Le général de Castelbajac à M. Drouyn de Lhuys, 1er mars
3. Le monde officiel russe ne traitait pas toujours les Français de la même manière. A Berlin, le baron de Budberg, ministre de Russie, donna, en février 1853, un grand bal auquel il n'invita pas son collègue de France, tandis qu'il invitait les secrétaires de celui-ci. Interrogé sur ce procédé impoli par le général de Castelbajac, M. de Nesselrode répondit « en niant la malveillance des agents russes et en attribuant à des circonstances particulières ou à des défauts de caractère les différends qui avaient pu avoir lieu;
ven1 est de nouveau fréquenté par nos hommes d'Etat. On commence à parler, trop vite peut-être, d'une alliance avec la Russie. Si, dans les futurs contingents, à Pétersbourg on croyait en effet cette alliance possible, le moment serait mal choisi pour se brouiller avec nous au sujet d'une clef*. »
Ainsi, le lw mars 1853, la situation politique apparaissait tellement éclaircie entre la France et la Russie, qu'on pouvait parler comme d'un événement vraisemblable d'une alliance entre ces deux pays.
il promit, du reste, d'aviser aux moyens de les empêcher de se renouveler ». (Le général de Castelbajac à M. Drouyn de Lhuys, Ie' mars 1853.)
1. Née comtesse Dorothée de Benckendorf, elle était veuve du prince Lieven, qui fut ambassadeur de Russie à Londres de 1812 à 1834. Installée ensuite à Paris, elle avait pris un grand ascendant sur M. Guizot, qu'elle passait pour avoir épousé. « La princesse de Lieven et Mme Narichkine sont deux ambassadeurs femelles non avoués, comme l'empereur Nicolas en a toujours à Paris. » (Journal du maréchal de Castellane, 8 décembre 1854.) . 2. M. Thouvenel terminait ainsi sa lettre : « La présence des grands-ducs de Russie à votre bal a produit ici le meilleur effet, et tout le monde vous reporte le mérite de cette amélioration -sensible dans les rapports. »