‹ Les origines de la guerre de CrimeeChapitre 14 sur 112 · M. de Nesselrode à M. Kisselef, — — 1849. Nous ne pou · texte numérisé non relu

M. de Nesselrode à M. Kisselef, — — 1849. Nous ne pou

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vons nous empêcher de faire remarquer combien en cette occasion le style de la chancellerie russe, dont M. de Nesselrode était en général très fier, fut confus et prétentieux ; que dire de telles expressions : entamer des rapports sur une base solide et durable, ou entrer dans des relations sur un pied cordial et permanent?

Cette dépêche était, en somme, rédigée en termes aimables; mais M. Droiiyn de Lhuys ne se payait pas de mots : il reçut donc très froidement M. Kisselef : « Je lui ai répondu, écrivait-il quelques jours après à M. de Ferrière, de manière à faire comprendre que la Russie nous trouverait toujours disposés à accepter avec elle les relations qu'elle jugerait à propos d'entretenir avec nous, mais que nous attendrions patiemment qu'il lui convînt de modifier celles qui existent aujourd'hui. » Puis M. Drouyn de Lhuys, qui redoutait toujours de la part de M. de Ferrière quelque acte trop empreint de déférence pour la Russie, accentuait ses précédentes instructions : « Je ne puis que vous recommander de nouveau de ne plus prendre, même indirectement ou par insinuation, l'initiative d'un entretien sur cette matière1. »

Ainsi le ministre français avait pris son parti de la situation anormale où se trouvait placée la France vis-à-vis de la Russie, et il ne s'inquiétait pas de hâter le moment où l'empereur Nicolas cesserait de tenir rigueur au prince Louis. Ce dernier certainement ne partageait pas cette indifférence; mais, absorbé par les affaires intérieures de la France, où il éprouvait la plus grande peine à faire prévaloir ses idées contre l'opposition de la plupart de ses ministres, il ne voulait pas s'aliéner encore M. Drouyn de Lhuys, celui qui dans le cabinet lui portait peut-être le plus d'intérêt; et, en conséquence, il le laissait absolument libre de garder vis-à-vis de la Russie une attitude revêche.

Dans ces conditions, la reconnaissance de la République paraissait devoir être ajournée, au moins jusqu'à un changement de ministère en France, lorsque des événements imprévus amenèrent l'empereur Nicolas à surmonter ses dernières répugnances et à

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