‹ Les origines de la légende napoléonienneChapitre 15 sur 286 · liecils de la captivité, II · texte numérisé non relu

liecils de la captivité, II

3. Différent en cela de Gourgaud et Montholon, qui semblent n'avoir en vue, à l'origine au moins, que de conserver pour eux et leur famille le souvenir précis de cette période de leur vie. Las Cases était un bomme 5 idées.

toire, il ne voyait pas bien les résultats pratiques d'une telle publication'. Ce qui semble avoir modifié son opinion sur ce point, ce fut la publication des lettres de Warden, où ses conversations étaient rapportées. Quand il eut constaté le succès remarquable que cet ouvrage, d'ailleurs médiocre, devait à la familiarité et à la précision des détails, il comprit quel rôle pourraient jouer les Mémoriaux, les conversations écrites, et qu'ils seraient plus populaires que les Mémoires sérieux, à caractère littéraire. Gourgaud blâmait dans Warden l'abondance des détails et ajoutait : « Je ne vois rien d'extraordinaire ;i ce que Votre Majesté soit placée sur son canapé (dans le récit de Warden) de telle ou telle manière ». Et Napoléon répondait : « Vous ne voyez pas cela, mais tous ces discours sur un grand homme sont ce qui intéresse le plus- ». A O'Meara, il disait, ii propos du même Warden : « Le monde est curieux de connaître les iuoindres circonstances de la vie d'un homme qui a joué un grand rôle : on veut savoir ce qu'il boit, ce qu'il mange, et on est plus curieux de connaître ces niaiseries que d'approfondir ses bonnes ou mauvaises qualités^ ». Mais, puisque le public est fait ainsi, il faut tirer parti de ses dispositions.

Page 1