‹ Les origines de la légende napoléonienneChapitre 150 sur 286 · Mémorial, 7 novembre · texte numérisé non relu

Mémorial, 7 novembre

3. Dixième note sur les lettres de Hobhouse. — Cf. y'ote XXVI sur le Manuscrit de Sainte-Hélène {Mémoires, 1822, IV, p. 245 sqq.) : « Napoléon ne metlaît aucune précipitation dans l'exécution de ses projets; il croyait avoir du temps devant lui. Il disait souvent à son Conseil d'Etat : « J'ai besoin de vingt ans pour accomplir mes projets. » Il lui en a manqué cinq. » — Cf. encore le Rapport de Montc/ienu, août 1819 {Af. étrang., 1804 bis, p. 73, pièce 21).

NAPOLEON ET LES PniN'CIPES DE 8SI. 213

Revenu de l'île d'Elbe, décidé à suivre une politique pacifique, la dictature lui était moins nécessaire, et, de plus, les événements lui avaient montré en France une impatience de liberté plus grande qu'il ne la supposait. Aussi était-il décide ;i se faire franchement libéral : « Il avait toujours pensé que la nation française ne voulait que l'égalité, et il la lui avait donnée tout entière; les événements venaient de lui apprendre qu'elle voulait aussi la liberté, et il avait résolu de rendre le peuple français le plus libre de tous les peuples de la terre'. » On avait prétendu, et O'Meara le lui disait, que, vainqueur h Waterloo, il n'aurait pas tardé longtemps h redevenir absolu : « Non, non, répondit-il vivement, j'aurais maintenu la dernière constitution, convaincu que l'ancienne avait besoin d'un grand changement-. » Et comment l'eùt-il abolie? « Je n'avais pas à moi seul des millions de bras, je n'étais qu'un homme; l'opinion m'élevait de nouveau, l'opinion pouvait m'abattre de même'. »

Que lui ou son fils reviennent sur le trône de France, ils feront plus encore pour la liberté. Il dicte à Montholon, dans le cours de 1820, un projet de constitution pour le règne de Napoléon II.

1. JVote XLl sur le MaiiusciU de Sainte-Hélène [Mémoires, 1S22, IV, p. 276).

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