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Le prince Menchikof au comte de Nesselrode, 6 mai

2. M. de La Cour à M. Drouyn de Lhuys, 14 juin 1853 : « A force de dire qu'il suffisait de faire de l'intimidation à Contantinople pour obtenir ce qu'on voulait, on avait fini par en être persuadé, et cette erreur a fait échouer le prince Menchikof. »

3. Il avait été question pour la Russie de stipuler que les quatre patriarches orthodoxes de Constantinople, Antioche, Jérusalem et Alexandrie ne pourraient être privés de leurs sièges sans Tasseu-

une entente eût sans doute été facile; mais le projet de convention présenté par le prince Menchikof n'impliquait que très indirectement l'octroi de réformes, et il n'en laissait plus l'initiative et l'exécution à la Turquie seule; il réclamait, en effet, sous la consécration solennelle d'un acte synallagmatique , le droit pour le gouvernement russe de surveiller, à égalité avec le gouvernement turc, le maintien des droits, privilèges et immunités reconnus ab antiquo à l'Église grecque dans l'Empire ottoman*. En d'autres termes, il s'agissait de l'établissement d'un protectorat, non seulement religieux, mais administratif2, sur 11 ou 12 millions de sujets ottomans; c'eût été, selon le mot de M. Thouvenel, une conquête d'âmes, en attendant une conquête de territoires. Les deux ambassadeurs de France et d'Angleterre ne pouvaient se méprendre sur la portée de la demande présentée par le prince Menchikof; mais, consultés par la Porte sur la réponse qu'il convenait de faire, ils ne tinrent pourtant pas le même langage. « Consentez, disait aux Turcs M. de La Cour, les faveurs d'ordre secondaire que réclame la Russie, c'est-à-dire la construction d'une église et d'unN hospice russes à Jérusalem3, mais refusez- vous à la

timent du Saint Synode russe; mais le prince Menchikof laissa vite tomber cette prétention, en constatant combien elle déplaisait au patriarcat même de Constantinople.

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