‹ Les origines de la guerre de CrimeeChapitre 98 sur 112 · Voir le texte à l'appendice, n · texte numérisé non relu

Voir le texte à l'appendice, n

et comme on venait de recevoir la nouvelle de la sommation envoyée au prince Gortchakôf par Orner Pacha, on colora son refus de l'impossibilité de demander à Pétersbourg une concession en faveur d'une puissance qui déclarait la guerre à la Russie. « Si j'adressais une telle demande à Pétersbourg, disait M. de Buol au ministre de France, je provoquerais un refus brutal, et je rendrais mon gouvernement impossible comme médiateur ; laissez-nous au moins cet avenir1. »

Conserver ou rétablir la paix en étant médiateur était, en effet, à ce moment l'objectif du gouvernement autrichien. Or justement, sur ces entrefaites, il lui vint de Pétersbourg une ouverture dans ce sens; sur la nouvelle de la sommation envoyée au prince Gortchakôf par Orner Pacha, l'empereur avait décidé que l'état de guerre existait désormais entre la Russie et la Turquie et que pour y mettre fin il ne fallait plus maintenant une note du genre de celles qu'on avait rédigées sans profit durant tout l'été, mais un véritable traité de paix; l'intention de la Russie n'était pas pour le moment de prendre une offensive militaire, elle se bornerait à repousser les attaques que pourraient essayer les Turcs; au contraire, elle était disposée à accueillir les propositions qui seraient faites en vue de la paix, pourvu que ces propositions fussent de nature à amener le règlement définitif de tous les différends en cours entre les deux pays. Dans ces conditions, le gouvernement russe s'adressait au gouvernement autrichien et lui demandait s'il ne pouvait pas agir à Constantinople pour amener la Porte à faire des propositions de paix. Cette ouverture agréa beaucoup au gouvernement autrichien ; mais au lieu de faire tout de suite

Page 1