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La cour était en deuil du duc de Leuchtenberg

3. Elle était veuve du grand-duc Michel Pavlovitch, mort à Varsovie le 9 septembre 1849.

4. Sir Hamilton Seymour fit observer que l'Angleterre et la Russie venaient de se trouver en désaccord au sujet du nom de Napoléon ///réclamé par l'empereur des Français.

diesse, de vouloir bien ajouter quelques mots, « afin de calmer, s'il était possible, l'anxiété que les événements en cours pouvaient causer au gouvernement britannique du côté de la Turquie1 ». L'empereur hésitait à répondre, craignant sans doute d'être entendu par quelque indiscret2; mais, se raffermissant vite, il dit : « La Turquie est en pleine désorganisation. Il faut nous entendre à son sujet3. Tenez, nous avons sur les bras un homme malade, un homme gravement malade ; ce serait, je vous le dis franchement, un grand malheur si un de ces jours il devait nous échapper, surtout avant que toutes les dispositions nécessaires fussent prises. Mais enfin, ajouta l'empereur pour clore l'entretien, ce n'est point le moment pour vous parler de cela4, »

Cette conclusion indiquait que l'empereur, répondant au désir du ministre d'Angleterre, lui donnerait prochainement en particulier de plus amples explications. En effet, Sir Hamilton reçut bientôt du chancelier un avis l'invitant à venir au Palais d'Hiver le vendredi 14 janvier pour causer avec l'empereur. Au jour dit, dès que Sir Hamilton eut été introduit, l'empereur entra résolument en matière, en faisant un assez long exposé, dont nous ne reproduisons que les traits les plus saillants : « Vous connaissez les plans d'expansion territoriale dans lesquels se complaisait l'impératrice Catherine ; ils se sont perpétués jusqu'à nos jours; mais moi, héritier des

1. « I should bc particularly glad lhatYour Majesly should add a few words which may tend tocalm the anxiety with regard to the affaira of Turkey which passing events are so calculated to excite on the part of Her Majesty's government. »

2 . Il était très mécontent du bruit fait autour de la mobilisation des 4e et 5e corps d'armée; et comme son fils le grand-duc Nicolas avait exprimé, à propos de cette mobilisation, le vœu d'une guerre prochaine contre la Turquie, il lui avait infligé une semonce vigoureuse.

3. Les deux phrases suivantes sont en français dans la dépêche de Sir H. Seymour.

4. Sir Hamilton Seymour à Lord John Russell, 11 janvier 1853.

immenses possessions de ma grand'mère, je n'ai pas hérité de ses visions. Toutefois, auprès de la Russie est la Turquie ; et dans cet empire turc il y a plusieurs millions de chrétiens aux intérêts desquels je suis tenu de veiller; c'est, en même temps qu'un devoir, un droit que les traités m'ont assuré1. Malheureusement la Turquie est tombée peu à peu tf ans une telle décrépitude que, comme je vous l'ai dit l'autre jour, ce malade peut subitement mourir et nous rester sur les bras. Eh bien! je vous pose cette question : ne vaut-il pas mieux se parer d'avance contre cette éventualité que de courir les risques du chaos, de la confusion, de la guerre européenne? Toutes choses qui suivront forcément la catastrophe si celle-ci doit se produire à l'improviste, avant que nous ayons pu ébaucher une organisation quelconque pour remplacer l'état de choses actuel8. Voilà sur quoi je désire que soit appelée l'attention de votre gouvernement. — On a toujours éprouvé en Angleterre, fit observer Sir Hamilton, une extrême répugnance à escompter la succession d'un ancien ami et allié. — Fort bien, reprit l'empereur, néanmoins il est de la plus haute importance que nous nous entendions, afin de n'être pas surpris3. Main-

1. « La Sublime Porte promet une protection constante à la religion chrétienne et aux églises de cette religion. Elle permet au ministre de la cour impériale de Russie de faire en toute occasion des représentations à la Porte, tant en faveur de l'église contruite à Constantinople qu'en faveur de ceux qui la desservent, et elle promet de donner attention à ces observations , comme venant d'une personne considérée et appartenant à une puissance voisine et sincèrement amie ». (Traité de Kaïnardji du 10/21 juillet 1774, article VII.)

