M. de La Valette à M. Thouvenel, 15 février
2. M. Sabatier, chargé d'affaires à Constantinople, à M. Thouvenel, 26 mars 1852.
tation de M. dé La Valette contre l'arrangement offert par la Porte n'existait que pro forma et que le gouvernement français n'avait aucune idée d'en faire un argument pour l'avenir1 ». On pensait que, moyennant cette assurance, l'empereur Nicolas cesserait de son côté d'inquiéter la Porte par des réclamations touchant aux lieux saints2.
Le général de Gastelbajac, qui ne voyait pas sans quelque souci l'émotion réelle causée en Russie par la discussion sur les lieux saints, s'empressa de faire au comte de Nesselrode la communication prescrite; le chancelier nota avec plaisir que la France « s'en tiendrait à ce qui avait été fait » et que « la protestation de M. de La Valette n'était que pro forma » ; mais cependant, observait le général, sa réponse était empreinte « de contrainte et d'embarras3 »; il se plaignit de « l'éclat » donné dès le principe par le Journal des Débats à « cette malheureuse affaire si intempestivement soulevée par le gouvernement français4 » ; bref, il s'exprima de telle façon que le général dut se demander si « l'intention de l'empereur Nicolas n'était pas de saisir la première occasion favorable pour agir de nouveau sur la Porte afin de maintenir à Jérusalem la suprématie de l'Eglise grecque5 ».
Quinze jours plus tard, comme M. de Nesselrode,
1. M. Thouvenel au général de Castelbajac, 15 mars 1852. La dépêche officielle du marquis Turgot, en date du même jour, était moins catégorique : « Nous n'avons pas l'intention de pousser plus loin pour le moment la revendication de nos incontestables droits. »
2. Le marquis Turgot au général de Castelbajac, 15 mars 1852. « Nous avons lieu d'espérer que l'empereur, dont nous nous plaisons à reconnaître la haute équité et la droiture de jugement, ne se méprendra pas sur le caractère de la satisfaction tardive et incomplète que nous avons obtenue, et qu'il ne nous supposera dans cette négociation ni des motifs ni des prétentions dont tout concourt à démontrer le peu de fondement. »