marche d'Ancône, partie vers la Toscane, ou bien tout entière d'un autre côté, » vers le Royaume. Quelques semaines plus tard, le 11 janvier d), le pape transmettait au roi les demandes des Siennois exilés, et des fidèles de la Marche. « Ils nous importunent pour que nous obtenions de toi l'envoi de troupes. Ils prétendent qu'avec ton aide ils écraseraient les ennemis de Dieu, et te rendraient les plus grands services. Tu sais mieux que personne ce qu'il te convient de faire à cet égard. Mais tu as des chevaliers dont tu ne peux pour l'instant payer la solde. On dit que s'ils avaient seulement des chevaux et des armes, ils sauraient bien trouver de quoi vivre et de quoi s'équiper mieux pour te mieux servir. » On lit sans peine entre les lignes de quel côté penchait le pape.

Si son allié l'eut écouté, qui peut savoir combien d'années la guerre aurait traîné; guerre de sièges et d'escarmouches, telle que Frédéric II et l'Eglise se Tétaient faite sans résultats, où seul un hasard heureux pouvait permettre, comme à Gassano, comme à Montaperti, de rencontrer groupées les forces totales de l'adversaire et d'en finir avec lui d'un seul coup. Mais Charles d'Anjou n'était pas homme à s'enliser en Toscane. Le succès justifia son audace. Des timides conseils qu'il avait reçus une seule chose resta. On lui avait donné carte blanche dans l'Italie centrale. Comment l'ampêcher de faire après ce qu'on l'avait engagé à faire avant ?

(1) P. 19520; Martène, 268.

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