2. « I put itto you, whether it is not better to be provided beforehand for a contingency than to incur the chaos, confusion and the certainty of an European war, ail of which must attend the catastrophe, if it should occur unexpectedly and before some ulterior System had been sketched. »

3. Les phrases suivantes sont en français dans la dépêche de Sir H. Seymour.

tenant je désire vous parler en ami et en gentleman. Si nous arrivons à nous entendre sur cette affaire, l'Angleterre et moi, pour le reste peu m'importe; il m'est indifférent ce que font ou pensent les autres. Usant donc de franchise, je vous dis nettement que si l'Angleterre songe à s'établir un de ces jours à Constantinople, je ne le permettrai pas; je ne vous prête pas ces intentions, mais il vaut mieux dans ces occasions parler clairement. De mon côté, je suis également disposé à prendre l'engageraient de ne pas m'y établir, en propriétaire, il s'en- 'tend; car en dépositaire, je ne dis pas. Il pourrait se faire que les circonstances me missent dans le cas d'occuper (temporairement) Constantinople, si rien ne se trouve prévu, si l'on doit tout laisser aller au hasard. »

. L'empereur alors produisit à Sir - Hamilton les griefs qu'il avait contre la Turquie au sujet des lieux saints; il allégua la promesse que lui avait directement faite par lettre le sultan de ne rien changer à l'état des possessions des Grecs; il rappela qu'un firman avait ensuite confirmé officiellement ces promesses, et il se plaignit, mais sans nommer la France, de ce qu'à Constantinople on méconnût des engagements ainsi souscrits envers lui-même. Le ministre d'Angleterre répondit qu'il trouvait justes les réclamations de l'empereur et qu'il ne doutait pas qu'elles ne fussent bientôt satisfaites; qu'il ne redoutait, d'ailleurs, à ce sujet, pour la Turquie, aucune complication vraiment grave. Ce qui l'inquiétait, au contraire, c'étaient les mesures militaires prises dans la Russie méridionale, sur les frontières de l'empire ottoman. Ces mesures, si elles devaient s'accentuer, ne provoqueraient-elles pas une contre-démonstration de la France, et par contre-coup une insurrection générale des chrétiens dans l'empire ottoman? À quoi l'empereur répondit que ses troupes n'a-

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vaient fait aucun mouvement en avant et qu'il espérait bien qu'elles n'en auraient pas à faire. « Quant à une expédition française en pays ottoman , elle amènerait immédiatement, déclara l'empereur, la crise finale; par sentiment d'honneur, je serais contraint d'envoyer de mon côté, sans hésitation ni délai, dés troupes en Turquie; et si là conséquence devait être le renversement du Grand Turc, je regretterais cet événement, mais ne pourrais m'empêcher de penser que j'aurais accompli mon devoir1. Vous voudrez bien, fit-il en terminant, rendre compte.de notre entretien à votre gouvernement, et vous lui direz que je suis prêt à accueillir toutes les communications qu'il jugerait à propos de me faire2. »

Dans ces deux entretiens, l'empereur, tout en ayant eu sans cesse la France devant les yeux, n'avait pas eu un mot véritablement blessant pour elle. Cette réserve fut loin d'être observée par M. de Nesselrode, qui le même jour écrivait au baron de Brunnow, ministre de Russie à Londres, pour le charger de solliciter le concours du gouvernement anglais en vue du règlement, dans un sens favorable à la Russie, du conflit relatif aux lieux saints. La dépêche de M. de Nesselrode est un véritable réquisitoire contre la France, et un réquisitoire d'une violence choquante3; on se demande comment le baron de

