M. Armand Lefebvre à M. Baroche, 30 mai
2. Le comte de Nesselrode à M. Kisselef, 18/30 mai 1851. Cette dépêche, dès le retour de l'empereur à Varsovie, le 3 juin, fut transformée en circulaire et envoyée à toutes les missions russes. Le gouvernement prussien crut devoir, à l'exemple du gouvernement russe, donner de son côté à la France des explications rassurantes; le Comte de Hatzfeldt remit à M. Baroche une dépêche du baron de Manteuffel où se lisaient les passages suivants : « La (réunion de Varsovie n'a donné lieu à aucun acte international; les
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Les sentiments de l'empereur Nicolas étaient, par conséquent, bien connus à Paris, et il n'est pas étonnant que, quelques semaines après, au mois de juillet, quand se déroula devant l'Assemblée législative la discussion sur la révision, M. Victor Hugo, adversaire résolu de cette révision, comme, au demeurant, de toute mesure qu'il pensait devoir être avantageuse au prince président, ait reproché à celui-ci et à ses partisans de faire cause commune avec l'empereur de Russie; aux yeux de M. Victor Hugo, qui traitait ce souverain de « tyran et de vampire1 », c'était un crime grave : « Que dirait le grand Napoléon, s'écria le fougueux poète, si, revenant sur cette terre, il voyait son glorieux et belliqueux empire soutenu par des hommes qui se tournent vers le nord et se collent l'oreille contre terre pour écouter s'ils n'entendent pas venir enfin le canon russe! »
appréciations qui naturellement n'ont point été exclues de l'échange d'idées entre les deux augustes souverains et leurs ministres n'ont pas dépassé les limites de considérations générales sur la situation politique de l'Europe. Quiconque examine cette situation avec impartialité et connaissance de cause ne peut se faire illusion sur les dangers qu'elle renferme, dangers qui inspirent à tous les gouvernements l'obligation solidaire de fortiûer les éléments d'ordre et d'autorité, afin de mettre la société à l'abri du bouleversement dont elle est menacée. Sous ce rapport, les hommes d'Etat qui se trouvent actuellement à la tête des affaires en France (il fallait une périphrase pour éviter d'écrire le nom du prince Louis-Napoléon) ont prouvé dans plus d'une occasion qu'ils comprennent la tâche des gouvernements et qu'ils savent s'associer à leurs tendances conservatrices. Ce mérite, apprécié à sa juste valeur par le cabinet du roi, n'a pas manqué de l'être également dans les entretiens politiques de Varsovie. » (Le baron de Manteuffel au comte de Hatzfeldt, 7 juin 1851.)