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CHAPITRE XII

ANTOM.MARCHI

On a peu de renseignements sur le docteur Antommarchi, et, sur la plupart des points, on se voit oblige de répéter ce que disent de lui les articles des dictionnaires biographiques. Il naquit à Morsiglia, en Corse, en 1789. Il étudia à l'Université de Pise, lut reçu docteur, puis se rendit à Florence. Il était en 1818 prosecteur à l'hôpital de Sainte-Marie-Nouvelle, attaché à l'Université de Pise et occupé h publier les œuvres posthumes de l'anatoniiste JMascagni, qu'il avait connu, lorsque le chevalier Colonna, chambellan de Madame Mère, lui proposa d'aller a Sainte-Hélène remplacer O'Meara auprès de Napoléon. Il accepta, quitta Rome le 25 février 1819, Londres, le 9 juillet, et arriva à Sainte-Hélène le 21 septembre, avec les prêtres Buonavita et Vignali, les domestiques Coursot et Chandelier. 11 ne quitta l'île que le 30 mai 1821.

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Napoléon, dans un codicille de son testament, le recommandait à Marie-Louise pour une pension de six mille francs, que Marie-Louise ne paya point, et dont Antommarchi n'obtint qu'une partie sur les fonds laissés chez Laffitte '. Ce n'était que le commencement de ses disgrâces. Il eut, presque aussitôt après son retour en Europe, d'interminables démêlés avec les héritiers de Mascagni, au sujet de la publication de la Grande Anatomie ^, et l'ouvrage, une fois publié, lui attira de violentes attaques ' ; on accusait Antommarchi d'avoir donné sous son nom les travaux de Mascagni. Les Derniers Moments de Napoléon (182.5) eurent un demi-succès ; mais le masque de Napoléon, dont il répandit des moulages, fut à tort ou à raison accusé d'inauthenticité. Ceux mêmes qui le crurent authentique accusèrent Antommarchi d'avoir étalé, dans son ouvrage, une complète ignorance de la phrénologie '.

Il offrit en 1831 ses services à l'insurrection polonaise, arriva à Varsovie le 17 mai, fut nommé chirurgien en chef de l'hôpital des officiers et ins-

1. Récits de la captivité, II, 543. — Derniers Muments de Xapoléon, II, 145, 156, 164.

2. Planches anatomiqties du corps humain, exécutées d'après les dimensions naturelles, etc., publiées par le comte de Lasteyrie. Paris, 1824.

3. Lettre des héritiers de Paul Mascagni à M. le comte de Lasteyrie. Pise, Capurro, 1823.

4. Élude phrénologique du masque de .Vapolévn, par Ombros. Lyon, Rossary, 1834.

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pecteur général des hôpitaux militaires. Mais il ne tarda pas ii se brouiller avec ses confrères polonais, qu'il traite de barbiers parvenus, avec la faculté de médecine de Varsovie, et démissionna le 23 août 183L. La démission fut acceptée poliment, mais immédiatement. Il revint à Paris, et n"y réussit guère. S'étant embarqué en 1836 pour chercher fortune en Amérique, il mourut à Santiago de Cuba (1838). On a parlé de lui sans bienveillance après sa mort : la Biographie générale d'Hœler insinue que personne n'a jamais vu deux soi-disant ouvrages de lui, l'un sur le choléra, l'autre sur les vaisseaux lymphatiques; mais laccusation tombe à faux et les ouvrages existent '.

On a généralement reconnu le mérite d'.Vntonimarchi comme anatomiste; comme médecin, on l'a contesté. Il traita le cancer ii l'estomac dont mourut son client, comme s'il avait eu affaire ;i une maladie de foie, et a subi de ce fait d'améres critiques-; mais il n'a fait que suivre la tradition de O'Meara et de Stokoe, et le docteur Arnott pensait comme eux tous. .V Sainte-Hélène, l'appréciation sur ses talents médicaux varia suivant les époques. A l'arrivée, l'étourderie du cardinal Fesch, qui avait négligé de le munir d'une lettre

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