1. « With regard to a French expédition to ihe Sullan's dominions, His Majesty intimated that such a step would bring affairs to an immédiate crisis ; that a sensé of honour would compel him to send his forces into Turkey without delay or hésitation ; thatifthe resuit of such an advance should prove to be the overthrow of the grand Turc, he should regret the event, but should feel that he had acted as he was compelled to do. »

2. Sir Hamillon Seymour à Lord John Russell, 22 janvier 1853.

3. Cette dépêche passe pour être sortie de la plume de M. Labensky, haut fonctionnaire du ministère russe des affaires étrangères, a II s'efforce de paraître plus Grec que les Grecs mêmes, » disait de lui le général de Castelbajac. (Lettre à M. Thouvenel, l«r février 1853.)

Brunnow put communiquer cette pièce à Lord John Russell, qui remplissait alors momentanément au Foreign Office les fonctions de principal secrétaire d'État. Le chancelier de Nesselrode s'exprimait ainsi : « Les immunités du rite orthodoxe lésées, la parole que le sultan avait donnée solennellement à l'empereur violée, exigent un acte de réparation quelconque. Si nous prenions pour exemple les procédés impérieux et violents qui ont conduit la France à ce résultat; si nous étions comme elle indifférents à la dignité de la Porte, aux conséquences qu'un remède héroïque peut exercer sur une constitution aussi fortement délabrée que celle de l'empire ottoman, notre marche serait toute tracée, et nous n'aurions pas de longues réflexions à faire. La menace et l'emploi de la force seraient nos moyens immédiats. On a appelé le canon la dernière raison des rois; le gouvernement français en fait sa raison première. C'est l'argument par lequel il a déclaré de prime abord vouloir débuter à Tripoli1 comme à Constantinople*. Malgré nos griefs légitimes, et au risque d'en attendre quelque temps de plus le redressement, nous chercherons à adopter une méthode

1. Au mois de juillet 1852, une escadre française avait paru devant Tripoli de Barbarie pour réclamer deux Français qui, ayant demandé à entrer au service militaire de la Turquie et ayant refusé de se faire musulmans, avaient été emprisonnés et en butte, dans leur prison, à toutes sortes de mauvais traitements. Le consul de France les avait réclamés vainement; ils furent rendus sur la menace d'un bombardement.

2. Dans une dépêche en date du 20 novembre 1852, adressée à Lord Malmesbury, le colonel Rose, chargé d'affaires d'Angleterre à Constantinople, prétendait que M. de La Valette avait menacé la Porte d'une démonstration navale française devant Jaffa, et même d'une occupation militaire de la Palestine. Aucune trace de semblable menace ne se trouve dans la correspondance officielle de M. de La Valette. On trouve seulement, à la date du 25 août 1852, le propos suivant de Fuad-Effendi, le ministre ottoman des affaires étrangères : « J'aurais compris que vous eussiez fait pour les lieux saints ce que je ne puis comprendre que vous ayez fait pour Tripoli. »

moins expéditive. Nous voulons encore, de même que nous l'avons toujours voulu, la conservation de l'empire ottoman, comme étant, à tout prendre, la combinaison la moins mauvaise à interposer entre tous les intérêts européens, qui ne manqueraient pas de se heurter violemment en Orient si le vide venait à s'y faire. Nous nous efforcerons conséquemment d'éviter jusqu'au bout, autant qu'il peut dépendre de nous, sans compromettre notre honneur, tout ce qui serait de nature à ébranler encore davantage ce corps si faible et si chancelant, au risque de le faire tomber en poudre. Quoique nous ayons vainement tâché jusqu'ici de rendre la Porte accessible aux conseils de la raison, nous allons faire encore dans ce but une tentative conciliante. Nous sommes donc en ce moment à la recherche d'un arrangement qui puisse rendre au fi r m an (du 21 mars 1852) la validité qu'on lui a ôtée, rétablir à Jérusalem les deux rites sur le pied dé l'égalité et concilier leurs prétentions sans léser les droits de l'un et de l'autre. Les conseils pacifiques, mais fermes, dont ces propositions seront accompagnées auront pour but d'éclairer la Porte sur la conséquence des torts que, par faiblesse, elle s'est donnés envers nous, et en même temps de la rassurer contre les éventualités qui la préoccu<pent et l'effrayent du côté de la France.

