Le chancelier était absent, aux eaux de Kissingen
3. Le général de Castelbajac au marquis Turgot, 2 juillet 1652.
crédit sur le gouvernement du roi Othon, il relevait les fautes de celui-ci envers la religion orthodoxe et l'accusait de négligence impardonnable dès que cette religion était en jeu ; il aurait pu, enfin, dénoncer les accointances compromettantes que M. Persiani, à Athènes même, entretenait avec le parti révolutionnaire. Mais le gouvernement français trouva plus digne de ne pas entrer dans la voie des récriminations; et, par une démarche inattendue, il coupa court à la campagne haineuse que M. Persiani avait entreprise et à laquelle s'associait si complaisamment le gérant du ministère impérial des affaires étrangères. Le 2 août, M. Drouyn de Lhuys, redevenu ministre à la place du marquis Turgot, rédigea à l'adresse du gouvernement bavarois une dépêche dont copie fut remise immédiatement à M. Séniavine, et par laquelle la France pressait le roi Maximilien, en sa qualité de chef de la maison de Wittelsbach, de promulguer au plus vite les arrangements pris par les princes ses frères, pour assurer la dévolution de la couronne de Grèce à celui d'entre eux qui se soumettrait aux conditions posées par la constitution de ce pays : « Nous ne faisons qu'énoncer une vérité incontestable, — ainsi s'exprimait M. Drouyn de Lhuys, — une vérité politique, en proclamant qu'à nos yeux le successeur du roi Othon ne pourrait, sans exposer son règne à d'inextricables embarras, s'abstenir de répondre aux vœux de la nation hellénique... Le gouvernement du prince président de la République est animé du sincère désir de voir le nouveau trône se perpétuer dans la dynastie des Wittelsbach; il espère fermement que la maison de Bavière, consultant ses intérêts, ceux du roi Othon, et enfin ceux que les trois puissances protectrices avaient cru confier définitivement à sa garde1, avisera sans plus de