CHAPITRE XIV
Ayant achevé l'examen des ouvrages issus de Sainte-Hélène, déterminé leur origine, leur mode de composition, leur valeur relative, je puis passer au second stade de cette étude : montrer que les parties essentielles de la légende napoléonienne, telle que je l'ai définie, se trouvent dans les œuvres de Napoléon et de ses compagnons, avec une parfaite conformité des Mémoires et des Mémoriaux, et une concordance entière des Mémoriaux entre eux.
Je ferai ces démonstrations sur ces thèses, soutenues h satiété par l'exilé : Napoléon a été le représentant des principes de 89; — Napoléon a été le défenseur du principe des nationalités; — Napoléon a été pacifique, et n'a fait la guerre qu'à son corps défendant; — Napoléon a toujours respecté les principes religieux, et tout en soutenant
les droits de l'Etat, n'a jamais cessé de favoriser rinfliience de la religion sur la société; — la famille et la dynastie napoléoniennes, quoique en partie responsables, par leurs fautes, de la chute de l'Empereur, méritent l'estime publique et la confiance de la nation.
On constate, sur ces diverses thèses le plus parfait accord entre les diverses œuvres hélénoises. Mémoires et Mémoriaux. J'indique en passant cette preuve préjudicielle que donne la confiance avec laquelle ces œuvres renvoient de l'une à l'autre sans crainte d'être démenties. Las Cases, le plus notable des mémorialistes, renvoie aux Lettres du Cap^i à différents ouvrages de circonstance', se porte garant de la véracité de O'Meara^. Les Lettres du Cap renvoient au Manuscrit de l'île d'Elbe'', à l'histoire de la campagne d'Italie, d'Egypte". 11 y aurait d'autres exemples h citer, mais la preuve intrinsèque que fournit l'accord entre les différents Mémoriaux est la plus probante, et je ne tarderai pas davantage à entrer dans le vif du sujet.
Napoléon s'est peint comme le représentant,