‹ Les origines de la légende napoléonienneChapitre 14 sur 286 · Gourgaud, 11 janvier · texte numérisé non relu

Gourgaud, 11 janvier

Sur la question particulière de sa situation à Sainte-Hélène, il disait : « Je puis faire comme il me plaît la réputation du gouverneur. Tout ce que je dirai contre lui, de ses mauvais traitements, de ses idées d'empoisonnement, sera cru '. » Et, ajoutons-le en passant, quand on rapproche cette parole de celle où Napoléon apprécie l'utilité que son « martyre » aura pour son fils, — quand on lit les passages où il avoue que son intransigeance avec sir Hudson Lowe a surtout des motifs politiques -, on ne peut s'empêcher de penser, même avant de regarder les choses de près, que Napoléon a mis du sien dans son « martyre ».

Mais ces conversations, ces mémoires parlés, n'avaient forcément qu'une clientèle limitée : l'idée devait naturellement venir de les rédiger et de les publier pour en étendre l'effet au grand public. Las Cases en eut le premier l'idée et tint dès le début registre des conversations de Napoléon, avec la pensée de publier son JotirnaP. Napoléon, tout d'abord, n'apprécia pas beaucoup cette idée : pénétré des idées classiques sur la dignité des genres littéraires, la majesté de l'his-

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