‹ Les origines de la guerre de CrimeeChapitre 82 sur 112 · Voir le texte à l'appendice · texte numérisé non relu

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2. M. de La Cour à M. Drouyn de Lhuys, 7 mai 1853 : « Les attributions du clergé grec dans ses rapports avec ses administrés sont fort étendues; elles touchent à l'état civil, à la fortune, aux intérêts particuliers de tout individu relevant de l'Eglise d'Orient. Du moment où ses attributions seront immuables et garanties par un traité conclu entre la Porte et la Russie, le clergé qui en est revêtu et les chrétiens dont elles constituent la législation civile et religieuse auront cessé d'être exclusivement les sujets du sultan.»

3. M. Drouyn <îe Lhuys désapprouvait cette concession. « Ce serait, écrivait-il le 12 mai au comte Walewski, élever un monument à cette mission du prince Menchikof qui ébranle si profondément l'empire turc et fortifie en Orient, au profit de la Russie,

signature d'un traité, et prenez vous-même l'initiative des mesures qui sont nécessaires pour faire disparaître les abus et les scandales dont se plaint la Russie1. » Quant à Lord Stratford de Redcliffe, son ûmmense orgueil et son penchant à régenter tous ceux qui rapprochaient lui inspirèrent la hardie pensée de se poser en médiateur entre le prince Menchikof et la Porte ; ne pourrait-il pas, par une combinaison habile, concilier les prétentions de la Russie avec le respect de l'indépendance de la Turquie? Cette combinaison aurait consisté à retrancher du projet russe toute disposition d'ordre général s'appliquant à la totalité de l'empire ottoman, et à restreindre aux seuls lieux saints de Palestine le droit de protection et de contrôle réclamé par le gouvernement russe. Sans doute cette solution aurait été douloureusement désagréable à la France, mais Lord Stratford de Redcliffe n'était pas homme à avoir égard aux intérêts de pays autres que l'Angleterre ; peu lui importait aussi de n'avoir pas d'instructions de son gouvernement, il se sentait assez fort pour imposer son opinion à Londres et faire approuver, après l'événement, le résultat qu'il aurait obtenu. Seule, la rancune qu'il nourrissait toujours contre l'empereur Nicolas aurait pu le retenir; il la fit taire en considération du succès qu'il entrevoyait. Il conseilla aux Turcs de traîner en longueur l'affaire que le prince Menchikof avait tant hâte de finir. « Répondez-lui, leur dit- il, par une note qui fasse de la présente question une de celles qui ne peuvent être traitées que d'un commun accord entre les cinq puissances. » Il ajoutait, en se rapprochant de l'avis émis par son collègue de France : « Prenez ensuite

un prestige religieux qui n'est déjà que trop puissant. » M. Drouyn de Lhuys ne persista pas longtemps dans cette opinion (lettre à M. de La Cour, 18 mai 1853).

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