« Mais, tout en désirant et voulant fermement n'employer que des moyens pacifiques, il est toutefois une considération que nous n'avons pu entièrement perdre de vue. C'est que l'ascendant moral de la France a pris de telles proportions à Constantinople, qu'il devient fort à appréhender que toutes nos démarches ne finissent par échouer contre l'idée que les conseillers du Sultan se sont faite de la force irrésistible du gouvernement français. Il peut arriver que la France, en voyant balancer la Porte, ait recours encore une fois à son système comminatoire

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et pèse sur elle de manière à l'empêcher de prêter l'oreille à nos justes réclamations. La partie devient trop inégale entre nous et le gouvernement français si, tandis que celui-ci fait mouvoir sans opposition son escadre sur tous les points de la Méditerranée et présente la moindre de ses demandes à la bouche du canon , nous laissons indéfiniment s'enraciner dans l'esprit des Turcs l'idée de notre impuissance à les défendre comme à protéger nos propres intérêts. L'empereur a donc cru devoir aviser d'avance à quelques mesures de précaution pour appuyer nos négociations, neutraliser l'effet des menaces de M. de La Valette, et se prémunir en tout état de cause contre les entreprises d'un gouvernement habitué à procéder par surprises. Nos mesures n'ont point le but de mettre en question d'aucune manière l'indépendance de la Porte ottomane; elles ont, au contraire, celui de maintenir cette indépendance contre une dictature étrangère en assurant le'repos du Sultan, en relevant son autorité compromise par l'ambassadeur de France aux yeux de ses sujets du rite grec, qui forment la majorité de la population de ses Etats en Europe1.

« Un intérêt commun appelle l'Angleterre comme la Russie à veiller à la conservation de la paix en Orient. Cet intérêt, nous l'invoquons en nous adressant franchement aujourd'hui à l'impartialité du gouvernement britannique. Si, comme nous n'en doutons pas, il tient aussi fortement que nous au maintien du statu quo oriental, c'est à lui qu'il appartient d'élever à présent la voix. Nous aider à Constantinople à dissiper l'aveuglement ou la peur panique des

1. Sir Hamilton Seymour à Lord John Russell, 22 février 1853 : «c The emperor proceeded to say... that little more than a mooth ago he had apprized the sultan that, if his assistance were required for resisting the menaces of the French, it was entirely at the service of the sultan. »

Turcs, ramener à Paris le cabinet français aux conseils de la prudence, telle doit être, selon nous, la double tâche des ministres anglais ; et s'ils veulent bien la prendre sur eux, les négociations que nous allons ouvrir se résoudront, nous l'espérons, sans danger pour la paix orientale1. »

En résumé, action énergique de la diplomatie russe à Constantinople pour obtenir une victoire de la communion grecque orthodoxe sur la communion latine ; relèvement dans le Levant du prestige et de l'ascendant de la Russie un peu abaissés dans ces derniers temps par le prestige et l'ascendant de la France; emploi de moyens coercitifs contre la Turquie, si elle opposait quelque résistance; enfin morcellement possible, probable même, de l'empire ottoman, et participation de l'Autriche et de l'Angleterre à ce morcellement avec exclusion de la France, telles étaient les idées qui occupaient l'esprit de l'empereur lorsque, le dimanche 16 janvier, il consentait à dire au général de Castelbajac quelques mots sur la politique qu'il avait décidé de suivre dans la question d'Orient. Le général n'avait aucune intuition des vues réelles de l'empereur; celui-ci avait raconté au ministre d'Autriche la conversation qu'il avait eue chez la grande-duchesse Hélène avec Sir Hamilton Seymour, mais la légation de France était restée dans une ignorance complète de cette conversation.

