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M. de Tocqueville à M. de Ferrière, 30 juin

insultes à la forme de notre gouvernement ? » avait demandé à M. de Ferrière un des personnages les mieux informés des sentiments de l'empereur. Mais il ne suffisait pas à l'empereur que l'écho de son mécontentement parvînt à Paris par une voie détournée; il fallait qu'on y fût directement informé par une communication diplomatique du déplaisir qu'il avait ressenti en voyant travestir ses intentions et transformer en une démonstration contre la République l'assistance qu'il donnait à l'Autriche. M. de Nesselrode, dans la dépêche que M. Kisselef fut chargé de lire à M. de Tocqueville pour notifier l'agrément officiel de l'empereur à la nomination du général de La Moricière, glissa donc une phrase démentant les fausses interprétations faites à Paris des dernières déterminations impériales. « Nous protestons, écrivit le chancelier, de Varsovie où il était allé rejoindre l'empereur, contre toute arrière-pensée d'une coalition hostile à la France républicaine. »

Afin de donner le plus tôt possible aux rapports diplomatiques des deux gouvernements leur forme définitive, M. de Tocqueville avait décidé que le général de La Moricière n'attendrait pas le retour à Pétersbourg de l'empereur Nicolas, mais se rendrait de suite à Varsovie pour y remettre à Sa Majesté ses lettres de créance. Pourquoi le général ne suivit-il pas scrupuleusement ces instructions? Arrivé à Berlin, il pouvait continuer en chemin de fer sur Varsovie par Breslau et Czestochowa ; il préféra se détourner de sa route et fit une pointe jusqu'à Gracovie, où il séjourna pendant vingt-quatre heures; là, il visita dans la cathédrale les tombeaux des rois de Pologne.

Le panégyriste du général, qui a dû avoir à sa disposition la correspondance privée de celui-ci1,

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