‹ Les origines de la guerre de CrimeeChapitre 11 sur 112 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

MISSION OU MARQUIS DE FERRIÈRE LE VAYER A SAINT-PÉTERS- BOURG- — RÉTABLISSEMENT DES RAPPORTS DIPLOMATIQUES OFFI- CIELS ENTRE LA FRANCE ET LA RUSSIE.

L'année 1849 s'ouvrait dans des conditions bien défavorables à une reprise de bonnes relations entre la France et la Russie. L'empereur Nicolas était rempli d'une grande méfiance à l'égard du nouveau président de la République, et il la manifestait très ouvertement; il est vrai qu'en France, le prince Louis ne lui en voulait pas de ses mauvaises dispositions; même, sous l'inspiration de sa cousine, la princesse Mathilde, qui d'un séjour de deux ans à Pétersbourg avait rapporté un sentiment d'affectueuse admiration pour l'empereur, dont, par sa mère, elle, était assez proche parente, le prince était disposé à faire les avances compatibles avec la dignité de la France pour se concilier l'intransigeant souverain1; mais son ministre des affaires étrangères, M, Drouynde Lhuys2, était loin d'avoir des vues aussi généreuses. Ayant longtemps servi dans la diplomatie sous le règne de

1. Ce n'est que justice de remarquer, à l'honneur du prince, que, soit comme président de la République, soit plus tard comme empereur, il évita, autant qu'il put, de témoigner de la rancune personnelle pour les mauvais procédés dont, à diverses époques, l'empereur Nicolas usa à son égard. Au plus fort de la guerre de Crimée , il permit même à la princesse Mathilde de porter à la cour des Tuileries le deuil de ce souverain. Les ministres français des affaires étrangères n'eurent pas la même sérénité d'humeur et firent souvent aux attaques venues de Pétersbourg de virulentes reparties.

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