‹ Les origines de la légende napoléonienneChapitre 101 sur 286 · Forsyth, II · texte numérisé non relu

Forsyth, II

phrase clans la crainte de rendre Napoléon odieux à ramour-propre anglais? On aurait alors sujet de mettre en doute sa fidélité de reporter. Mais que l'on lise la conversation du 26 mars 1817 : on verra que la cause de cette suppression est différente : O'Meara y rappelle à Napoléon ce projet éventuel d'annexer l'Angleterre, Napoléon déclare aussitôt qu'il a été mal compris, et que jamais il n'a eu telle intention'. O'JNIeara a donc, selon toute vraisemblance, supprimé la phrase compromettante^ parce qu'il avait mal entendu ou mal compris, et que la phrase n'avait pas été prononcée. On peut donc conclure que O'Meara ayant rédigé sur-le-champ les conversations de Napoléon (souvent en plusieurs versions comparables et semblables), et les ayant publiées très peu après leur rédaction, est une source sûre quand il s'agit de ces conversations. Il a même sur Montholon ou Las Cases des avantages particuliers : étranger, peu renseigné sur l'histoire de France, Napoléon a été avec lui plus net, moins riche en sousentendus qu'avec ses anciens généraux ou son ex-conseiller d'Etat. Aussi les confidences qu'il lui fait sont-elles toujours d'un caractère très explicite, qui en augmente le prix.

1. Forsyth, II, 262. — Forsyth dit en note cjue la partie de la conversation relative à ce sujet est omise dans le Napoléon en exil : il se trompe; la place seulement en a été changée.

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