Le marquis de Ferrière à M* Drouyn de Lhuys, 5 mai
entraînent les masses irréfléchies, en leur offrant le trompeur appât d'un bonheur qui ne saurait jamais être le fruit de la licence et de l'anarchie, ont pénétré jusqu'en Orient dans les principautés de Moldavie et de Valachie, soumises au gouvernement ottoman et limitrophes de notre empire. Ce n'est que par la présence de nos troupes et de celles de la Turquie que l'ordre y a été rétabli et qu'il s'y maintient.
« Mais en Hongrie et en Transylvanie les efforts du gouvernement autrichien, qui avait, en outre, à combattre des ennemis extérieurs et intérieurs en Italie, n'ont pu jusque présent triompher de la révolte; au contraire, celle-ci, grossie par les bandes de nos rebelles polonais de 1831, et des aventuriers, des exilés et des vagabonds de toutes les nations, a atteint les proportions les plus menaçantes. Dans de si funestes conjonctures, l'empereur d'Autriche s'est adressé à nous pour demander notre concours contre nos communs ennemis. Nous ne nous y refuserons pas.
« Après avoir invoqué en faveur d'une cause si juste l'assistance du Dieu des armées, qui seul dispose de la victoire, nous avons donné à nos troupes l'ordre d'avancer pour étouffer la révolte et anéantir les factieux téméraires qui osent même attenter au repos de nos provinces. Que Dieu soit avec nous! et qui sera contre nous1? »
Si grande qu'ait été l'irritation de l'empereur Nicolas quand il signa ce manifeste, il était trop avisé pour ne pas comprendre qu'un pareil langage et l'expédition militaire qui devait le suivre allaient soulever contre la Russie une grande partie de l'opinion publique en France et en Angleterre ; trop de per-