JI O N T H O L O N
Sir Hudson Lowe a même relevé chez lui (en le forçant peut-être) un trait curieux de diplomatie : « On ne peut s'énoncer plus clairement ni s'expliquer avec plus d'exactitude que le comte de Montholon, quand il croit nécessaire de le faire ; mais s'il désire, au contraire, insinuer quelque chose, laisser tomher une remarque, éluder une réplique, sa prononciation devient rapide, indistincte ; il parle d'un ton si confus qu'il est difficile de saisir le sens de ses paroles, ou même de les suivre'. » Tout ce qu'on a de Montholon a ce caractère de facilité claire, de laisser-aller, mêlé de diplomatie, qui dénote chez lui l'homme de cour, en qui domine Yesprit de finesse. Moins instruit que Las Cases, il a plus de goût naturel et autant d'intelligence que lui.
Quand il s'agit de juger le caractère de Montholon, les témoignages de Sainte-Hélène sont beaucoup moins favorables. Une première accusation se reproduit constamment : celle d'avoir poussé la diplomatie jusqu'à une antipathie regrettable pour la vérité. C'était, d'après le comte de Balmain-, l'opinion générale dans l'île; les domestiques de Longwood l'appelaient couramment « le menteur », comme ils appelaient Las Cases « le