‹ Les origines de la domination angevine en ItalieChapitre 4 sur 59 · LU · texte numérisé non relu

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attribuaient, presque malgré elle, les actes de son adversaire. Par moments, elle a essayé de s'en faire honneur : au fond, elle n'en avajt pas le droit. Née de la jalousie des villes qui se croient lésées vis-à-vis de celles qui jouissent de la faveur du maître, la Ligue se ressentit toujours de ses origines. Même de ces négociations de 1232-1233, Grégoire IX pourra écrire plus tard, tendancieusement, mais non sans vérité, que Frédéric les fit échouer, et en se montrant, encore une fois, tout Grémonais. L'empereur, avaient déclaré les Brescians, « ne devra pas, la paix faite, prendre parti entre les villes de Lombardie, Marche et Romagne, ou entre les citoyens de chacune d'elles ». Frédéric ayant demandé que les Lombards le reconnussent comme juge des réclamations qui seraient intentées contre eux : « Mais, répondent les Plaisantins, l'empereur est de longue date hostile aux Lombards, favorable à leurs ennemis qui ont été ses alliés contre les Lombards; ceux-ci sont fondés à craindre que leur bon droit ne succombe ». — « Get article, reprennent les Milanais, et avec eux tous leurs alliés, a été mis là sur les prières et les instances de nos adversaires de Lombardie, et non pour l'honneur et l'utilité de l'Empire ». Il en est de môme de celui qui prétend stipuler la restitution de ce qui a pu être enlevé aux partisans de l'empereur. — Ainsi ce que l'on reproche à Frédéric, c'est plus encore d'être partial que d'être tyrannique. Une oppression égale pour tous eût été plus aisément supportée. Quelques mois plus tard, Grégoire IX, pris comme arbitre, rend sa sentence provisoire. Les Lombards, avant de l'accepter, s'empressent de bien faire spécifier qu'elle ne les oblige à rien vis-à-vis de Crémone, Pavie, Parme, Reggio, Modène, Vérone, Trévise et Ravenne. Ainsi la première liberté à leurs yeux est celle de haïr et de combattre leurs voisins.

Jamais, d'ailleurs, ils ne sont allés jusqu'à nier l'autorité impériale en elle-même; ils ont toujours combattu la personne beaucoup plus que le principe, et sans renoncer à l'espoir d'un changement de personne qui leur permettrait à leur tour de profiter du principe. C'est ce que prouve l'accueil fait par eux aux avances de Henri VII, en 1234. Brouillé avec son père et préparant sa révolte, ce prince voulut avoir un parti dans la Haute Italie. Il n'eut qu'à s'offrir : les Milanais et leurs alliés se déclarèrent prêts à le reconnaître pour roi, à lui obéir et à le servir en cette qualité,

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