Attentif aux dispositions militaires qui venaient d'être ordonnées dans le sud-ouest de la Russie, le général avait témoigné à l'empereur quelque souci de ces dispositions, qui ressemblaient à des préparatifs de guerre. L'empereur contesta la signification que le général voulait donner à ces dispositions, puis, entrant dans le cœur du sujet, il dit : « Je veux éviter la guerre en Orient comme en Occident,

1. Le comte de Nesselrode au baron de Brnnnow, 14 janvier 1 853.

et c'est pour n'être pas obligé d'en subir les nécessités que je crois nécessaire de parler à ces misérables Turcs avec fermeté. Ils se sont permis d'insulter mon pavillon1, et les intimidations de M. de La Valette les ont portés non seulement à un manque complet de parole à mon égard, mais même à l'insolence. Je crains à chaque instant que ce pauvre empire ne croule, et je suis plus intéressé que personne à le soutenir, comme je l'ai déjà fait'; ce serait un malheur immense pour l'Europe par les complications politiques qu'il entraînerait, un embarras plus grand pour moi que pour toute autre puissance, et je désire par conséquent plus qu'aucun gouvernement tout ce qui pourra faire vivre la Turquie. Je ne veux pas de Gonstantinople ; mais si une autre puissance voulait s'en emparer, j'y serais avant elle3. Je suis donc bien disposé à écouter favorablement tout ce qui pourra contribuer à aplanir les difficultés de ce côté. L'affaire des lieux saints est, je ne vous le cache pas, une des premières à vider, et il serait bien plus convenable, bien plus honorable, qu'elle le fût à l'amiable, dans un esprit de conciliation, entre les chrétiens des différentes communions, que remise à l'arbitrage humiliant des misérables musulmans. Je ne puis donc qu'accueillir avec toute satisfaction l'ouverture faite dans un esprit de conciliation très louable par votre gouvernement*; j'ai

1. Au mois d'octobre précédent, des matelots turcs avaient abattu à Roustchouk un drapeau russe.

2. Allusion aux traités d'Unkiar Skélessi de 1833 el de Londres de 1840.

3. Cette phrase ne se trouve pas dans le compte rendu officiel adressé le 16 janvier par le général de Castelbajac à M. Drouyn de Lhuys ; elle se trouve dans une lettre particulière du général à M. Thouvenel du 1er février 1853. (Louis Thouvenel, Nicolas Ier et Napoléon III.)

4. Le général avait annoncé à M. de Nesselrode l'arrivée imminente d'une dépêche de Paris proposant une « explication amicale et confiante » entre eux, deux sur la question des lieux saints. .

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toute confiance dans ses bonnes et loyales intentions, et je ne crois nullement qu'il ait voulu faire diversion aux embarras momentanés de l'Occident en en suscitant de plus réels dans l'Orient. Je crois simplement que c'est une question soulevée d'une manière inopportune, mal comprise, embrouillée et envenimée par des agents subalternes et par la faiblesse des Turcs, poussés alternativement dans les voies les plus opposées. C'est à nous à régler cette importante affaire, et l'empereur Napoléon m'y trouvera tout disposé, comme à tout ce qui pourra contribuer au repos de l'Europe. »

Se levant après ces mots, l'empereur fit remarquer au général un grand tableau d'Horace Yernet qui était pendu dans le salon particulier attenant à son cabinet de travail, et qui représentait une revue passée par Napoléon Ier dans la cour des Tuileries : « Voyez, il y a quinze ans que ce tableau est là sous mes yeux-; » je n'ai donc jamais eu, semblait dire l'empereur, d'antipathie contre Napoléon Ioretsa famille. Puis l'empereur, ramenant le général dans le grand salon où attendaient depuis une heure les membres de l'ambassade, se les fit présenter et s'entretint très gracieusement avec chacun d'eux pendant quelques instants.

L'audience était terminée; la remise des lettres de créance du général de Castelbajac marquait le dernier acte de la tragédie qu'avait amenée la question de la reconnaissance du second empire.

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