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Le général Le Flô à M. Drouyn de Lhuys, 24 décembre

34 LES ORÎGltfÉS DE LÀ. GUERRE DE GRIMEE

forme de gouvernement ne pouvait y offrir plus de chances de durée que la forme républicaine. — Je ne ferais aucune difficulté, continua-t-il, de reconnaître officiellement la République, si elle donnait de sérieuses garanties du maintien des traités. J'attends le nouveau président à l'oeuvre, je ne le connais pas encore; et je conformerai ma politique à son. attitude. Ce que je veux vous répéter, c'est que j'aime la France, et que dans mon opinion la France se tirera d'affaire; elle a un bon sens qui peut tout surmonter1. » .

Vers la môme époque, l'empereur Nicolas parlant, dans son cercle intime, du revirement de ses bonnes intentions à l'égard de la République française, en donnait la raison suivante : « Je ne suis pas ennemi de la République; je reconnaîtrais donc le nouveau gouvernement français, s'il était vraiment républicain : mais il n'a de la république que le nom. Un des ministres français vient de m'écrire directement pour me prier de lui accorder un ordre russe ; est-ce là un gouvernement républicain que celui dont les ministres sollicitent d'un souverain étranger une décoration? » Il est fâcheux que l'empereur n'ait pas trahi le nom de son quémandeur.

1. Le marquis de Ferrière le Vayer à M. Drouyn de Lhuys, 14 février 1849. La suite des appréciations de l'empereur Nicolas est Curieuse : « Il n'en est pas ainsi de l'Allemagne; elle se consumera dans la recherche de l'unité, ce rêve de quelques professeurs. Je n'augure pas mieux de l'Italie : l'unité italienne est une chimère; et quant à Charles-Albert, après s'être remué dans la fange, il tombera dans la boue. »

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