Le comte de Reiset à M. Drouyn de Lhuys, 2 octobre
inévitable. Mais on pouvait hâter la venue de ces circonstances favorables, et un moyen très efficace parut être la conclusion d'un mariage avec une princesse appartenant à une maison souveraine d'Europe. « Un mariage princier, disaient alors au prince certains de ses meilleurs conseillers, aurait ce résultat considérable de consolider la confiance au dedans, et de conquérir au dehors l'ascendant nécessaire pour combattre les préjugés et les méfiances que ne manquera pas d'inspirer le retour de votre dynastie1. » Malheureusement, comme le disait le prince lui-même, « son nom effrayait les cours », et c'eût été bien présomptueux de sa part d'aspirer à une alliance vraiment haute*. Dans ces conditions, il pensa à une de ses parentes, la princesse Caroline Wasa, petite-fille de la princesse Stéphanie de Bade3, Le parti n'était pas particulièrement brillant, puisque les Wasa, dépossédés du trône de Suède, étaient en exil ; de plus, le père de la jeune princesse Caroline passait pour n'être pas d'une sobriété solide. Néanmoins une alliance avec les maisons de Bade et de Hohenzollern-Sigmaringen était loin d'être sans valeur4, et pour le prince, qui savait la grandeduchesse Stéphanie acquise d'avance à ça cause, le projet avait le grand avantage de paraître offrir