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Allusion à l'insurrection de Pologne de

en Turquie; or, il y en avait quatre mille1. Mais cette différence entre les prétentions des deux puissances ne devait pas se maintenir longtemps.

La Russie avait alors comme représentant à Constantinople M. Jitof/ homme d'un esprit étroit et d'un tempérament violent, porté, par conséquent, à tout pousser à l'extrême. De la dépêche de M. de Nesselrode, il ne retint que les menaces; et, oubliant qu'il ne devait réclamer que les quatre Polonais spécialement dénommés, entraîné, d'ailleurs, par l'exemple de son collègue d'Autriche et peut-être aussi par des lettres enflammées venant de l'armée russe, il n'hésita pas à exiger la livraison des onze cents Polonais réfugiés sur le sol turc; même, perdant toute mesure, il alla jusqu'à déclarer au ministre ottoman des affaires étrangères, Ali-Pacha, que l'évasion d'un seul de ces réfugiés serait un cas de guerre. Il ne montra pas plus de tact ni de mesure quand le prince Radziwill, arrivé à Gonstantinople, présenta, le 6 septembre, au sultan Abdul-Medjid la lettre autographe de l'empereur Nicolas. M. Titof insista très cavalièrement pour que, séance tenante, satisfaction fût donnée à la demande de son maître. Mais, sans s'émouvoir de l'arrogance du ministre de Russie, Sa Hautesse répondit qu'elle devait prendre l'avis de ses ministres et qu'elle ferait connaître sa décision au prince Radziwill dans une seconde audience, qu'elle fixait au 15 septembre.

L'émoi fut grand à Thérapia à l'ambassade d'Angleterre quand on y apprit ces événements. L'ambassadeur, sir Stratford Canning2, était un ennemi

1. Les plus célèbres étaient Kossuth, l'ancien dictateur avant Gôrgey, et le comte Andrassy. Ce dernier, qui fut condamné à mort par contumace et pendu en effigie, devait, vingt ans plus tard, prendre une belle revanche en devenant chancelier de la monarchie austro-hongroise.

2. Il fut élevé à la pairie le 24 avril 1852 sous le titre de vicomte Stratford de RedclifFe.

personnel de l'empereur Nicolas, à qui il n'avait jamais pu pardonner d'avoir refusé jadis1 de l'agréer à Pétersbourg comme ambassadeur d'Angleterre2; et c'est en grande partie sous l'influence de ce ressentiment, que, accrédité depuis quelques années comme ambassadeur auprès du sultan, il avait assumé, envers et contre tous, souvent même en contradiction formelle avec les vues du gouvernement britannique, le rôle de protecteur de l'indépendance de la Turquie; craignant que ce n'en fût fait à jamais de cette indépendance, si la Porje accédait aux exigences formulées par l'internonce et le ministre de Russie, il résolut, malgré l'absence de toutes instructions, de contrecarrer les efforts de ceux-ci et d'empêcher l'extradition demandée. Dans ce but, il mit fort adroitement en avant son collègue de France, le général Aupick, qui lui non plus n'avait aucunes instructions, mais dont le cœur généreux ne pouvait résister aux arguments philanthropiques que lui fit valoir l'habile diplomate anglais. Le 7 septembre, c'est-à-dire dès le lendemain de l'audience du prince Radziwill, le ministre de France, bien endoctriné par sir Stratford, envoya donc son premier drogman lire au grand vizir Rechid-Pacha et au ministre des affaires étrangères Ali- Pacha une note qui les engageait à la résistance ; un résumé de cette pièce fut laissé entre leurs mains, afin qu'ils pussent en donner connaissance au conseil convoqué pour le lendemain. Ce résumé était ainsi conçu :

« Répondre que, désirant donner une preuve de sa ferme résolution d'éviter tout ce qui pourrait porter atteinte aux bons rapports existant entre les trois

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