Voir à l'appendice, n
Arrivé à Vienne le 23 janvier, le comte Orlof reçut le lendemain ce supplément d'instructions et s'empressa d'en communiquer le texte au comte de Buol ; celui-ci comprit que la tentative de conciliation entre les belligérants avait échoué, mais, ne voulant pas prendre seul le soin de le déclarer à l'envoyé russe, il réunit le 2 février les ministres d'Angleterre, de France et de Prusse, et un protocole, rédigé dans cette réunion, constata officiellement que la réponse russe mettait fin aux bons offices des quatre puissances. « La première phase, celle des efforts pour empêcher la guerre de s'étendre, est aujourd'hui épuisée, » dit d'un ton grave le comte de Buol quand il clôtura la séance1.
Pendant que s'évanouissait à Vienne la chance de médiation rêvée par le gouvernement autrichien, l'empereur Napoléon tentait de son côté, par une démarche directe auprès de l'empereur Nicolas, de conjurer l'explosion de la guerre entre la Russie et les çleux puissances maritimes; il avait présente dans son souvenir la recommandation que plusieurs fois l'empereur Nicolas lui avait fait transmettre par le général de Castelbajac, de s'adresser directement à lui en cas de désaccord ; il ne s'était pas rendu un compte exact de la profonde blessure d'amour-propre qu'il avait infligée au tsar quand il avait interdit au général de Goyon de se rendre à Varsovie, et il pensait que cet incident n'avait pu altérer l'estime et la sympathie manifestées naguère pour lui par l'orgueilleux souverain. Il fut confirmé dans cette pensée par le langage que lui tint, à la fin d'un bal donné aux Tuileries le 11 janvier* le baron de Seebach, ministre de Saxe à Paris, qui, étant gendre du comte de Nesselrode, passait pour être bien au fait des sentiments de la cour de Russie. Or, le baron de Seebach