‹ Les origines de la légende napoléonienneChapitre 108 sur 286 · Voir les Derniers moments de Xapoléon, sub finem · texte numérisé non relu

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Europe? C'est se montrer bien difficile sur la qualité d'un dévouement volontaire, dont bien des serviteurs de Napoléon, mieux traités que Montholon, se dispensèrent en ne quittant jamais l'Europe. Que Montholon restât indéfiniment seul, privé de sa femme et de ses enfants, hors d'état de veiller sur ses affaires et sur leur éducation, souvent malade lui-même, et crachant le sang', c'était un sacrifice humain qu'aucune divinité n'était en droit d'exiger. Pourtant Montholon, en énonçant ses projets de départ, ne cessa jamais de spécifier qu'il ne partirait qu'une fois remplacé par quelque dévouement plus frais ^. Et lorsqu'il vit que de longs efforts n'aboutissaient pas h trouver ce dévouement, il pensa à faire revenir sa femme à Sainte-Hélène au lieu de retourner en Europe'; ce qui allait se faire quand Napoléon mourut*. Il est une dernière accusation sur laquelle on

1. Voir lettre de Montholon à sa femme, 6 juin 1820 (B. X. l'i, p. 29). — Journal du D' Verling (Bibliographie des manuscrits), second registre, 7 août 1S19.

2. Lettre de Montholon à sir H. Lowe du 27 mai 1819 : « Mon intention est de la rejoindre, aussitôt que j'aurai pu concilier mon départ avec les devoirs qui me retiennent à Longwood » (B, y. 10, pièce 257). — Lettre de- madame de Montholon, 13 décembre 1820 : « ... puisque tu ne crois pas devoir partir sans être remplacé (B. ^'. 14, p. 49-50).

3. Lettre de madame de Montholon, 12 juin 1820 {B. i\. l'i, p. 35-36); du 16 novembre 1820 (p. 49); du 13 décembre 1820 (p. 49-50); de Montholon, 17 mars 1821 (p. 57-58).

4. Suuncnirs de madame de Monllioluii, p. 224 (Bibliographie, 47).

n'insiste qu'à regret et avec un certain sentiment de dégoût, mais dont il faut parler cependant, parce que, si elle se trouvait justifiée, elle entraînerait une singulière mésestisme de Montholon. Madame de Montholon a été formellement donnée, — récemment encore', — comme ayant été, à Sainte-Hélène, la maîtresse de Napoléon. Si le fait était exact, la réputation de Montholon en souffrirait autant que celle de sa femme, car étant donnée la façon dont vivaient les exilés, parqués tous ensemble dans une étroite habitation, constamment réunis, Montholon n'aurait pu ignorer son déshonneui', et s'y serait par conséquent prêté pour en tirer profit. L'accusation est trop grave pour qu'on l'accueille autrement qu'avec des preuves sérieuses. Or quelles preuves donne-t-on? Les seules affirmations issues de Sainte-Hélène que j'aie pu découvrir proviennent soit de madame Bertrand, soit de Gourgaud", soit du marquis de Montchenu ^ Ces trois témoins sont ésfalement

1. Frédéric Masson, Napoléon et les femmes. Paris, OUendorf, 1893, sub finem.

2. Journal du D' Veiiing (Bibliographie des manuscrits), 1^^ cahier, S octobre 1818 : « Extraordinary conversation with madame Bertrand... She attributed very plainly the influence General .Montholon now possesses -wîth Napoléon to the complaisance of bis wife, asserted that his little Napoleone did not ail ressemble him. Said tbat Gourgaud had openly declamed the little girl was Napoleon's... », etc.

3. Rapport du 12 mars 1818 : .Madame de Montholon « est enfin montée jusqu'au lit impérial ». Le but des Montholon, en

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